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Le point de vue du sociologue
« Quel que soit le gouvernement, aucun n?a une appro-che laïque dans la gestion de l?État. » Cette lecture émane du sociologue Ibrahim Koodoruth (photo), char-gé de cours à l?université de Maurice.
Selon lui, « cela commence pendant les campagnes électorales, basées sur le profil religieux des électeurs. À un moment, les hommes politiques ont réalisé qu?il est plus facile de mobiliser les gens à partir des paramètres socio-religieux, plutôt qu?en se fondant sur la classe sociale ou le gender ».
Ainsi, en faisant appel à ce que le sociologue qualifie de « chefs de tribus, chefs religieux ou représentants de chaque religion », les politiciens sont pris au piège en occultant la différence entre foi et politique. « Étant propulsé par cette ?base? à caractère socio-religieux, l?homme politique ne pourra pas refuser d?agréer une demande ou d?accorder une faveur à un certain groupe. Il réagit alors et cède au nom de la religion. Mais les autres groupes ne sont pas aveugles et ils se mettent, à leur tour, à revendiquer les mêmes avantages. L?homme politique est alors pris dans une spirale dont il ne peut plus se dégager », explique le sociologue.
Cette « dette » que le politicien a envers les groupes qu?il a auparavant mobilisés, se voit souvent renouveler, selon Ibrahim Koodoruth. « Le fait d?inviter une personnalité politique à une cérémonie religieuse est aussi une façon de lui rappeler qu?elle a réussi grâce aux votes du groupe. La situation d?otage est alors renouvelée. Ainsi, malgré notre Constitution laïque, la façon dont nous organisons le pouvoir devient une man?uvre sectaire. »
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