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David Guetta : « Pour m?imposer, il a fallu oser»
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David Guetta : « Pour m?imposer, il a fallu oser»
Que vous dites-vous sur vous-même : «The world is mine» ou « F*** me I?m famous » ?
(Sourire gêné). Je ne tire aucune gloire du succès que l?on me fait. Ce qui me touche personnellement, c?est l?histoire de mon parcours. Cela pourrait être l?histoire de tout le monde. Je me sens comme tout le monde. Mon histoire, c?est mon histoire commune avec ma femme. Au début, lors de mes premières soirées à Ibiza, il était très difficile de s?imposer en tant que Français. Le succès est venu petit à petit au bout d?un effort considérable. Je suis seulement heureux de faire ce que j?aime.
Pour devenir célèbre, il vous a fallu jouer la carte de la provocation ?
En quelque sorte. Pour m?imposer, il a fallu oser. Il a surtout fallu oser pour se faire remarquer, s?imposer en tant que Français alors que ce sont les Anglo-saxons qui ont la côte.
Aujourd?hui David Guetta c?est le DJ par excellence, celui dont tout le monde parle. Vous êtes devenu un label. Comment l?expliquez-vous ?
Je suis connu, c?est agréable, mais rien n?est arrivé par hasard. Cela fait dix-huit ans que je suis avec ma grande femme, dix-huit ans que l?on écume nos vies dans les clubs, à chercher notre style. Il a fallu qu?on soit ensemble. Nous sommes bosseurs, volontaires, combatifs, acharnés. L?important pour nous ce n?était pas de devenir des célébrités, mais de partager notre succès ensemble.
On dit que derrière chaque grand homme il y a une femme. Vous incarnez cet adage à la perfection...
Je lui dois beaucoup. Mais à l?époque où elle avait plus de succès que moi, on disait que c?est moi qui l?avait fait (rires !) Quand mon tour est arrivé, on dit que c?est elle qui est derrière mon succès. Ce que les gens ne savent pas, c?est que Cathy et moi, nous nous sommes construits ensemble, mais en même temps on s?est construit seul. Aujourd?hui, nous ressentons une vraie fierté d?être ce que nous sommes.
Qu?est-ce qui vous rend le plus fier dans tout ce que vous avez accompli à ce jour ?
C?est un grand bonheur d?avoir réalisé mon rêve d?adolescent, d?être devenu DJ, de produire mes propres chansons. Quand je fais de la musique, je n?ai pas l?impression de travailler. A présent, le côté glamour de tout cela est agréable, mais ce n?est pas le plus important.
Votre musique touche des personnes dont le culture musicale n?a rien à voir avec ce que vous leur proposez. Comment l?expliquez-vous ?
Le plus incroyable dans tout cela, c?est le côté international du succès de mes morceaux. Je fais de la musique dans un contexte complètement citadin, dans un environnement pointu musicalement et culturellement. Je reviens d?un voyage professionnel en Amérique du Sud et je suis ici à l?île Maurice.
Deux pays dans lesquels la culture musicale est à l?opposé de ce que je fais. Pourtant ils connaissent la house. Ma musique est devenue un «buzz». J?ai fréquenté de petits clubs, avant de fréquenter aujourd?hui de très grands clubs. Je vois l?impact de la house et de ma musique.
Vous faites figure de rock star dans votre domaine, en avez-vous conscience ?
Que le public m?aime, je n?en doute pas du tout. Devenir une star c?est agréable, mais entendre les hurlements des fans, ça peut faire peur. Mais le public est fidèle et c?est tant mieux pour moi.
Vous étiez sur le plateau de la Star Academy 6 il n?y a pas longtemps. Vous auriez aimé avoir composé la Love generation de Bob Sinclar ?
Bob Sinclar n?est pas né avec la Star Academy. Il est connu dans des pays qui ne connaissent pas du tout ce programme. La Star Academy a permis de mieux le faire connaître auprès des francophones. Je suis content pour lui car Bob est un ami.
Il y a aujourd?hui un DJ qui se nomme David Vendetta. Avez-vous l?impression d?avoir été plagié?
Il y a de la place pour tout le monde!
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui voudraient faire votre métier?
Qu?il faut avoir la passion pour tout ce qu?on fait, sans copier quelqu?un d?autre. Il faut aussi savoir qui on est et ce qu?on est prêt à sacrifier pour avoir du succès. Il faut aussi savoir que chaque destin est différent. Il faut trouver sa place avec son coeur.
Propos recueillis par Martine LUCHMUN
Guetta Blaster !
Orchestré par Olympic Events et Bluesteel Klubbing Gear, le concert de David Guetta a mis en délire les 4000 fans présents. Le spectacle se jouait à guichet fermé. On en redemande.
Cela n?a pas été simple pour rejoindre la vieille bâtisse de Port-Louis. Il a fallu escalader des sentiers sinueux, fendre une foule qui patientait, pas du tout prête à faire des concessions, décidée à avoir la meilleure place qui soit. En professionnel qui se respecte, David Guetta était derrière ses platines à l?heure précise. Sur les douze coups de minuit, il embrasait le lieu. Le public était certes conquis d?avance, mais il était là, totalement présent dans ses clameurs, ses cris et ses applaudissements généreux.
Mains levées, yeux pétillants, David Guetta faisait sa fête au public. Les premières notes de Love don?t let me go et le public est en transe. Cathy Guetta, la femme de David qui le suit comme son ombre, a l?oeil vissé à sa caméra. Elle filme le public sous toutes ses coutures, fascinée sans doute de voir les fans mauriciens de son mari. Sachant allumer la foule, David Guetta bondit lui aussi, ravi de partager ses cocktails musicaux et ses hits internationaux.
Le mariage son et lumière est réussi. Les écrans géants diffusent les images et les lasers, s?arrêtant parfois sur les visages ravis des fans en délire. On fait beaucoup de bruit pour David Guetta si on n?est pas en train de reprendre le refrain de son envoûtant The world is mine. Deux heures plus tard, la folie David Guetta n?allait pas retomber. Nos DJs ont pris la relève, assurant du mieux qu?ils pouvaient. La Citadelle est bel et bien un lieu de légende, pour toute l?émotion qui l?a assaillie samedi dernier.
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