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Questions à Shirin Aumeeruddy-Cziffra, ?Ombudsperson for Children?
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Questions à Shirin Aumeeruddy-Cziffra, ?Ombudsperson for Children?
● Le public a pris connaissance avec effroi des allégations d?attouchements entre internes à l?abri d?Albion. Ne pensez-vous pas qu?héberger des adultes violentés avec des enfants à problèmes pourrait encourager ce type de dérapages ?
Le 5 mai 2005, j?ai présenté un rapport après une enquête ciblée sur le shelter d?Albion. Rapport dans lequel j?ai fait plusieurs propositions au ministère de la Femme en mettant l?accent sur ce problème de cohabitation des enfants et des adultes, des filles et des garçons, des enfants à risque et des victimes d?agressions sexuelles et même des enfants handicapés. J?ai discuté de ce problème avec le ministère. J?ai même invité les responsables à une réunion pour préparer les normes pour ce type d?établissement. Mais tout a été gelé quand nous avons appris que le ministère voulait transférer le shelter à Pointe-aux-Sables en tenant compte de mes propositions. J?espère que cela se fera bientôt, que le lieu sera aménagé en conséquence et que la gérance sera confiée à une organisation non gouvernementale qui a les compétences voulues pour que ce type de problème ne se reproduise plus. Car ce n?est pas la première fois.
● 3342 plaintes de violences diverses sur les enfants l?an dernier. N?est-ce pas un constat d?échec de la politique gouvernementale en matière de prévention de la violence envers les petits ?
Ce chiffre ne reflète pas la réalité car il ne représente que les cas signalés. Il faut une politique plus globale qui tienne compte de plusieurs aspects : la détection précoce, la prévention, la protection et la réhabilitation. J?ai proposé le projet des mentors pour les enfants afin de soutenir ceux qui vivent dans des familles vulnérables et qui doivent être soutenus financièrement, psychologiquement et moralement.
● Dans quelle mesure ces chiffres influeront-ils sur votre réflexion en tant qu?Ombudsperson pour les enfants ?
Ma réflexion se base sur tout ce que nous constatons lors des enquêtes que nous menons. Un exemple : certains enfants sont abandonnés de manière évidente par leurs parents et ils sont placés dans des institutions. Mais ils ne sont pris en charge financièrement que jusqu?à l?âge de 18 ans. Il faut donc prévoir un retour dans les familles là où c?est possible, un placement chez d?autres membres de la famille ou même l?adoption. J?ai proposé, il y a plus de deux ans, que la politique sur l?adoption soit revue afin que ces enfants puissent être répertoriés et soient adoptés par des Mauriciens ou des étrangers, dans le respect des Conventions internationales. Heureusement que le bureau du Premier ministre a pris ce dossier en main en 2006. J?espère voir des changements effectifs dans ce domaine cette année.
● La ministre Seebun a déclaré vouloir mettre l?accent sur la responsabilité parentale. Qu?en pensez-vous ?
Il existe beaucoup de facteurs qui expliquent pourquoi il y a tant de maltraitance d?enfants. L?un d?eux est effectivement la négligence parentale. Je suis donc pour la responsabilisation des parents. Mais, il faut que cela fasse partie d?une stratégie bien rodée, qui comprendra la sensibilisation et l?éducation des parents, certes, mais aussi une action pluridisciplinaire qui tiendra compte des difficultés des parents, de la pauvreté, du développement de certains quartiers défavorisés et qui va empower les adultes et les enfants. D?où l?importance d?un comité permanent de coordination sur toutes ces questions.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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