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Promouvoir les hôtels d?affaires du groupe Indigo
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Promouvoir les hôtels d?affaires du groupe Indigo
par Marie-Annick SAVRIPÈNE
À première vue, sa blondeur et ses yeux céruléens pourraient la faire passer pour une Nordique. Mais dès que Stéphanie Fischhoff-De Froberville ouvre la bouche, son léger accent permet immédiatement de la situer : si elle est née en Afrique du Sud de parents mauriciens, c?est en France qu?elle a passé la fin de son enfance, son adolescence et les premières années de sa vie d?adulte. Et cela s?entend. Lorsqu?elle parle de son métier, elle le fait avec délectation. D?ailleurs, un mot qui revient souvent dans son vocable est «excitant». Ce qui dénote que cette jeune femme de 28 ans s?emballe pour tout nouveau projet.
C?est à Vence sur la Côte d?Azur française que ses parents s?installent lorsqu?ils quittent Cape Town en Afrique du Sud. Stéphanie n?a que huit ans à l?époque et bien qu?elle comprenne le français, c?est l?anglais qui lui vient plus facilement. De ce fait, elle a du mal à s?adapter à sa nouvelle vie dans les premiers temps. Mais le fait que Josiane, sa mère, soit enseignante de français, facilite sa transition. Un an avant qu?elle ne passe son baccalauréat littéraire, ses parents viennent vivre à Maurice pour de bon. C?est donc au Lycée Labourdonnais qu?elle passe l?examen final du cycle d?études secondaires et s?empresse de regagner la France pour entamer ses études tertiaires. N?aimant pas la solitude, elle opte plutôt pour une résidence dirigée par des s?urs de la congrégation des Carmélites et y côtoie une quarantaine de filles de différentes nationalités qui, comme elle, étudient à Paris. «Outre le fait que vivre en résidence favorise un échange d?idées, ces contacts m?ont permis de mieux accepter les différences.»
Bien qu?elle n?ait pas été initiée à l?économie à l?école, elle est curieuse de tout et cherche surtout à se familiariser avec le monde de l?entreprise et ses rouages. Sa mère qui la connaît sur le bout de ses doigts, la dirige vers une grande école de commerce à Paris, connue comme IPAG. Elle y passe quatre ans. Les deux premières années d?études sont de nature générale et lorsqu?elle doit choisir sa spécialisation pour les deux années restantes, Stéphanie opte pour le marketing opérationnel et stratégique. «Ces études étaient complètes dans la mesure où nous avons appris tous les rouages du marketing, depuis la création d?un produit jusqu?à sa distribution et la communication liée à sa promotion. L?autre avantage est qu?elles spécialisent dans un métier et pas uniquement dans un secteur d?activité.»
Ses stages en entreprise les plus marquants sont ceux qu?elle effectue chez le parfumeur Paco Rabane, dans un cabinet d?études marketing à Londres, de même que dans une des plus grandes agences de communication à Paris, Publicis.
Le soleil du Midi lui manquant, Stéphanie décide d?aller faire ses premières armes professionnelles dans le sud de la France. Avec son diplôme, elle n?a aucun mal à se faire embaucher par Sélectour, un tour-opérateur français. Sa responsabilité est de développer la partie marketing au sein d?une dizaine d?agences de voyages entre Nice et Toulon. Son poste l?amène à beaucoup se déplacer pour côtoyer les sales managers des hôtels et des thermes que le réseau d?agences désire vendre par la suite.
À l?époque, elle est fiancée à Cyril Fischhoff, finissant en études de chiropraxie, qui s?apprête à ouvrir son cabinet. La question de leur avenir commun se pose sérieusement. Lui qui a passé 12 ans en Côte d?Ivoire, veut voir le monde. Et Stéphanie n?est pas non plus quelqu?une de statique? En procédant par l?élimination des pays anglophones, ils décident de venir tenter leur chance à Maurice, où le bilinguisme est pratiqué et surtout où il n?y a à l?époque qu?un seul chiropracteur qualifié. Aussitôt dit, aussitôt fait. Ou presque.
Mesurer l?ampleur du tourisme local
Avant de la laisser partir, la directrice de Sélectour l?envoie assister au Salon du tourisme Top Resa à Deauville, histoire de lui faire prendre connaissance de la diversité de l?offre hôtelière. Ce qui la frappe surtout au cours de cette manifestation, c?est de voir l?entente entre les différents acteurs de l?industrie locale. «C?est là que j?ai pris la pleine mesure de l?ampleur du tourisme à Maurice et j?ai été impressionnée par l?énergie déployée par les opérateurs mauriciens pour promouvoir la destination. L?esprit de concurrence est totalement absent. J?ai trouvé cela extraordinaire.»
