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Signaux brouillés
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Les récents événements concernant les fers de construction viennent brouiller la politique commerciale du gouvernement. Si la libéralisation des prix est une bonne chose en soi, la manière dont le ministère du Commerce et de l’Industrie s’y prend – dans le cas présent – laisse une forte impression d’absence de stratégie et d’objectifs cohérents à une certaine vision de l’économie.
Pire, elle donne l’impression que l’État a orchestré une ouverture sélective au profit d’un opérateur, à savoir Murray & Roberts. Devant la suite des développements, le ministère s’expose à des allégations selon lesquelles il a dérégulé les prix et baisser les droits de douane sur le fer importé dans l’unique but de favoriser l’entreprise sud-africaine au détriment d’un opérateur local.
Le ministre Rajesh Jeetah se défend et affirme que le rachat des actifs de Desbro International par Murray & Roberts est un arrangement entre deux sociétés privées dans lequel le gouvernement n’a rien à voir. Néanmoins, les actions du gouvernement influencent les décisions des entreprises. Et à plus forte raison, lorsque les prix sont administrés par l’État.
Si la libéralisation intervient dans le cafouillage comme c’est le cas actuellement, c’est principalement en raison de la manière dont le contrôle des prix a été administré. La loi, sous sa forme actuelle, accorde aux ministres le pouvoir de décréter les prix ou de contrôler les marges de certains produits dits sensibles. La liste n’est certes pas longue (une vingtaine d’articles de consommation tombe sous ce régime), mais c’est amplement suffisant pour déstabiliser toute une politique commerciale.
Il faut enlever cette prérogative des mains des politiciens. L’État ne doit pas prétendre pouvoir faire du business à la place des entrepreneurs. Il doit exercer son rôle de chien de garde à travers des institutions appropriées. Il incombera à une “competition commission”, forte et indépendante, de déterminer les biens et services qui doivent être soumis à un régime de prix administrés. Cette institution pourra enquêter sur les pratiques qu’elle estime contraire à une concurrence saine telles les ententes entre opérateurs pour fixer les prix dans un marché autrement libre.
L’apport de la société civile est vital dans ce nouveau paradigme. Les associations de consommateurs devront s’équiper en termes de compétences techniques pour mener des investigations sérieuses sur les soupçons d’abus. Mais en dehors de ces exceptions, il faut laisser à la libre concurrence d’exercer sa discipline. Le marché doit être capable de punir les opérateurs qui ne sont pas en mesure d’offrir un produit qui ne répond pas aux attentes de la clientèle. Il est absurde de penser qu’un politicien puisse exercer ce choix à la place du consommateur, au moyen d’une politique de contrôle de prix. Il est toutefois dommage que l’affaire Desbro-Murray & Roberts ait déclenché des sentiments de nationalisme économique dans certains milieux. Les barrières s’écroulent. Maurice a pris le pari de l’ouverture de l’économie. Il faut s’attendre à des activités de fusion-acquisition transfrontalières plus régulières.
Après plus de trois décennies d’opération, Desbro a voulu clamer un statut d’“infant industry”. Cela n’est pas acceptable dans les principes. Les tergiversations de l’État sur le fer ne doivent pas remettre en question l’ouverture de l’écomnomie. Tout est une question de bien agencer la transition.
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