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Syndicats en voie d?extinction

4 février 2007, 00:00

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En cette semaine de commémoration de l?abolition de l?esclavage, on se pose la question? Les travailleurs mauriciens vont-ils, un jour, s?affranchir de cette pitoyable classe syndicale qui prétend défendre leurs intérêts ? Les syndicats ont été affublés de tous les qualificatifs. Ainsi, les gouvernements successifs les ont traités d?irresponsables. Le patronat, avec constance, trouve qu?ils sont déconnectés des réalités économiques locales et globales. Puis, qu?ils habitent sur une autre planète? On a fini par les appeler les extraterrestres !

Le constat d?échec du mouvement syndical à Maurice tient en un chiffre. Le taux national de syndicalisation qui peine à atteindre 20 %. Étant entendu, bien sûr, que les fonctionnaires et salariés assimilés se syndiquent davantage que les employés du privé. Tel est le paradoxe. Le taux de syndicalisation est faible. Mais ce sont les fonctionnaires, ceux-là même qui bénéficient d?un régi-me de travail ultra-protecteur, qui se mobilisent le plus. Pour protéger des droits pas si acquis que cela?

Si le mouvement syndical ne suscite pas plus d?adhésion à Maurice, la faute revient avant tout à ses dirigeants. Nous connaissons toutes les critiques qui leur sont adressées. D?abord, il y a un phénomène de vieillissement des représentants syndicaux. Ne voit-on pas les mêmes têtes depuis des années déjà ? Et qui, de surcroît, ressassent les mêmes idées et concepts désuets.

Ensuite, il y a cette culture syndicale qui consiste à user et abuser des « time-offs » accordés par les em-ployeurs. Mais aussi à jouer des coudes pour être à la direction d?un syndicat. Un poste qui permet de voyager, d?assister à des conférences internationales ou de suivre une session de formation dans une capitale étrangère.

Mais un autre phénomène, plus pernicieux, mine davantage la crédibilité des syndicats. Leur proximité avec les politiques. Quand on pense au MLC, le Parti travailliste vient en tête. Tout comme, quand le nom de GWF est évoqué, on sent poindre le bout de la moustache de Paul Bérenger.

Plus près de nous, des syndicalistes comme Yousuf Sooklall ne se sont pas faits prier pour participer à des réunions électorales avec l?Alliance sociale durant la campagne de 2005?

Peut-on alors encore parler de neutralité dans les prises de position ? Doit-on prendre au sérieux les syndicalistes quand ils s?acoquinent avec les partis d?opposition pour défendre les intérêts des travailleurs licenciés de la défunte DWC ? Tout soutien est bon à prendre dans les moments difficiles. Mais les syndicalistes sont-ils affaiblis au point de demander l?aide de l?opposition pour se faire entendre du gouvernement ?

Le boulot de l?opposition est de s?opposer au gouvernement. Et le mouvement syndical s?est mis à croire que ce rôle lui échoit également.

Or, on attend plutôt que celui-ci, à quelques mois du vote de nouvelles législations du travail, se décide à être une force de proposition, plutôt que d?opposition au gouvernant.

Mais nos syndicalistes veulent persister et signer. C?est ainsi que l?une des centrales n?a trouvé rien de mieux que de proposer, dans le cadre des consultations pour le nouveau rapport du « Pay Research Bureau » de 2008, de ramener la semaine de travail à 35 heures. On croit rêver ! Pourquoi pas la semaine de 20 heures tant qu?on y est ? Cela permettrait à quelques-uns d?aller roupiller à la maison plutôt que de rester le faire au boulot !

Les socialistes français, thuriféraires du con-cept de la se-maine de 35 heures en France, admettent, en pinçant les lèvres, que leur idée était mauvaise. C?est Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle en Fran-ce, qui donne la clé du bon sens.

Il faut travailler plus pour gagner davantage. Une évidence? qui ne semble pas être comprise par notre classe syndicale.

Les syndicats ont besoin de redécouvrir certaines choses. Comme proposer des idées responsables qui puissent en même temps assurer la protection des salariés, sans pour autant mettre en péril les finances publiques ou la santé financière des entreprises. Il faut également qu?ils sachent que ce n?est pas le taux de syndicalisation qui importe le plus. C?est ce que font les travailleurs, quand ils arrivent à se mobiliser, qui compte. Avec un taux de syndicalisation de moins de 10 %, l?un des plus faibles parmi les pays développés, les quatre grandes centrales syndicales françaises ont fait capoter nombre de lois et projets gouvernementaux depuis les 15 dernières années. Il faut le savoir !

Le mouvement syndical doit impérativement se réinventer. Car le risque qu?il court est très grave. C?est celui de se marginaliser, en prônant des positions extrêmes, et finir par ne plus peser adéquatement sur les discussions cruciales en cours. Qui concernent aussi bien nos lois du travail que les négociations salariales à venir. C?est à eux de voir s?ils veulent encore exister?

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