Publicité

Une application rapide des réformes pour contrer les incertitudes, dit la MCB

17 janvier 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L’activité en quête d’une plus grande résilience face aux chocs. La Mauritius Commercial Bank (MCB) révise à la hausse ses prévisions de croissance pour 2007. La dernière analyse de la MCB sur l’économie, MCB Focus, prévoit une progression économique de 5,2 % pour l’année en cours contre une estimation initiale de 4,8 %. Les analystes insistent pour une application globale des réformes afin de retrouver une économie robuste.

L’économie reste sous l’emprise du triple chocs économiques (récession dans le textile-habillement, baisse des recettes sucrières et flambée des cours pétroliers). D’autres facteurs peuvent venir jouer les trouble-fêtes à celui des secteurs. Les incertitudes au niveau sectoriel mais aussi au niveau de la stabilité macroéconomique vont continuer à restreindre les opportunités d’affaires dans le pays.

Selon le MCB Focus, le niveau d’investissement est encore trop faible pour pouvoir générer une activité forte et durable. Le taux d’investissement (le montant des investissements par rapport au produit intérieur brut (PIB) en 2006, est de 21,1 %, alors qu’il faut un ratio de 30 % au moins pour pouvoir soutenir une croissance supérieure à 6 %.

Toutefois, notent les économistes de la MCB, l’augmentation réelle de 10,8 % de l’investissement privé comparée à 2005 est un signe positif dans les efforts pour renverser la vapeur. Ce sont les projets hôteliers et ceux de l’integrated resort schemes (IRS) qui mobilisent la plus grosse part des ressources financières.

Un investissement élevé en 2006 devrait se traduire en une activité plus dynamique durant l’année en cours dans plusieurs secteurs. La zone franche va se maintenir sur une trajectoire de croissance. Mais les prévisions de la MCB (1,5 %) sont moins optimistes que celles du Bureau central des statistiques (BCS) qui a chiffré à 2,5 % ses premières estimations de croissance dans ce secteur.

Le MCB Focus fait état de la restructuration dans le textile-habillement marqué notamment pour un processus d’intégration verticale et un mouvement vers des produits à plus haute valeur ajoutée. Mais de nouveaux dangers se profilent à l’horizon dans la confection.

<B>Concurrence chinoise</B>

2008 verra la fin des restrictions quantitatives imposées par les États-Unis et l’Europe sur certaines catégories de vêtements chinois. Les producteurs mauriciens se retrouveront en concurrence frontale avec la déferlante chinoise à bas prix.

Le tourisme affiche la grande forme pour l’année en cours avec une prévision de croissance de 9 % (860 000 arrivées). “Les enjeux sont nettement en faveur d’un positionnement de l’industrie touristique en tant qu’un moteur clé de l’activité économique en tenant compte de la prévalence des chocs externes imprévus”, indiquent les analystes de la MCB.

Les services financiers demeurent florissants. Toutefois, les incertitudes autour du traité de non double imposition fiscale entre l’Inde et Maurice risquent de freiner l’expansion de ce secteur.

Le secteur du bâtiment s’appuiera sur un développement accéléré de l’immobilier avec à la clé plusieurs chantiers de l’IRS et de la construction de plusieurs nouveaux hôtels pour créer encore plus de richesse. Une forte progression de l’ordre de 7 % est prévue dans ce secteur.

Par contre, les conditions de relance dans le sucre demeurent très aléatoires, même si les prévisions officielles font état d’une production sucrière améliorée en 2007 (530 000 tonnes). La transformation de l’industrie en un cluster multifonctionnel est en cours mais n’a pas encore donné des résultats en termes de gain d’efficience et de productivité.

La reprise économique de l’année en cours va alléger quelque peu la pression sur le marché de l’emploi, selon le MCB Focus. Les IRS, le Business Process Outsourcing, la construction, l’hôtellerie et même le textile (l’expansion de quelques gros groupes) vont créer de nouveaux jobs. Toutefois, la deuxième phase du plan de retraite volontaire dans l’industrie sucrière va provoquer une nouvelle vague de licenciements. Tout compte fait, le taux de chômage tournera autour de 9 %, soit très proche du chiffre de 2006.

POLITIQUE ÉCONOMIQUE

<B>Mise en garde de la Banque mondiale</B>

La Banque mondiale (BM) met en garde contre toute tentative de renvoyer les réformes vitales face aux pressions populaires. La BM tire la sonnette d’alarme dans une note qui a accompagné le déboursement “development policy loan” (DPL) d’un montant de Rs 1 milliard environ. L’institution de développement craint surtout que les réformes dans les lois du travail, dans l’éducation et dans les agences parapubliques puissent générer des controverses susceptibles à faire reculer les efforts d’ajustement. Tout relâchement dans la discipline fiscale peut remettre en cause les objectifs de stabilité macroéconomique. Le programme de réforme que soutient le DPL s’appuie sur quatre axes principaux en l’occurrence la consolidation fiscale, l’amélioration de la compétitivité des industries, le rehaussement du climat d’affaires et la démocratisation de l’économie et l’inclusion sociale.

Publicité