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Le mariage de la culture et du profit
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Le mariage de la culture et du profit
L?alliance de la culture et du profit est plus un mariage de raison qu?une affaire de c?ur. Toutes les femmes et tous les hommes qui ont du c?ur vous le diront : l?art n?a pas de prix. Et c?est bien là le problème. Comment arriver à concilier les deux dans un petit pays de négociants et de planteurs, où on cultive surtout la canne à sucre, et où accessoirement, on pratique le culte des lettres et autres futilités ? Maurice est toujours un pays de traditions où art et culture se conjuguent au futur antérieur.
Et pourtant, il va bien falloir s?éveiller au présent et regarder l?avenir en face. Car la petite plaque tournante commence à bouger, elle aussi, au rythme des hit-parades. L?art s?infiltre par tous les trous. Et commence à devenir une habitude à un point tel que de nombreux instigateurs veulent rentabiliser les modes. Ils en font une affaire d?état.
Dans un passé antérieur, le mot culture n?avait que peu de sens, en dehors des champs et l?art a longtemps été gratuit. Et considéré comme un plaisir futile. Voire subversif. Molière est mort dans la misère et Van Gogh est devenu fou. Il est aussi longtemps resté cantonné aux salons où Voltaire et Baudelaire épataient les esprits éclairés à la lumière des bougies.
C?est au 20e siècle, que l?art est devenu un business. Le mot venait alors de naître dans la bouche de gros hommes avec cigare et chapeau mou qui eurent l?idée de jeter à la face du monde des créations populaires.
Musique, cinéma : l?art moderne était en train de naître, un soir d?orage, à la croisée de deux époques. Mais l?alchimie allait produire un monstre à deux têtes : music business et film industry. L?art sortait des salons et se retrouvait à la rue Il y avait un prix à payer et ça commençait à rapporter gros. L?art industriel venait de naître
Des décennies plus tard, l?île Maurice du 21e siècle commence à tâter du doigt ce modèle industriel. Et se découvre de grandes ambitions.
L?art plastique fleurit à l?ombre de cocotiers importés.
La littérature a décidé de partir (vers les maisons d?édition parisiennes) en espérant mieux revenir.
La musique, seule, réussit à se forger une personnalité dans le concert assourdissant des influences internationales.
Contrairement aux sociétés industrielles, l?art mauricien n?a pas de racines. Mais plutôt des traditions. Nous avons aussi longtemps fait dans la copie Et aujourd?hui nous entrons directement dans le vif du sujet.
Il faut bien commencer quelque part? OK, jetons-nous à l?eau. Maurice a besoin de se bâtir une identité artistique. Mais c?est en jouant que l?on devient musicien et l?émergence d?une véritable industrie de l?art et des spectacles augure une nouvelle ère culturelle.
Il ne faudra cependant pas sacrifier l?art au profit de l?industrie. Autrement dit, ne commettons pas la même erreur que nous avons commise pour le tourisme, par exemple. Celle de sacrifier tourisme au profit d?industrie et adapter un modèle exotique à une réalité indigène.
L?art indigène, lui, existe et se fait connaître. Il faut lui donner de l?espace pour grandir et s?épanouir. Non pas l?étouffer avec de l?importation Marier culture et profit n?est pas une nouveauté. à Maurice, cela devient une entreprise, une fabrication dans lesquelles l?intuition, l?imagination, n?ont pas encore trouvé leur place.
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