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La pression s?accentue sur la Banque du sang

22 mars 2007, 00:00

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Les difficultés de la Banque de sang à satisfaire les demandes du pays ont fait couler beaucoup d?encre ces temps derniers. En effet, même si la Blood Donors Association recueille deux fois plus de sang aujourd?hui qu?en 1998 ? 33 000 pintes contre 18 000 ? et qu?elle poursuit assidûment sa campagne en vue d?augmenter ces réserves, celles-ci sont constamment ponctionnées par les malades nécessitant des transfusions régulières.

D?où la nécessité pour l?association de sensibiliser les Mauriciens et leur inculquer la culture du don de sang. Car il est important, explique Subhanand Seegoolam, son président, que les personnes en âge de donner leur sang, le fassent sur une base régulière. Une baisse dans les réserves avait été notée au début de mars, à la suite du mauvais temps persistant qui avait interrompu la collecte.

La campagne de sensibilisation que prévoit la Blood Donors Association sera aussi axée sur l?aspect sécurité. Les donneurs volontaires seront ainsi soumis à des tests de dépistage du VIH/sida ainsi que de l?hépatite dans le but de réduire à zéro les risques de contamination par le sang.

Il faut aussi savoir que l?intervention de la Banque du sang maintient en vie nombre de personnes. Parmi celles-ci figurent les personnes atteintes de thalassémie, et elles sont aujourd?hui au nombre de 500. Cette maladie, dont la pathologie est un manque de globules rouges dans le sang, requiert des transfusions régulières ? à des intervalles se situant entre 20 jours et deux mois, dépendant des cas.

?Sans transfusion, c?est la mort?

Il n?y a aucun traitement possible pour cette terrible maladie. ?Sans transfusion, c?est la mort, purement et simplement ?, nous dit un parent ayant deux de ses six enfants touchés par cette maladie.

Les personnes souffrant de thalassémie ont généralement une vie brisée. Des familles nous apportent leur témoignage. Comme ce père dont les deux enfants en sont atteints : ?Ma fille aînée est maintenant âgée de 29 ans. Elle est en traitement depuis l?âge de 6 ans. Pourquoi si tard ? On n?a jamais su?, explique-t-il, ?qu?elle était atteinte de la maladie. Un jour, il fallait emmener mon fils voir un pédiatre à Beau-Bassin et, histoire de la distraire, nous avons emmené notre fille. Le médecin, après avoir ausculté mon fils, s?est tourné vers ma femme et moi pour nous dire que notre fille était malade et qu?il fallait qu?elle soit conduite à l?hôpital. C?est ce que nous avons fait. C?est ainsi que nous devions apprendre qu?elle était gravement malade et que seules des transfusions l?aideraient à survivre.?

Le couple a aussi un fils âgé, lui, de 14 ans qui vit le même calvaire. L?adolescent est toujours malade, a régulièrement des saignements du nez, des douleurs et des vomissements et est incapable de mener une vie normale.

L?exception qui confirme la règle c?est le cas de cette jeune fille âgée de 22 ans qui, grâce à la détermination de sa mère, a pu mener une existence plus au moins normale. La chance a voulu que le dépistage soit précoce. ?Ma fille avait six mois et elle s?alimentait à peine et restait tout le temps immobile. Je l?ai emmenée voir le médecin. C?est la première fois que j?allais entendre le nom de cette maladie qui allait empoisonner mon existence? Le médecin a dit qu?il faudrait recourir à la transfusion sanguine. Je me suis dit que cela ne poserait aucun problème. Le médecin m?a dit une chose qui m?a intriguée : accordez tout votre amour à votre fille. C?est après que j?ai compris le sens de ses paroles. C?était lorsqu?on m?a informée à l?hôpital que les transfusions seraient rendues nécessaires pour ma fille toute sa vie durant.?

?A force de patience, d?amour et de persévérance ma fille a pu grandir presque normalement.?

?Elle a complété ses études secondaires jusqu?au Higher School Certificate. Ce qui est rare, car tous les enfants atteints de cette maladie n?ont rien pu faire sur le plan académique. Ma fille a les aptitudes pour travailler et elle voudrait le faire, mais hésite?, nous dit encore sa mère. Elle court le risque de tomber subitement malade sur son lieu de travail.

Face à ces demandes spéciales, la Banque du sang doit, pour sa part, continuer à s?assurer qu?il n?y ait aucun manque. Elle dépend donc de la réussite de sa campagne de sensibilisation au niveau national?

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