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Big-bang politique
L?épisode de l?OPR est arrivé à sa fin. L?Organisation du peuple de Rodrigues maintient sa politique de neutralité vis-à-vis des formations politiques mauriciennes. Ce qui implique, malgré son passage sur les bancs de l?opposition, que la configuration actuelle ne va pas changer. Nando Bodha continuera à jouir de son poste de leader de l?opposition alors que Paul Bérenger voit là une chance d?accéder à ce poste lui échapper.
Le bon sens commande de ne pas s?arrêter à ce jeu de personnalités. Mais une certaine objectivité indique que le statu quo concernant ce poste constitutionnel n?est pas pour arranger les choses pour l?opposition. La rivalité entre Paul Bérenger et Pravind Jugnauth semble désormais avoir atteint un point de non-retour. Il n?y a pas de quoi s?en émouvoir sauf que la situation profite à un puissant pouvoir qui a besoin d?une opposition d?idées pour repousser ses limites. Mais la démocratie étant ce qu?elle est, il faut faire avec ce qu?on a.
Et ce qu?on a actuellement n?est guère réjouissant. L?île Maurice glisse ces jours-ci vers un projet de société unilatéral. Les tirs épars de l?opposition n?atteignent pas dans ce contexte leurs objectifs. Navin Ramgoolam reste l?homme fort de la situation. Il n?y a qu?à voir son «body language». Il respire l?assurance. La confiance est d?autant plus grande qu?il parvient assez facilement à contrôler ses troupes. Les plus réfractaires à la politique économique ont les mains et pieds liés à un pouvoir omniprésent qui ne souffre d?aucune contestation. Le cas Bachoo en témoigne.
Perdus dans les jeux d?influence et de séduction, les dirigeants de l?opposition ne parviennent plus à discerner ce que l?opinion désire ou encore ce qu?ils peuvent proposer de désirable à l?opinion. A ce chapitre, c?est le MMM qui réunit plus de chances et d?opportunités que le MSM. Celui-ci ne joue plus qu?une seule carte : Pravind Jugnauth doit être le prochain Premier ministre. Maigre programme mais pas sans consistance pour une grande part de l?électorat qui ne demande pas plus d?habitude. Sauf que le MSM risque gros sur le moyen terme. Le plus gros risque étant de finir dans les bras d?un Navin canonique. Dans le bras de fer qui l?oppose à Paul Bérenger, Pravind Jugnauth semble, d?autre part, oublier son parti. Le MSM, en ce sens, ne semble plus avoir de vie de parti.
De l?autre côté, le MMM, et plus particulièrement son leader, s?agitent et, en s?agitant, tentent de brouiller l?échiquier politique. Dernier des Mohicans d?une race de leaders politiques qui ont façonné l?île Maurice post-indépendance, il ne voudrait pas quitter la scène en laissant régner des boutonneux qui lui auront fait rater sa sortie. C?est l?un des principaux enjeux pour lui aujourd?hui. Et on peut compter sur lui pour oser d?ultimes man?uvres provoquant un bouleversement radical au sein du landerneau politique.
Tant d?efforts consacrés à échafauder de nouvelles alliances sur la comète politique risquent de ne provoquer qu?une vaine fission. Il ne faut pas être devin pour savoir ce qui se passera en 2010. A valeur du jour, on ne voit rien venir sinon la reproduction des mêmes schémas classiques. Et on peut prédire le résultat. C?est en jouant sur un autre tableau que les partis d?opposition émergent comme des alternances. Cela implique un nouveau contrat avec les électeurs. Cela sous-entend une action des pontes de l?opposition, qui renouvelle le réflexe politique des électeurs.
On est bien loin de cet agenda. Pour l?instant, on ne dandine qu?entre le même et le pareil.
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