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Opportuniste ou homme de principes ?

9 janvier 2007, 20:00

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De traître à opportuniste en passant par ?communaliste? et transfuge, il a été traité de tous les noms. Mais Anil Bachoo n?en a cure. Politicien par excellence, il continue son petit bonhomme de chemin. Les seuls arrêts qu?il se permet sont au lac sacré de Grand-Bassin, les lieux de culte, ses voyages en Inde et ses visites chez ses astrologues.

Contre vents et marées, Anil Bachoo continue d?assurer sa survie politique à travers sa pratique de la religion. ?La politique dénuée de religion est comme un cadavre bon à enterrer?, disait-il à l?express quelques semaines après avoir claqué la porte à l?alliance MSM-MMM en 2005.

Mais voilà qu?un an à peine après les élections, Anil Bachoo commencerait à montrer des signes de mécontentement. Selon les rumeurs, sentant que le gouvernement perdait de sa popularité, il aurait repris contact avec ses anciens camarades du MMM. Qu?en est-il ? Quelles sont véritablement les aspirations d?Anil Bachoo ?

Retour d?abord dans son passé. Né en 1953, Anil Bachoo plonge tôt dans la politique : son père est agent travailliste. Mais parallèlement, son grand-père l?initie à la pratique de sa religion. Après des études en hindouisme à Delhi, Anil Bachoo enseigne au Eastern College en 1972. Et fera son entrée en politique sous la bannière rouge en 1982. Mais sera malchanceux.

?Il aime être ministre?

Elu secrétaire général du Parti travailliste en 1985, il claque la porte deux ans après et fonde le Mouvement travailliste démocrate (MTD) et se ligue avec le MMM contre l?alliance bleu-blanc-rouge. En 1991, il entrera pour la première fois au gouvernement en tant que ministre du Commerce sous un gouvernement MSM-MMM-MTD.

En 1993 survient la cassure. Mais ayant pris goût au pouvoir, le parti d?Anil Bachoo délaisse son allié le MMM et reste au gouvernement. Il occupe alors le portefeuille des Travaux. Il intégrera le MSM en 1995 et délaissera son propre parti, mais après la débâcle du MSM aux législatives de 1995, Anil Bachoo occupe le poste de recteur adjoint au collège Universal. Tout en maintenant le contact avec son électorat qui va lui montrer sa reconnaissance en 2000.

En 2005, après avoir occupé un portefeuille ministériel pendant cinq ans, Anil Bachoo, ayant perfectionné son flair de politicien, quitte le navire qui coule et rejoint l?Alliance sociale.

Renouera-t-il avec ses anciens camarades du MMM ? Ces rumeurs n?ont pas été confirmées, mais personne ne sera étonné si elles se confirment. ?Il le fera en temps et lieu mais Bachoo est trop intelligent pour claquer la porte maintenant. Il aime être ministre?, confie un politicien. Un autre député, hier adversaire, aujourd?hui allié, le décrit comme ?un perfectionniste de l?opportunisme? en citant ses nombreux soubresauts politiques.

Anil Bachoo sait ce que les gens disent de lui. Il préfère répondre que ceux qui accusent les autres de quelque chose sont forcément coupables de la même chose. Mais ses proches ne comprennent pas ce que les autres reprochent à cette personne ?qui réfléchit avec son c?ur ?. Ils arguent qu?Anil Bachoo est un homme à principes et que s?il a changé de partenaires aussi souvent, c?est que ses principes comptent avant tout.

Mais quels sont ces principes ? ?Quel principe avez-vous déjà vu Bachoo défendre ? A part le bien-être de la communauté hindoue ?? rétorque un ancien ami. Un député estime que ?ce ne sont que prétextes. En quoi la communauté avait-elle été protégée quand Bachoo a été ministre pendant cinq ans avec Bérenger comme Premier ministre pendant deux ans ??

?Bachoo fait ce que tous les politiciens font. Excepté que lui, il le fait ouvertement et il le fait mieux. Mais je n?aurai pas aimé le voir devenir Premier ministre. Bachoo est comme un politicien des provinces en Inde?, confie un ancien ministre qui a travaillé avec lui.

Et c?est là la force de Bachoo. Un ?politicien de province? est proche des gens de sa province. Fort de cette certitude, il a, à chaque fois qu?il est ministre, fait de son possible pour ?récompenser? ses gens pour leur loyauté tout en s?assurant de leur prochaine fidélité. Et cela, il ne peut le faire qu?en étant ministre. Mais fort aussi de cette certitude, Anil Bachoo peut aussi se permettre de faire pression.

?C?est un homme qui est foncièrement bon et qui croit dans la loi du karma. Et il pardonne à ceux qui lui ont fait du mal dans le passé?, réplique pour sa part un proche du ministre.

Méfiant envers la presse, Anil Bachoo estime que sa popularité se teste sur le terrain. Ce qui explique son désaccord avec les mesures du budget : si ses mandants ne sont pas contents, Bachoo n?est pas content. Ses détracteurs appellent cela ne pas avoir de principes. Ses amis appellent cela son bon c?ur?

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