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Haut-parleurs interdits à la mosquée Hidayat-E-Islam

24 mars 2007, 00:00

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L?utilisation de haut-parleurs et d?amplificateurs par le responsable de la mosquée Waqf of Hidayat-E-Islam pour les prières quotidiennes est illégale. Ainsi en a décidé le juge Paul Lam Shang Leen. Il a donc, dans un Ruling rendu en référé jeudi, interdit à la mosquée de les utiliser. Et un mandatory order a été émis contre la mosquée.

Le juge considère que cet ordre d?interdiction ne va pas à l?encontre du droit des fidèles de pratiquer leur religion. L?utilisation de haut-parleurs, précise-t-il, est contraire à la Noise Prevention (Quatre-Bornes) Regulations 1939 et le 1955 Regulations.

Cette action devant le juge a été initiée par Me Gavin Glover contre la municipalité de Quatre-Bornes et la mosquée Waqf of Hidayat-E-Islam, située à l?angle des avenues Belle-Rose et Osman, à Quatre-Bornes. Me Glover habite à moins de 200 mètres de là. Il soutient, dans sa demande, que le rappel des fidèles à l?aide de haut-parleurs cinq fois par jour pour les prières quotidiennes est illégal. Il reproche ainsi à la mairie de n?avoir pas interdit à cette mosquée d?utiliser cet équipement. Cela constitue, selon lui, un inconvénient par rapport au confort du public.

C?est le 26 février 2003 qu?une demande de permis de développement a été faite pour la construction d?une mosquée et d?une madrassa (école coranique) dans ce lieu résidentiel. Des avis ont été publiés dans la presse et servis aux voisins. En dépit des objections reçues de 200 habitants, le permis de développement a été alloué en avril 2003. Aucun résident n?a fait appel contre la décision de la mairie. En 2004, une demande d?extension du bâtiment existant a aussi été acceptée.

<B>«Un coup dur»

Dans sa défense, la municipalité de Quatre-Bornes considère que Me Glover ne peut contester, maintenant, l?octroi du permis de développement à la société qui a assuré la construction de la mosquée. Me Bala Padayachy, avocat de la mairie, argue, en effet, que le plaignant ne peut pas, après trois ans, réclamer un ordre pour interdire à la mosquée d?utiliser des haut-parleurs et des amplificateurs. Un permis en bonne et due forme a, poursuit-il, été octroyé pour cette construction.

Me Padayachy concède toutefois que la municipalité de Quatre-Bornes avait demandé à la direction de la mosquée, dans une lettre datée du 31 janvier 2006, de baisser le noise level provenant des haut-parleurs. Cela après avoir reçu des plaintes des habitants de la région concernant l?utilisation des haut-parleurs en question.

Les avocats de la mosquée, sir Hamid Moollan QC et Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, soutiennent que le rappel des fidèles à l?aide de haut-parleurs ne constitue pas une nuisance pour les habitants du quartier. Ils expliquent, par exemple, que, pour d?autres cérémonies religieuses, des cloches sont utilisées. Argument auquel Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, a répondu en indiquant qu?aucune autre religion ne se sert de haut-parleurs ou d?amplificateurs pour appeler les fidèles à la prière. Il a d?ailleurs soumis une liste de mosquées qui ont obtenu un permis de développement à condition qu?elles n?utilisent ni haut-parleurs ni amplificateurs.

Le juge a donc conclu que l?utilisation des haut-parleurs par la mosquée cause des inconvénients non seulement à Me Glover mais aussi aux autres résidents. Il a tranché en faveur du plaignant.

Réagissant à cette décision, Me Yousuf Mohamed a déclaré à l?express que «nous respectons la décision de la cour, mais c?est un coup dur pour la communauté musulmane». Il a dit sa décision de faire appel. «Nous allons contester ce Ruling en Cour suprême. Si la décision est maintenue, ce sera difficile pour les musulmans. N?importe qui à travers le pays pourrait réclamer un ordre contre n?importe quelle mosquée. Ce sera un désordre indescriptible.»

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