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L?aide en question
Maurice est à la recherche de l?aide au développement qui puisse l?aider à financer sa transition économique. Son statut de pays à revenu moyen la met toutefois dans une position plutôt singulière. Le retour de l?Agence française de développement (AFD) traduit la volonté de certaines institutions multilatérales à soutenir les pays qui ont déjà traversé une première phase de l?ajustement.
Au début des années 80, Maurice s?était tourné vers la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) afin de pouvoir sortir du marasme économique. L?application des remèdes des institutions de Bretton Woods a coïncidé avec l?arrivée en force des industriels hongkongais dans la zone franche mauricienne. La conjoncture a facilité l?effort de l?ajustement et le pays a connu une longue période de prospérité.
Autre temps, autres maux, autres remèdes. L?économie est aujourd?hui confrontée à l?érosion accélérée des préférences commerciales. Il lui faut trouver de nouvelles sources de compétitivité pour évoluer sans filet de protection sur le marché mondial.
Le pays a besoin de l?aide au développement pour se payer de nouvelles infrastructures et acquérir de nouvelles compétences et technologies. Mais il faut en même temps aider les couches sociales les moins fortunées à amortir les chocs de la libéralisation commerciale. Maurice cherche surtout des financements concessionnaires assortis de dons là où c?est possible. Les bailleurs de fonds répondent-ils tous avec enthousiasmes à nos requêtes ?
La communauté internationale s?est engagée dans une course contre la montre pour réaliser les objectifs de développement du Millénnium en termes de réduction de la pauvreté à l?échelle mondiale. Même si les buts fixés ne seront pas atteints à l?échéance de 2015, les nations riches ont un devoir moral et politique de consacrer le maximum de leurs budgets d?aide aux pays les moins avancés (PMA).
Dans cette optique, les demandes des pays à revenus intérimaires risquent de ne pas recevoir la considération qu?elles méritent. Plusieurs acteurs clés de la communauté des bailleurs de fonds estiment que les pays comme Maurice ont suffisamment été récompensés par les préférences commerciales que les pays du Nord ont bienveillamment mises à leur disposition. C?est maintenant au tour des PMA de bénéficier d?un accompagnement plus engagé et structuré.
Les ?aid for trade? (AFT) restent, par ailleurs encore floues. Les pays riches ne conçoivent pas les AFT sous le même angle que Maurice. Il n?y a pas eu jusqu?ici une expression claire de la part des pays riches en faveur de l?aide au commerce pour permettre aux pays comme le nôtre de s?ajuster à la libéralisation du commerce mondial. Plusieurs pays s?opposent même à la création d?un fonds spécial pour le AFT. Au mieux, ils se disent disposés à augmenter leurs contributions dans les canaux existants telles la BM et d?autres agences de développement multilatérales. Les critères de qualification aux instruments existants peuvent ne pas correspondre à nos besoins. Un fonds spécial sous l?AFT sera plus à même de répondre à nos attentes pour obtenir des fonds à des taux nettement plus compétitifs que sur le marché international mais aussi des dons.
Il faut surtout éviter que les AFT ne deviennent qu?un prétexte des puissances économiques pour minimiser la portée de l?échec du cycle de développement de Doha.
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