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Boucherville à La Bastille
Le « Parrain » de la prison de Beau-Bassin, Roger Pardayan de Boucherville, croupit depuis jeudi dans l?une des cellules de La Bastille. Ce détenu, que les autorités carcérales considéraient jusqu?à maintenant comme étant « sans problème », est soupçonné d?être à la tête d?un trafic de drogue à l?intérieur de la prison. La fouille de sa cellule a permis aux policiers de saisir de nombreux objets compromettants. Les autorités pénitentiaires n?écartent pas qu?il y ait pu avoir complicité interne, alors que les enquêteurs de l?Adsu s?intéressent de près aux avoirs du détenu.
C?est après la dénonciation d?un autre détenu que la fouille de la cellule de Boucherville a été effectuée par les gardes-chiourme et les membres de l?Anti-Drug & Smuggling Unit dans la soirée de mardi. Les policiers ont ainsi saisi une certaine quantité d?héroïne, de semences de gandia, une somme de Rs 48 000, une bombe lacrymogène, plusieurs cartes SIM ainsi qu?un portable. Une partie de ces objets était dissimulée dans son matelas, alors qu?une somme de Rs 20 000 a été retrouvée dans sa ceinture médicale.
<B>Une éventuelle complicité interne</B>
Lors de son interrogatoire, Roger de Boucherville a refusé de fournir une explication sur la provenance de cette drogue ainsi que sur la somme d?argent retrouvée dans sa cellule. « Dans sa tête, il se dit qu?il n?a absolument rien à perdre. Il nous l?a d?ailleurs clairement fait comprendre. Il n?a rien voulu dire sur la provenance de ces objets, mais nous avons notre petite idée », explique un garde-chiourme affecté à la prison de Beau-Bassin.
Les autorités pénitentiaires soupçonnent, en effet, qu?il se procurerait de la drogue auprès de détenus fraîchement arrivés pour les revendre à plus cher par la suite. Roger de Boucherville a été, à la suite de son interrogatoire par les enquêteurs de l?Adsu, transféré à La Bastille. Il fait actuellement l?objet d?une accusation de trafic de drogue.
La découverte d?un téléphone portable, de drogue et d?une grosse somme d?argent dans la cellule de Roger de Boucherville amène les autorités carcérales à se poser des questions sur une éventuelle complicité interne. « C?est une piste que nous devons étudier car les détenus ont bien dû recevoir cette drogue par l?intermédiaire de quelqu?un à la prison », laisse entendre un garde-chiourme qui compte une dizaine d?années de service.
<B>Le plus vieux prisonnier de l?île</B>
Roger Pardayan de Boucherville avait été condamné à la peine capitale le 21 février 1986 pour l?assassinat de Sooryadev Jodhun. Mais à la suite de l?abolition de la peinde mort en 1995, sa peine a été commuée en condamnation à vie. Ce qui fait de lui le plus vieux détenu de l?île.
Connu à la prison de Beau-Bassin sous le sobriquet de « Parrain » et de « Baron », Roger de Boucherville a fait parler de lui au début de l?année dernière. Il a déposé, le 2 septembre 2004, une motion demandant à la Cour suprême que la condamnation à vie prononcée contre lui devrait être d?une durée de vingt ans, à compter du 21 février 1986. Dans une lettre adressée à son avocat, Me Rex Stephen, le commissaire des prisons d?alors, Bill Duff, l?a informé que son client sera libéré le 20 février 2016. L?homme de loi devait par la suite répondre que la sentence infligée à son client aurait dû être appliquée à compter du jour où le délit a été commis, soit le 5 janvier 1984, selon la loi en vigueur à cette époque au lieu de celle en cour le 21 février 1986, quand le verdict a été rendu. Rex Stephen avait soutenu que la loi avait été amendée en 1985, remplaçant la peine de 20 ans par celle de 30 ans pour la condamnation à vie. Son client aurait donc dû, a-t-il affirmé, être libéré le 21 février 2006.
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