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Question de salaire
par Raj Meetarbhan
C?est mal parti pour le National Pay Council (NPC), instance tripartite devant réguler les questions de salaires. Les syndicats ont déjà annoncé leur position. Ils se réunissent aujourd?hui pour entériner une décision de boycotter l?organisme. Pourtant, il faut bien revoir les modalités d?indexation du salaire, formule qui a fait son temps et qui ne répond pas aux besoins de la nouvelle économie.
Le NPC est perçu par les syndicats comme une menace pour les salariés. En fait, il pourrait devenir un moyen par lequel des emplois sont préservés. Il permettra notamment de sensibiliser les travailleurs à l?effort car la productivité interviendra dans le calcul des augmentations salariales. La nouvelle formule devrait, en outre, pousser les entreprises rentables à octroyer des augmentations au-dessus de la moyenne nationale.
Le NPC a été rejeté d?emblée par les syndicats. Leur crainte s?explique par une absence de confiance envers leurs partenaires. D?une part, ils sont persuadés qu?il y a une collusion entre les employeurs et l?état. De l?autre, ils pensent que les patrons cachent la vérité sur l?état financier de leurs entreprises et exploitent le travailleur. Cette méfiance existe parce que la gouvernance d?entreprise n?a pas atteint à Maurice des normes acceptables. En dépit des grands discours, le système n?a pas perdu de son opacité.
Par exemple, un grand secret continue à régner sur les salaires des patrons dans de nombreux secteurs d?activité. Si les employeurs souhaitent assurer la transparence et rompre la méfiance et l'incompréhension des salariés envers eux, ils devraient commencer par lever le voile sur leur rémunération. Il existe beaucoup de mythes autour du niveau des salaires dans les hautes sphères du secteur privé mais si les chiffres réels étaient révélés, ils tordraient sans doute le cou à bien des idées reçues et ramèneraient la confiance. C?est un exercice à entreprendre absolument si les organisations patronales veulent paraître crédibles aux yeux des syndicalistes et sauver le NPC.
Même si quelques abus existent, il n?y a pas à Maurice des disparités de revenus plus importantes que dans des pays comparables. Le coefficient de Gini qui est une mesure du degré d'inégalité de la distribution des revenus ?has improved from 0,387 in 1996-97 to 0,371 in 2001-02? selon le dernier ?Country Strategy Paper? publié par le gouvernement.
Certes, les patrons n?absorbent pas une part importante de la masse salariale de leur entreprise, mais le montant de leurs salaires peut faire l?objet de rumeurs qui nuisent à la bonne marche de l?entreprise. Avec le NPC, une compagnie qui fait face à des difficultés financières peut informer ses ouvriers qu?elle n?a pas la capacité de leur payer une augmentation adéquate. La pilule sera difficile à avaler si les salaires des patrons, eux, ne sont pas connus.
Les syndicats sont inquiets, les patrons sont opaques, l?Etat est indécis : le décor n?est pas optimiste. Chacun doit faire un effort pour donner au NPC la chance d?exister.
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