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Un lundi pas comme les autres?
?Un lundi au soleil.? Le titre de cette chanson française résume parfaitement la journée d?hier. Pâques oblige, certains ont boudé le travail, préférant rester chez eux. Dans les rues de la capitale comme dans les commerces, l?effervescence n?était pas au rendez-vous. Alors que fête ou pas, d?autres ont quand même pris le chemin du travail?
Ainsi dans le secteur textile, pas de repos. Car les commandes doivent toujours être honorées. Mais comment empêcher les employés de faire la grasse matinée à la maison, surtout par ce temps de fête ?
?Nous prenons nos précautions et faisons passer une liste à l?avance par rapport aux demandes de congés. Nous avons aussi des employés indiens de foi catholique. Ils se sont rendus à l?église vendredi et n?ont pas travaillé dimanche?, commente Sunil Toolsee, manager de Beach Wear. L?entreprise offre d?ailleurs un bonus aux employés qui ont travaillé hier, histoire de les encourager?
Ainsi, chaque année, les employeurs s?attendent à un taux élevé d?absentéisme le lundi de Pâques. ?Cette année, nous estimons qu?il y a eu entre 35 % et 40 % d?absentéisme, secteurs privé et public confondus. Ce ne sont pas les chiffres confirmés, mais ce sont les taux que nous avons anticipés?, explique Mookeshwarsing Gopal, président de la Mauritius Employers Federation (MEF).
En général, selon les chiffres avancés par la MEF, le taux d?absentéisme, les lundis, varie en général de 8 % à 10 % et atteint quelquefois, dans des cas exceptionnels, les 12 %.
Dans les centres commerciaux de la capitale, la plupart des magasins ont également respecté leurs horaires habituels d?ouverture. Seules quelques rares vitrines sont restées éteintes et quelques portes étaient fermées. A la rue Royale, à Chinatown, par exemple, de nombreux magasins et quincailleries n?ont pas ouvert.
Alors que pour certains, le réveil était difficile. ?Je suis la seule chez moi à travailler et c?était définitivement dur ce matin. Dimanche, nous avons fêté Pâques à la maison parce qu?il fallait que je travaille lundi?, résume Johanne Paul, responsable du magasin DX 2 Clothing au Happy World Centre. Elle a donc vaqué à ses occupations lundi, entre les quelques clients et le rangement de vêtements et d?accessoires, jusqu?à 17 heures. Comme d?habitude.
Côté restaurants, les affaires ont aussi continué en dépit d?un manque attendu d?affluence. ?Se enn zour normal. Nou ouver de 8 heures a 16 heures ek le soir de 6 h 30 a 9 h 30. Nou ti expek ki ti pou ena travayer pa pou vini mai nou bizin travay ek sa ki nou ena. Tan ki pou ena cliyan nou pou servi?, affirme Jacqueline Lai, responsable au Restaurant Lai Min.
Dans la capitale, entre midi et 14 heures ? heure de pointe avec la pause déjeuner ? les rues n?étaient pas aussi fréquentées. Circulation quasi-fluide sur les routes, trottoirs clairsemés, Port-Louis avait quelque peu perdu de son grain de sel. Ceux qui travaillaient l?ont bien remarqué. ?Aujourd?hui c?est plutôt moche, il y a moins de monde. Même ce matin, en venant vers Port-Louis, on n?a pas eu besoin d?attendre. Le chemin était libre?, souligne Johanne Paul. ?Zordi pena mem travay. Nou ti fini kone sa parski tou le lane li koumsa?, confie Noorani Dowlut, marchand de gâteaux à la rue Remono, Rose-Hill.
Dans les centres commerciaux, le scénario différait cependant légèrement. Climatisation et cafés ont su tenter bon nombre de gens sortis pour faire des achats. ?Ce n?est pas la masse mais on a remarqué qu?il y a eu un peu plus de gens que les autres lundis aujourd?hui?, affirme de son côté Ming Chen, directeur de la Librairie Le Cygne Ltée au centre commercial Magic Lantern.
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