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Les batailles d?Angleterre
Jean-François LECKNING
Rarement week-end de Premier League n?avait paru à ce point délicat à négocier. Hasard du calendrier, les quatre premiers se la joueront entre eux, ce qui, on peut l?imaginer, ne manquera pas de redessiner la hiérarchie.
Dans tous les cas de figure, Manchester United, qui se déplace chez le quatrième Arsenal, demain soir, est assuré de conserver la tête du classement au terme de la 24e journée. Mais, à l?heure des comptes, son avance pourrait être de trois points ou de neuf points, dépendant, par ailleurs, du résultat de son dauphin Chelsea, engagé dans une drôle de bataille cet après-midi chez le troisième Liverpool. C?est dire la complexité de l?équation.
Le vieux routier qu?est Sir Alex Ferguson a, donc, bien compris que son périple à Londres, chez son vieux copain Arsène Wenger, pourrait décider de la suite de la saison mancunienne.
Déterminé à inscrire une seizième fois son nom au palmarès du championnat le plus prestigieux d?Europe, United, sous l?impulsion de son intenable ailier portugais Cristiano Ronaldo, affiche une étonnante sérénité, ayant récolté 57 points sur les 69 jusqu?ici distribués. Une allure de champion, évidemment. Sauf que la route est encore longue.
Dans le jardin de l?Emirates, Manchester United s?attend à une opposition évidemment farouche de la part d?Arsenal, devenu, au gré des saisons et des souvenirs, l?ennemi public numéro un. Et ça se comprend. Avant l?avénement Chelsea, double champion en titre, les deux clubs avaient dualisé pendant de longues années le championnat d?Angleterre avec, en prime, des événements parfois surréalistes : la bataille rangée d?Old Trafford, l?épisode de la pizza ou encore les polémiques Keane-Vieira.
Bien que relégués à quinze points de la tête du classement, les Gunners, qui avaient réussi l?exploit d?aller gagner 1-0 à Old Trafford à l?aller, pratiquent un des football les plus séduisants d?Europe. Et sur un match, ils sont capables de tout. Et même sur deux? Demandez-le aux supporters de Liverpool et ils vous le diront, eux qui ont assisté, impuissants, au double naufrage des Reds à Anfield, le tout en 72 heures : 3-1, 6-3. Du jamais vu en un siècle de football.
Désormais, Thierry Henry n?est plus seul aux affaires.
L?émergence d?une nouvelle génération talentueuse, illustrée par les Van Persie, Rosicky, Hleb, Aliadière et autres Fabregas, donne davantage de l?allure à une équipe qui, à défaut de pouvoir jouer le titre en mai, pourrait être redoutable la saison prochaine.
Avant la bataille de l?Emirates Stadium, demain, on aura droit, cet après-midi, heureux passionnés que nous sommes, à la bataille d?Anfield. Car, quand Liverpool défie Chelsea l?engagement est total.
Les Reds, qui occupent une troisième place plutôt flatteuse en la conjoncture, n?ont pas lâché grand chose ces dernières semaines, du moins en championnat, où ils ont remporté huit de leurs dix derniers matches. Mais, les compétitions de coupe ont entre-temps achevé le moral des troupes. Ils savent, donc, que le kop, encore groggy après le passage de l?ouragan Arsenal, ne leur pardonnera pas un faux-pas.
Le seul problème, c?est que depuis l?arrivée de Rafael Benitez à Anfield, Liverpool n?arrive toujours pas à résoudre l?énigme Chelsea, du moins en Premier League.
Car si les Reds restent sur trois victoires et trois matches nuls dans les confrontations de coupe face aux Blues, ils ont en revanche perdu leur cinq derniers matches de championnat face aux coéquipiers de Franck Lampard, lesquels, si on a bien compris, tenteront donc, aujourd?hui, de compléter leur troisième doubléde suite.
En cas de victoire, Chelsea reléguerait à onze points Liverpool, valeur actuelle son plus proche poursuivant dans la lutte aux places d?honneurs, mais, plus important que tout, reviendrait provisoirement à trois points du leader Manchester United.
Pourtant, la maison bleue s?est davantage concentrée à régler des problèmes internes cette semaine plutôt que de se préparer pour le rendez-vous de cet après-midi.
Toute la semaine, la presse a fait état des conflits persistants, l?entraîneur Jose Mourinho étant désormais dans les mauvais papiers de ses dirigeants, certains évoquant même son possible départ en fin de saison.
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