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Alerte aux requins, âne de Buridan et ?walk-out? de Ringo

13 avril 2007, 00:00

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Par quoi débuter les réminiscences d?avril 1982 programmées pour ce matin? Le choix doit se faire entre (i) la peur causée par la vision d?un aileron de requin à Trou aux Biches, (ii) l?express qualifiant Seewoosagur Ramgoolam de ?nouvel âne de Buridan? et (iii) Sir Veerasamy Ringadoo effectuant un walk-out, au Conseil des ministres où on le traite de ?petit dictateur?. Toute incapacité d?établir ici une préséance ne surprend guère. Il y a de quoi hésiter entre cette préfiguration des Dents de la mer, ce rappel philosophique et cette zizanie entre la main droite (SSR) et la main gauche (SVR). Optons pour le plus innovant, autrement dit l?aileron de requin, tout en tenant compte des spécificités de cette période de l?année.


Transportons-nous donc sur la plage de l?hôtel Trou aux Biches. Nous sommes, ne l?oublions pas, au début d?avril 1982. Le temps est radieux. Un soleil étincelant répand chaleur, splendeur, bonheur, joie de vivre. Il fait chaud. Les baigneurs sont nombreux dans le lagon. Il n?est pas loin de midi. La torpeur devient pesante. Les yeux se lassent de lutter contre l?ardeur solaire. Ils s?entrouvrent juste ce qu?il faut. Le temps, par exemple, d?entrevoir un aileron de requin se baladant au milieu du lagon. L?envie de les refermer est irrésistible. Un grain de sable fait planer le doute. Un aileron de requin... à l?intérieur du lagon... Quelque chose ne tourne peut-être pas rond... S?agit-il d?un aileron, d?un mirage ou d?un reflet optique ? ... Convient-il peut-être de risquer un nouveau coup d?oeil ?... Allons-y donc... Je n?ai pas la berlue... Il s?agit bien d?un aileron de requin...

Soudain l?alarme est donnée : ?Dents de la Mer à l?horizon!? Il produit l?effet escompté. La panique justifie son étymologie. D?autant plus que l?aileron s?attaque à un baigneur éloigné qui disparaît dans les profondeurs, laissant derrière lui une tache rouge impressionnante. En une fraction de seconde, les baigneurs se transforment en sprinters dans et hors l?eau. Des embarcations de toutes sortes, allant du pédalo au hors-bord surmultiplié, se portent courageusement au secours des baigneurs les plus éloignés. Elles évitent de justesse la prise d?assaut et le chavirement. Tout le monde est enfin à l?abri et à pied sec. Il était temps. L?aileron se rapproche du rivage et se laisse même brandir à bout de bras par le plongeur Raymond Lai Cheong qu?accompagne Didier Bétuel (le baigneur dévoré). Ça n?était donc qu?un poisson d?avril mais particulièrement réussi. Ceux qui ont le sens de l?humour en rient encore. Un poisson d?avril mémorable. L?hameçon a parfaitement rempli son office.


La référence à l?âne de Buridan s?applique, à en croire l?express, à Seewoosagur Ramgoolam. En tant que leader du Parti Travailliste, le voilà tristement condamné à faire alliance avec soit le tandem Eliézer François/Philo Blackburn, soit avec le PMSD de Gaëtan Duval. Il doit choisir entre un sérieux pontifiant, distant même, et la familiarité débridée sur laquelle débouche inéluctablement le droit aux excès exigé par Gaë-Gaë. Eliézer et Philo affirment avoir les mains propres. Par malheur ils n?ont pas de mains (électorales). Celles de Gaëtan seraient poisseuses à souhait mais de cette bonne poisse permettant de rattraper ces partisans rouges qui remplissent les meetings MMM-PSM. Le philosophe scolastique Jean Buridan (1300-1358), commentateur d?Aristote, partisan du nominalisme et d?une théorie de la liberté, enseigne, allèguent ses détracteurs, qu?un âne, ayant aussi faim que soif, peut mourir de faim et de soif, faute de pouvoir trancher entre deux choix à intensité égale. La solution serait de ne pas choisir et d?épouser pareillement Eliézer, Philo et Gaëtan. Ce dernier est cependant intransigeant : ?Ce sera Eliézer/Philo ou moi ! A prendre ou à laisser !? A la rigueur, il se dit prêt à concéder l?un ou l?autre ticket électoral à ces rivaux, s?ils consentent à se mettre sous sa coupe. Y a-t-il un Bon Dieu pour les ânes de Buridan ?


- Nadesse n?a pas faire to dictater are mwa. Alla mo dire twa !

Furieux, le ministre des Finances rassemble ses affaires et effectue un walk-out, moins fréquent en Conseil des ministres qu?en pleine Assemblée législative. Des amis ministres tentent de le faire revenir sur une décision aussi outrageante. Rien à faire. Sir Veerasamy Ringadoo n?entend pas que Kewal Ramgoolam le traite de dictateur, devant ses pairs de surcroît. Il s?enferme dans sa tour d?ivoire et ne répond plus aux appels téléphoniques qui l?assaillent. Les témoins de cette brouille ministérielle racontent, en dépit de l?Official Secrets Act, que SSR reproche à ses ministres l?indiscrétion ayant permis à l?opposition de marquer des points au sujet de la commission réclamée de Rs 180 m. sur un prêt de Rs 2 milliards (voir l?express du 6 avril 2007). Le ton monte. Des vérités pas bonnes à entendre sont proférées. On parle de dictature financière. Un walk-out s?ensuit. SSR n?a plus qu?à passer son ire sur les ministres restants. Ceci n?est pas un poisson d?avril.

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