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Grands chantiers, petits entrepreneurs?
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Grands chantiers, petits entrepreneurs?
On l?aura compris, l?année 2007 sera celle des grands chantiers : Rs 300 millions ici pour un grand centre commercial et Rs 1,7 milliard là pour ériger un palace. Les exemples de gros projets d?investissements sont légion. Et d?autres viennent s?ajouter à la liste, comme celui qu?un « Non-Resident Indian » très fortuné s?apprêterait à présenter aux autorités mauriciennes. Et qui dépasserait la barre d?un milliard? non pas de roupies, mais de livres sterling !
On peut se réjouir de cet attrait qu?exerce Maurice auprès des investisseurs, aussi bien locaux qu?étrangers. Mais on ne doit pas oublier, qu?aussi précieuses qu?elles soient, les milliards de roupies des gros groupes ne suffisent pas, à elles seules, à faire marcher une économie. Les hôtels, usines, centres commerciaux et autres ont besoin de fournisseurs ? pour véhiculer leurs employés ou garnir leurs cuisines et cantines en produits frais. Quand la Compagnie mauricienne de textile ne sait pas produire certains habits, d?autres PME arrivent à les exporter. Quand une entreprise réunionnaise ne veut pas payer des frais de fabrication et d?acheminement exorbitants pour une pièce d?ingénierie légère fabriquée au Havre, en France, c?est probablement une petite entreprise mauricienne qui raflera le contrat. Tout est une question de complémentarité.
Mais à un moment où l?on entend surtout parler des grands, les petits se font? petits ! En effet, on est bien loin du « craze » qui a prévalu en octobre, quelques jours après la promulgation du « Business Facilitation Act », lorsque 2 000 personnes allaient s?inscrire au « Registrar of Companies » chaque semaine. Le soufflé est retombé. Tous les snacks, tabagies et autres « lotel dithe » du pays semblent déjà s?être fait inscrire. Restent les entrepreneurs, avec des idées un peu plus novatrices ou productives, qui veulent vendre localement ou à l?international leurs produits et services.
Mais les PME, et embryons de PME, à classer dans cette catégorie, sont peu nombreuses. C?est connu, la petite entreprise mauricienne souffre malheureusement, depuis longtemps, d?une grave maladie : le mimétisme. Qui consiste à imiter la bonne idée de l?autre faute d?avoir trouvé soi-même une nouvelle. « Le voisin fait son beurre en se lançant dans un business de vente de poulet frais ? J?y vais aussi. » C?est ce qui fait que le tissu de PME à Maurice est surtout composé de beaucoup de monde fabriquant à peu près les mêmes choses.
Il n?y a pas à discuter, ce n?est pas l?argent ou le financement qui est la denrée rare pour les entreprises locales. Trouver un financement n?est qu?un handicap léger qu?on surmonte. Même si les taux d?intérêt grimpent. Fondez une société qui a de l?avenir sur papier, « Enterprise Mauritius », et la « Small Enterprise and Handicradt Development Authority » vous aideront à vous développer, à approfondir vos idées et à conquérir vos marchés, tandis que vous aurez de fortes chances d?être financé par une banque privée, la « Development Bank of Mauritius » ou encore l?« Empowerment Fund ». Nos PME souffrent d?un déficit d?idées, pas de financement !
Si 2007 demeure l?année où tout le monde s?imite, nous aurons perdu encore du temps à regarder nos entrepreneurs ouvrir des snacks et à se faire vendeurs de détergent. En même temps que des investisseurs, le pays cherche les innovateurs. Les trouverons-nous ?
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