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Le Consulat de France sacrifié sur l?autel d?un nouveau CCCB ?
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Le Consulat de France sacrifié sur l?autel d?un nouveau CCCB ?
Mme Brigitte Girardin, ministre français délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, a donné, mardi dernier, le coup d?envoi à la construction d?un nouveau Centre culturel Charles Baudelaire (CCCB), le troisième donc après l?ancien de Roches-Brunes et l?actuel de la rue Gordon, Rose-Hill. Le nouveau CCCB sera construit, toujours à Rose-Hill, mais route du Réduit, en face de l?immeuble de la Sécurité sociale, à proximité de l?église anglicane de la Sainte-Trinité et des locaux de la MSPCA.
Sans être idéal, ce site offre quand même pas mal d?avantages. Nombre de jeunes, étudiant dans les établissements scolaires et de formation d?Ébène, passent devant ce site pour se rendre à la gare routière de la Place Cardinal-Margéot. Celle-ci est assez proche pour permettre à plus d?un usager du transport en commun de s?imposer encore quelques minutes de marche pour s?offrir une halte culturelle, le temps de prendre connaissance des différents services culturels que le CCCB offrira aux Mauriciens. Il sera définitivement plus proche de ce carrefour vital qu?est la gare routière Cardinal-Margéot que ne le sont actuellement les locaux actuels de la rue Gordon.
Nous pouvons donc augurer une plus grande affluence aux différentes manifestations culturelles devant y avoir lieu dans un proche avenir. Cela ne nous consolera pas pour autant du regrettable refus de la CWA, dans les années 1990, de céder ses locaux, dans une ancienne caserne française, à la rue Decaen, Port-Louis, à deux pas de la gare Victoria, à l?Alliance française pour y construire ses nouveaux locaux. Celle-ci dut se contenter d?un terrain particulièrement instable à Bell-Village, avec pour résultats que ses locaux sont pratiquement infréquentables à qui n?est pas motorisé.
Le nouveau CCCB, à l?entrée de Rose-Hill, permettra justement à ses familiers d?y accéder plus facilement en voiture en raison de la proximité des voies rapides de l?autoroute Port-Louis ? Saint-Jean et de la nouvelle zone d?Ébène. De plus, le nouveau CCCB prend les dispositions qui s?imposent pour le stationnement adéquat des voitures.
Nous ne devons jamais sous-estimer l?importance d?une bonne communication entre ceux qui organisent des activités culturelles et ce grand public que l?on rencontre principalement, à Maurice, au niveau des principales gares routières (Cardinal-Margéot, Ian-Palach, gare Victoria et Place de l?Immigration). S?il n?est pas toujours possible aux principaux organisateurs d?événements culturels d?y avoir pignon sur rue, ils pourraient peut-être se contenter d?un système d?affichage protégé, leur permettant de faire savoir, au plus grand nombre ce qui s?organise et se déroule dans leurs murs, même si ceux-ci sont relativement éloignés des principaux lieux de passage.
Certains commerçants, idéalement placés, à proximité de ceux-ci, pourraient être intéressés de servir d?intermédiaires, à certaines conditions, entre les organisateurs d?activités culturelles et le grand public. L?essentiel demeure que le plus grand nombre de personnes soient au courant de ce qui s?organise à Maurice sur le plan culturel.
La construction d?un nouveau CCCB représente un coût infrastructurel, bien sûr. Il est entièrement pris en charge par la France. Il pourrait cependant quelque peu chagriner les Mauriciens les plus attachés à leur patrimoine culturel. Une indiscrétion laisse entendre qu?il se pourrait que le prix à payer pour la construction du nouveau CCCB pourrait être la vente des locaux actuels de la rue Gordon (un moindre mal) mais aussi ? et c?est là que le bât pourrait blesser ? ceux du Consulat de France, à la rue Saint-Georges, Port-Louis.
Disparition du tricolore français
L?Anglais dit, à juste titre, que le mendiant n?a point voix au chapitre. En matière d?activités culturelles au CCCB et même à l?Alliance française, nous recevons tout de la France et nous n?avons qu?à dire merci. Nous devons cependant souligner qu?une éventuelle vente du Consulat de France et possiblement la démolition de ses murs, équivaudront à la disparition d?un Coin de France à Port-Louis après celui d?Hector Paturau à Saint-Pierre.
Quel ami de la France ne peut regretter cette disparition du tricolore français à la proue du terrain en pointe surélevé, aujourd?hui tristement remplacé par une série d?immeubles commerciaux d?une regrettable uniformité ? Il faut savoir que, pendant le siècle et demi de colonisation britannique, c?est devant ce Consulat que des générations de Mauriciens de toutes races et de toutes cultures se sont spontanément rassemblées, en des occasions régulières (14 Juillet, Fêtes de l?Armistice) ou extraordinaires (défaite de Sedan, Fachoda, 5 août 1914, demande d?armistice par Pétain), pour remercier la France de faire de chacun de nous un roseau pensant.
Le Consulat de France, qui a, entre autres, abrité la rencontre des Pierre Benoît, des Maurice Bedel, des Roger Martin du Gard, des Georges Duhamel avec leurs pairs mauriciens, ne saurait disparaître sans laisser un vide difficile à combler.
Un tel haut lieu du patrimoine culturel mauricien et de l?histoire des relations France ? Maurice possède, qu?on le veuille ou pas, un caractère sacré qu?il serait imprudent de sous-estimer. Il s?agit d?un lieu inspiré, car ses murs ont encore bien des choses à nous apprendre sur les liens filiaux existant depuis 1715, entre Maurice et la France.
On ne peut pas vouloir en même temps promouvoir la francophonie et se résigner à la disparition du symbole même de la fidélité exemplaire des Mauriciens de toutes races et de toutes cultures à la France immortelle. Il n?y a plus qu?à espérer que le bon sens prévaudra au pays de René Descartes.
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