Publicité
Ajay Ujoodah : ?Je ne supportais pas l?idée que ma femme me quitte?
Par
Partager cet article
Ajay Ujoodah : ?Je ne supportais pas l?idée que ma femme me quitte?
par Nicolas ATCHIANE
«Je me suis débarrassé du cadavre de mon épouse à cause de mes trois enfants. Je ne voulais pas me retrouver en prison car je sais qu?il n?y aurait eu personne pour s?occuper d?eux.» C?est ce que nous a confié Ajay Ujoodah, 49 ans, hier, à son domicile. Après avoir tué son épouse, en mai 2003, il avait jeté le corps dans une fosse septique derrière sa résidence à Bonne-Terre, Vacoas. Il nie l?avoir poignardée et parle d?accident. L?homme a comparu en cour de Curepipe jeudi, lors de l?enquête préliminaire. La magistrate fera connaître ses conclusions le 4 mai. Il saura alors s?il sera référé ou non aux assises.
C?est en octobre 2005 que le cadavre d?Ooma Ujoodah a été découvert par les limiers de la Major Crimes Investigation Team (MCIT). L?autopsie pratiquée par le Dr Satish Boolell a révélé que la victime a été poignardée à différentes parties du corps. Ajay Ujoodah a été arrêté et libéré sous caution en février 2006.
Les cheveux grisonnants, Ajay Ujoodah nous a fait, sous le regard attentif de sa fille aînée, Jeshna, 17 ans, le récit de ce drame qui l?a marqué à vie. «Kan mo ferm mo lizie, mo trouv li divan mwa», confie-t-il, en parlant de sa femme. Il aurait, selon lui, agi comme il l?a fait en raison de l?infidélité de son épouse. Cette dernière avait enclenché les procédures de divorce depuis 2002. Ajay, lui, ne supportait pas l?idée qu?elle le quitte. «Je l?aimais tellement. Je ne voulais pas qu?elle s?en aille. Elle avait laissé une partie de ses bijoux et quelques vêtements chez sa mère.»
Leur vie conjugale, poursuit-il, a basculé en 2001. Ooma, dit-il, se rendait alors régulièrement dans un centre spécialisé dans l?apprentissage d?un métier. Leur couple battait de l?aile, affirme-t-il. Et cette situation serait restée inchangée pendant deux ans. Ajay n?aurait cessé de reprocher à sa femme de lui être infidèle.
«Li ti ena galan an deor», lâche-t-il. Et d?ajouter qu?elle rentrait très tard le soir. Lorsqu?il lui demandait des explications, elle aurait pris pour habitude de lui répondre «Kot to problem ladan?» Ainsi, vu l?absence de sa femme, c?est lui qui se serait occupé des enfants et des tâches ménagères. «Li pran mo van enn zourne li al tchake. Li pa ti pe kwi manze ek netoy lakaz. Mo ti bizin aste manze an deor tou le zour.»
Une situation qu?il ne pouvait pas changer. Car, explique-t-il, «Ooma ti ena protection order. Li ti met fos sarz bate kont mwa.» C?est pour cette raison qu?il aurait commencé à avoir des liaisons extra-conjugales. Mais il se serait quand même ravisé et aurait tenté de sauver son couple et recommencer à zéro. Mais, dit-il, Ooma ne l?entendait pas de cette oreille. «Mo pou pran bann zanfan avek mwa mo pou ale. To pou bizin donn mwa Rs 25 000 par moi», lui aurait-elle lancé.
«Mo finn anvlop li dan enn dra»
La veille du drame, ils se seraient disputés car Ooma devait se rendre en cour le lendemain concernant leur divorce. «Mo finn explik li lavantaz ek dezavantaz divors e ki bann zanfan ki pou sort perdan. Me li pa finn rod konpran. Lerla, mo finn leve mo finn ale pou evit problem.»
Le lendemain matin, Ajay va dans sa plantation, en face de son domicile. Lorsqu?il rentre chez lui, Ooma est dans sa chambre. Elle se prépare à aller en cour. «J?ai tenté encore une fois de la raisonner mais une dispute a éclaté entre nous. J?ai essayé de l?enfermer dans la chambre mais elle a pu m?en empêcher.» Selon Ajay, Ooma pratiquait le judo. «Letan mo ti pe trap poigne laport, li finn gagn letan trap lot kote. Li finn riss laport mo finn tonbe.» En se relevant, il aurait poussé son épouse sans avoir eu l?intention de lui faire mal. Mais, soutient-il, elle est tombée et sa tête a heurté un rebord en béton.
Ne se doutant pas que sa femme était déjà morte, il aurait tenté de la réanimer. «Mo finn dir li ?Aret fer to zes la, leve?.» Ce n?est qu?alors qu?il se serait rendu compte qu?elle ne respirait plus. «Mo finn al rod dilo pou zet lor li. Apre, monn ouver so labous mo soufle. Apre, mo finn met mo lame kot so leker. Mo santi li finn arete. Mo met mo zorey kot so leker, mo pa tann narien». Il aurait tout essayé, mais en vain. «Mo finn mazine ki si mo ti al lapolis, mo pou al dan prizon. Mo finn pans mo bann zanfan. Mo ti pe deman mwa ki sanla pou okip zot.»
C?est ainsi qu?il aurait fini par prendre une décision : se débarrasser du cadavre. «Mo finn anvlop li dan enn dra mo finn riss li dousman dousman lor lescalier?» Il explique avoir jeté un coup d??il à l?extérieur afin de s?assurer qu?il n?y avait personne avant de traîner le corps à l?arrière de son domicile, où il s?en est débarrassé en le jetant dans la fosse septique.
Publicité
Publicité
Les plus récents