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Secousses du côté des médecins de la Santé publique

20 mars 2007, 00:00

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La démarche du président du Trust Fund for Specialised Medical Care, Siv Potayya, a suscité une vive réaction dans les milieux médicaux. Il souhaite que les médecins de son centre soient interdits à la pratique privée. Le premier à être montré du doigt : le chirurgien cardiaque, le Dr Sunil Guness.

Les faits remontent à vendredi dernier lorsqu?il a appris qu?une équipe du centre cardiaque de Pamplemousses devait accompagner le Dr Sunil Gunness pour une intervention dans une clinique privée, le lendemain. Or, ce dernier devait être en congé ce jour-là.

Siv Potayya soutient que ?leur contrat les oblige à être disponibles 24 sur 24 compte tenu de la nature de la maladie et que nous n?avons pas de spécialistes dans ce domaine. Les urgences existent toujours au centre cardiaque. Ce n?est pas moi qui aie formulé ces règlements. Mais moi, j?ai choisi de les appliquer?.

<B>L?avis du ministre</B>

Le ministère de la Santé n?a pas souhaité pour l?instant intervenir sur la question, arguant que le board n?a pas encore été mis devant ces faits. D?autant que, soutient son porte-parole, il y a une prise de position du président et non une décision. De plus, il n?est pas dit qu?après le tollé soulevé, Siv Potayya persiste et signe.

Rentré de mission de Tanzanie, le ministre de la Santé, Satish Faugoo, a visité le centre cardiaque, hier. Il n?a cependant pas souhaité commenter cette polémique. Il a, certes, rencontré les médecins et a eu une réunion avec la direction du centre cardiaque, mais peu d?informations a transpiré à ce sujet.

Siv Potayya, qui a tapé les poings sur la table face à la pratique dans le privé, reste constant dans sa démarche. Mais sa prochaine étape serait cependant tributaire de l?avis du ministre Faugoo. A hier après-midi, les deux hommes n?avaient cependant pas encore discuté de la question.

Une aile au ministère de la Santé, avance qu?il ne peut y avoir deux catégories de spécialistes : l?une travaillant pour le public, qui a droit à la clientèle privée et l?autre travaillant pour un organisme parapublic, qui est régi par d?autres règlements, n?autorisant pas leurs spécialistes à s?adonner à cette pratique.

L?article 6 du Public Health Act ne permet à aucun médecin spécialiste de travailler dans le privé sans l?autorisation annuelle du ministère. Jusqu?ici, le problème ne s?est pas posé, avance-t-on au ministère de la Santé, mais maintenant il y aurait bien une polémique, selon laquelle il faudrait des critères bien établis sur le sujet.

Cependant, certains expliquent la démarche de Siv Potayya par un conflit permanent l?opposant à Sunil Guness. Sauf que Siv Potaya nie l?existence d?un tel conflit. Il fait ressortir qu?il ne fait qu?appliquer les règlements du board.

<B>La question des salaires</B>

?Leur contrat d?embauche ne leur permet pas de pratiquer dans le privé. Ils ne peuvent pas se considérer comme d?autres médecins, car dans leur domaine, il y a un manque de personnel?, soutient Siv Potayya. Sur ce point, l?ancien président du board sous l?ancien gouvernement, Me Dick Ng Sui Wa, est du même avis (Voir ci-contre).

Répondant aux arguments qu?un professionnel du calibre de Sunil Guness et d? autres médecins ne peuvent travailler pour un maigre salaire, il précise: ?Contrairement aux autres médecins spécialistes, leurs conditions ne sont pas alignées sur le Pay Research Bureau.?

En fait, ces médecins perçoivent un Performance Related Bonus qui peut s?élever jusqu?à Rs 20 000, dépendant des médecins. Un chirurgien cardiaque dans les hôpitaux peut toucher un peu plus de Rs 45 000 comme salaire, ajouté à cela, son bonus de performance et les heures supplémentaires.

Si ?l?on ne veut pas qu?ils travaillent, qu?on les paie. Ce sont des spécialistes, qui ont appris pendant 10 à 15 ans et c?est de cette manière que l?on va traiter nos professionnels? C?est très démotivant. Cette démarche est contre-productive et nous sommes fermement contre une telle décision?, laisse de son côté entendre le secrétaire de la General Medical and Dental Association, le Dr Baboo Servansing.

En attendant que la situation se décante, ce sont les patients cardiaques qui en font les frais. Car deux interventions ont été annulées dans la clinique durant le week-end. Sans compter que ce remue-ménage ne manque pas de démoraliser le personnel à Pamplemousses?

AUTORISATIONS ET ALLOCATIONS

<B>Seulement trois chirurgiens cardiaques pour le pays</B>

■ Maurice compte seulement trois chirurgiens cardiaques dont le Dr Sunil Guness, le Dr Abdool Bhoyroo, et le Dr E. Sooreefan. Ils sont plus d?une douzaine de cardiologues. Mais en cardiologie, il y a un manque important de médecins dans le secteur public.En 1983, la pratique privée avait été interdite aux spécialistes. Seuls les spécialistes qui opéraient avant 1983 pouvaient continuer à le faire. Plusieurs années après, en 1996, le ministère de la Santé d?alors, Kishore Deerpalsing, assouplit cette mesure en permettant la pratique privée aux spécialistes, avec autorisation du ministre. Les généralistes, en revanche, n?ont pas droit à la clientèle privée. Ils reçoivent une allocation pour les empêcher de le faire. Une allocation qu?ils jugent ?dérisoire?, selon le porte-parole des médecins privés, Ashock Rughoobur.

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