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Yogeesh fait son entrée dans le cycle secondaire
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Yogeesh fait son entrée dans le cycle secondaire
Nous sommes en ce samedi 23 décembre dans la cour de la State Secondary School de Vacoas pour garçons. Des parents s?affairent à faire admettre leurs enfants. Une voiture arrive. Le gardien ne fait aucune objection à ce qu?elle entre dans la cour. Le conducteur sort de son siège.
Il ouvre le coffre de la voiture. Il sort des pièces détachées et en l?espace de trois minutes, il monte une chaise roulante. Puis à l?aide d?un jeune garçon, il sort presque un corps inanimé du siège arrière de la voiture. Il le dépose sur la chaise roulante.
Soudain, la chaise roulante s?anime et se faufile dans le moindre espace libre de la cour de l?école. L?as du « volant » de cette chaise qui roule à l?aide d?une batterie se singularise par un sourire communicatif et captivant.
C?est ainsi que Yogeesh Patron, atteint de dystrophie musculaire progressive, a marqué son premier pas dans le cycle secondaire. Un exploit lorsqu?on sait que ce garçon souffre d?un affaiblissement et d?une fonte progressive de ses muscles. Il a perdu l?usage de ses pieds et de ses bras.
Le handicap d?un enfant n?est pas une fatalité
« C?est un fanatique d?Internet », explique son père Soodesh. Il est aux anges. Pour lui, c?est une étape décisive dans l?intégration de son fils dans le monde de l?éducation secondaire.
Le drame des Patron débute en 2000. Yogeesh fréquente une école maternelle. La responsable de l?école informe les parents que leur enfant a des difficultés pour grimper les escaliers. Ils consultent des médecins pour déterminer la nature du mal. Deux ans plus tard, le verdict tombe : Yogeesh ne marche plus. L?enfant ne peut donc plus poursuivre ses études.
La famille est rongée par le désarroi jusqu?au jour où elle rencontre les responsables du Centre d?éducation et de développement pour les enfants mauriciens (Cedem) pour lesquels le handicap d?un enfant n?est pas une fatalité. Yogeesh est intégré à ce centre. Les perspectives d?une participation de Yogeesh aux examens de fin d?études primaires sont exposées à Soodesh. Celui-ci n?en demande pas mieux. Yogeesh est un homme à part entière. Sa femme, Asha, son fils aîné et lui-même en sont convaincus.
« Le ministère de l?Éducation m?aide. Je vais frapper à la porte du ministère de la Sécurité sociale pour que Yogeesh bénéficie de l?aide d?une personne au collège », indique Soodesh. L?angoisse de ce dernier contraste avec la sérénité, la joie de vivre et l?innocence de Yogeesh. Il pense à l?avenir. Il évoque son passe-temps. Il parle de ses talents de chanteur. Il a même déjà interprété Let Me Fly et Colours of My Tears de son chanteur préféré King. Une belle leçon d?optimisme et de courage.
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