Lorsqu?elle et celui qu?elle épousera un an plus tard, déposent leurs bagages à Maurice, elle réclame et obtient deux entretiens avec des hôteliers, rien que pour une prise de contact. Son objectif est d?être un jour sales and marketing manager mais elle veut faire du marketing sur le marché local et pas dans un bureau de représentation à l?étranger. Au cours d?un de ces entretiens informels avec Vanessa Béchard, la sales and marketing manager d?alors au Labourdonnais Waterfront Hotel, elle se rend compte que 80 % des efforts marketing de cet établissement se font localement et que cela cadre avec ses aspirations. Et lorsque Vanessa Béchard lui propose un emploi de commerciale, bien que cette responsabilité ne représente qu?une partie de ce qu?elle souhaite faire, Stéphanie accepte, histoire d?avoir un pied dans la boîte et de mieux maîtriser le produit hôtelier.
Sa responsabilité consiste à tisser des relations avec les entreprises de secteurs d?activités spécifiques dont les représentants étrangers sont appelés à séjourner à Maurice. Les secteurs d?activités qui lui sont dévolus sont le textile, la communication, les finances et la diplomatie. Et là au contact de ses vis-à-vis, elle déploie son aisance à communiquer pour leur faire comprendre que le Labourdonnais Waterfront est un hôtel d?affaires hors du commun. Car en sus d?offrir des facilités aux normes internationales et un service de qualité, dont la connexion Internet dans toutes les chambres et un room service 24 heures sur 24, il est situé en plein c?ur de la capitale là où quasiment toutes les affaires se font.
Les responsabilités de Stéphanie s?accroissent au fur et à mesure. Elle se met aussi à épauler Vanessa Béchard, notamment pour l?organisation des promotions culinaires, pour celle du happy hour, le vendredi soir, et pour la rédaction de dossiers de presse. «Vanessa déléguait et moi, je grignotais progressivement avec plaisir.» Lorsque la sales and marketing manager est appelée à se concentrer sur l?ouverture de l?hôtel Telfair à Bel-Ombre, Stéphanie est investie de plus lourdes responsabilités telles que le marketing, la communication et l?événementiel.
Et quand Le Suffren, deuxième hôtel d?affaires de la capitale appartenant au groupe Indigo, s?apprête à ouvrir ses portes, Stéphanie est partie prenante dans le marketing de ce nouveau produit. Elle dit d?ailleurs devoir beaucoup à Rolph Schmid, actuel directeur général des deux hôtels, qui a une «solide connaissance du monde de l?hôtellerie» et qui lui a transmis tout ce qu?elle sait sur le sujet. «Ce n?est pas un professionnel jaloux de ses connaissances. Au contraire, il les diffuse et est extrêmement créatif. Ce qui nous motive et nous incite à nous dépasser.»
Cela fait deux ans qu?elle a été nommée sales manager des deux établissements et travaille en parfaite collaboration avec son équipe. «Nous sommes dix managers et avec le directeur général, nous nous concertons en permanence. Cet esprit d?équipe est fantastique.» Stéphanie et l?équipe dirigeante n?ont pas craint que Le Suffren concurrence le Labourdonnais Waterfront Hotel. «Le tout a été de briefer convenablement les prescripteurs pour qu?ils soient conscients des différences entre nos deux hôtels d?affaires. Aujourd?hui, il est clair pour eux que le Labourdonnais Waterfront Hôtel est davantage pour les directeurs d?entreprises et Le Suffren pour les cadres du middle management.»
Elle est ravie du fait que plus de 30 % des clients du Labourdonnais Waterfront Hotel soient des réguliers. Ces derniers sont d?ailleurs traités avec égards. Les petites attentions vont des draps brodés à leurs initiales aux cartes de visite personnalisées pour ceux logeant dans la suite présidentielle.
Une partie de l?emploi du temps de Stéphanie est consacrée à l?événementiel dans ces deux hôtels. La manifestation qui prend énormément d?ampleur ces derniers temps au Suffren, est le happy hour du vendredi soir qui mobilise entre 600 à 800 professionnels. L?an dernier, Stéphanie et l?équipe de direction ont lancé le Festival de la bière et ont organisé le déplacement d?une formation musicale bavaroise pour l?occasion. Soirée qui a été couronnée de succès. Certaines entreprises profitent aussi du beau cadre du Suffren pour lancer officiellement leurs produits.
Stéphanie est si accaparée par son travail que les journées semblent s?envoler. Mais elle sait faire la part des choses entre sa vie familiale et ses exigences professionnelles.
Elle ne craint pas d?être prise dans la routine. «L?économie de Maurice évolue tant, indirectement nous en sortons gagnants. Par exemple, nous profitons de l?ouverture des call centres, de l?externalisation en général, des développements du seafood hub, pour ne citer que ceux-là. Nous devons nous réinventer en permanence. Et c?est motivant. D?un point de vue personnel, mon objectif était d?être sales and marketing manager et j?y suis parvenue en moins de temps que prévu. Je suis donc comblée.»
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