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Miss Bernadette, notre Mère Teresa

21 décembre 2006, 20:00

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Qui a dit que le Père Noël et la Mère Noël n?existaient pas ? Nous les croisons tous les jours sans nous en rendre compte.

Les parents et les enfants de Cité-La-Ferme et de Camp-La-Paille à Bambous ont déjà leur Mère Noël qui veille sur eux depuis plus de 30 ans. Qui ne connaît pas Bernadette Camouin dans cette région ? Tout le monde vous dira que c?est Miss, celle qui gère une école maternelle à Camp-La-Paille. Et c?est toujours vers elle que les plus démunis se tournent pour chercher conseil ou avoir une aide. Elle répond toujours à leur appel.

Miss Camouin a tout abandonné pour mettre sa vie au service de pauvres. Et elle le fait depuis l?âge de 18 ans quand elle s?est engagée avec les religieuses de Bon Secours. Elle a tout fait pendant sa vie religieuse. Elle s?est occupée tantôt des lépreux, tantôt des pensionnaires des couvents et des enfants des crèches.

Mais elle sentait qu?ailleurs des personnes avaient besoin d?elle : les pauvres. Elle s?est mise alors à prier. L?envie d?aller vers les autres était plus forte.

La religieuse a confié son désir aux prêtres qui l?encadraient et à la Mère supérieure. Elle avait trouvé sa voie... Mais d?autres religieux, pensant qu?elle allait commettre une bêtise, lui demandent de réfléchir. Même la Mère Générale lui demande, par écrit, qu?elle réfléchisse.

Mais le souhait de servir les pauvres est plus fort. Elle trouve quand même un compromis. La jeune religieuse quitte la congrégation pour partir à la paroisse de St-Sauveur où le Père Ah-Kong cherche à fonder un foyer avec des laïcs. Elle accepte cette proposition, croyant qu?elle n?y restera que temporairement. L?ancienne religieuse vit dans une minuscule salle.

Nous sommes alors en octobre 1973. Le groupe de laïcs fonde alors le Collège Technique St-Sauveur pour aider les jeunes de la région terminant le CPE. Il se trouvait alors à Petite-Rivière.

Elle se promène dans le village, les après-midi, pour découvrir Camp-La-Paille et Cité-La-Ferme, deux quartiers défavorisés de Bambous. Bernadette Camouin commence ainsi son ?uvre envers les pauvres de ces deux bidonvilles. Elle fait, en même temps, la connaissance du couple Sournas à Flic-en-Flac dont un fils est handicapé. Cette famille l?héberge toujours.

Un personnage incontournable

Peu à peu Bernadette Camouin devient un personnage incontournable dans la vie de beaucoup de personnes. Tout le monde la sollicite. Elle quitte définitivement le Foyer de St-Sauveur pour se consacrer uniquement aux pauvres de ces deux quartiers. Les habitants ne veulent pas qu?ils partent ailleurs.

Elle fonde ainsi le Centre de l?Amitié à Camp-La-Paille et ouvre une école maternelle en 1987 dans une baïtka bâtie avec des feuilles de tôle rouillées. Elle utilise des sacs de jute en guise de portes. Et puis, les mécènes vont passer à l?école et maintenant, 20 ans, plus tard, elle en béton. Il y a même une crèche. Les parents ne paient qu?une somme dérisoire. Il n?est pas question de faire du business. Il y a aussi ceux qui ne paient pas, faute de moyens.

Les ?uvres de Miss Bernadette ne s?arrêtent pas là. Annema Martine qui la côtoie depuis 7 ans s?étonne de son courage. ?Il n?y a pas beaucoup de personnes comme elle. Elle quitte sa maison à 7 heures pour y retourner vers 18 heures?.

Elle accompagne des analphabètes pour des démarches administratives. Elle accompagne même des personnes en cour pour dettes non payées. C?est une façon de les encourager. Quelqu?un de la Cité-La-Ferme se rappelle que quand sa maison avait pris feu, Miss Camouin avait acheté de feuilles de tôle pour lui. ?Elle était intervenue auprès d?un grand fournisseur pour avoir des feuilles de tôle à crédit et c?est elle qui a réglé la note?, dit-on à la Cité-La-Ferme.

Du côté du Trust fund for the integration of the vulnerable groups, on salue le travail abattu par Miss Camouin. Elle réfère beaucoup de nécessiteux à cet organisme.

Beaucoup d?eau a coulé sous le pont. Mais la soif d?aider les pauvres demeure la même. Elle puise son énergie, dit-elle, dans sa foi.

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