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L?avortement dépénalisé
Le président portugais Anibal Cavaco Silva a promulgué la loi dépénalisant l?avortement jusqu?à la dixième semaine de grossesse a annoncé mardi, son cabinet. Le parlement portugais, à majorité socialiste, avait approuvé la loi, le 8 mars, lors de la Journée internationale de la femme. Elle autorise l?interruption volontaire de grossesse jusqu?à dix semaines dans un établissement de santé autorisé. Le président, de centre droit, regrette l?absence d?un « consensus politique plus large et des solutions plus claires » dans ce dossier. Il a demandé au Parlement de veiller « à assurer un équilibre raisonnable entre les différents intérêts en présence ».
Le texte était soutenu par les députés socialistes, communistes, les Verts, le Bloc de gauche et par 21 députés du Parti social démocrate (PSD), divisé sur la question. Le CDS-PP (droite) s?était opposé au projet et avait sollicité le veto du président.
Après l?entrée en vigueur de la loi, le président s?est prononcé pour « une évaluation de l?application de la loi » dans des « délais raisonnables ». Il a demandé également de « vérifier si dans la pratique cette loi contribue réellement à la baisse non seulement des avortements clandestins mais aussi de l?avortement en général ».
La précédente législation, datant de 1984, prévoyait pour les femmes reconnues coupables d?avoir avorté des peines allant jusqu?à trois ans de prison, sauf en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformation du f?tus.
Selon une étude publiée par l?Associa-tion pour le planning familial en décem-bre dernier, 18 000 Portugaises ont avorté illégalement en 2005.
© Le Nouvel Observateur
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