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Exploitation d?eau de mer profonde : 10 000 emplois en cinq ans

13 janvier 2007, 00:00

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Même si Maurice n?a pas l?avantage de se reposer sur un immense réservoir de pétrole, elle a quand même la chance d?être entourée d?or bleu. À en croire Arjoon Suddhoo, directeur exécutif du Mauritius Research Council, l?exploitation d?eau de mer profonde est notre mine d?or à nous.

Potentiellement, ce secteur pourrait créer 10 000 emplois en cinq ans seulement, avance-t-il. Et Arjoon Suddhoo n?est pas homme à lancer des chiffres en l?air. En se basant sur des analyses faites par un laboratoire australien et de multiples études, faites tout récemment, il identifie ce secteur comme étant un des principaux vecteurs d?emploi pour les années à venir. Ce n?est d?ailleurs pas pour rien que le gouvernement s?est laissé convaincre et appuie pleinement la mise sur pied d?un «Land-Based Oceanic Industry (LBOI) ». D?autant plus que les analyses ont confirmé que l?eau de mer profonde mauricienne est d?une qualité et d?une pureté rares et contient des caractéristiques exceptionnelles.

Le sujet était au centre des débats lors de la présentation du rapport du comité sectoriel sur développement des ressources humaines pour le Seafood Hub et le LBOI, hier à la Cybertour I d?Ebène. Le ministre de l?Education et de la formation Dharam Gokhool estime que les deux secteurs auront créé de l?emploi direct «à près de 18 000 personnes d?ici 2010 avec un impact substantiel sur l?investissement, le développement infrastructurel et le Produit intérieur brut».

Ce que confirment Arjoon Suddhoo et Satish Hanoomanjee, Scientific Officer au département pêcherie du ministère de l?Agro-industrie. Celui-ci indique d?ailleurs que notre lagon est sous-exploité. Alors qu?il y a un potentiel d?exploiter 35 000 tonnes de poissons chaque année dans notre Zone exclusive économique, Maurice n?en retire que 10 000 tonnes par an.

Jusqu?ici, le secteur des fruits de mer a créé 6 080 emplois. Mais, comme le fait ressortir le rapport, Maurice manque cruellement de main-d??uvre qualifiée pour travailler dans ce secteur et cela à tous les niveaux. Que ce soit pour des métiers hautement spécialisés ou pour des emplois qui ne nécessitent pas de qualifications particulières, une pénurie en ressources humaines se profile.

Le comité sectoriel a identifié une bonne quinzaine de métiers où il y a manque. Parmi ceux-ci des ingénieurs dans plusieurs domaines, des scientifiques et techniciens de laboratoire, des biochimistes, des spécialistes en aquaculture, des pharmacologistes pour ne citer que ceux-là.

Les utilisations que permettra cette industrie sont énormes. De l?embouteillage pur et simple de cette eau de mer après dessalement, à la culture de perles, en passant par la thalassothérapie et l?aquaculture, sans oublier l?utilisation de cette eau pour la climatisation ou comme composante pour médicaments, les possibilités sont grandes. «Elles ont toutes une haute valeur commerciale», précise encore Arjoon Suddhoo.

<B>Douze sites sur la côte</B>

Selon les investissements préliminaires, l?investissement pour poser le tuyau de 3 à 4 km à une profondeur de 1 000 mètres pour permettre d?acheminer cette eau vers la terre se situe entre Rs 200 millions et 600 millions. «L?eau de mer profonde de la côte ouest de Maurice a toutes les propriétés physiques, chimiques et biologiques nécessaires pour permettre le développement du LBOI», indique le directeur exécutif du MRC.

L?exemple à suivre dans le domaine est Hawaï. Quotidiennement, cet archipel volcanique de la Polynésie (Océanie), exporte plus de 300 000 litres d?eau minérale de mer profonde au Japon où chaque bouteille est vendue à plus de Rs 120. Et la demande est en pleine expansion. Des pays tels que la Chine, Taïwan, la Corée et les Etats-Unis sont de plus en plus friands de cette denrée. Cela force les îles Hawaii à tripler leur production pour atteindre un million de litres par jour. Cela représente un revenu annuel de plus de Rs 60 milliards. Pour abriter la station d?épuration et de traitement de cette eau, douze sites sur la côte ont été identifiés. Des résultats d?analyses sont attendus la semaine prochaine pour affiner le choix à trois. Il faudra ensuite choisir un de ces trois endroits. Mais il n?est pas question de perdre du temps. Selon les prévisions officielles, le parc océanique qui abritera une station de pompage et de traitement d?eau de mer profonde devrait être prêt fin 2008.

L?autre industrie porteuse qui a été identifiée est celle qui a trait aux algues. Ici, c?est 3 000 emplois qui pourraient être créés. Selon le rapport du comité sectoriel, le marché mondial est estimé à plus de Rs 6 000 milliards. À eux seuls, les Etats-Unis importent pour plus de Rs 1 500 milliards de produits avec des algues comme ingrédient. Si quelques pays, tels la Tanzanie, Madagascar et les Seychelles produisent des algues, ils ne sont pas impliqués dans le processus technologique. Pourtant, c?est là que se trouve le plus grand potentiel. «Cela constituerait un marché niche à exploiter», indique le rapport, d?autant plus que la demande pour des produits incluant une ou plusieurs composantes des algues va grandissante. Parmi les intéressés : des techniciens et ingénieurs marins, des capitaines et des skippers, des travailleurs d?usine, des foremen, des directeurs ou encore des mécaniciens.

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