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« Il faut que Maurice réagisse vite »

9 décembre 2006, 20:00

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<B>Quelle est votre appréciation du marché régional africain et surtout à Maurice ? </B>

Nous sommes implantés dans 31 pays d?Afrique, y compris Maurice. Notre investissement se fait, quant à lui, sur le long terme. CFAO est concentré sur quatre secteurs différents : l?automobile, la pharmaceutique ? pour laquelle nous n?avons aucune activité jusqu?à présent à Maurice, mais je pense qu?il pourrait y en avoir dans le futur ?, des activités industrielles et un créneau dans les techno-logies. Nous représentons IBM dans quatorze pays d?Afrique. Donc nous couvrons quatre secteurs, dont deux très importants, à savoir, l?automobile et la pharmaceutique.

Je rappelle aussi qu?en dehors d?Inter-national Motors Company Limited (IMC), nous avons d?autres activités. D?abord, une centrale d?achat international, qui emploie 30 personnes et génère environ 4 millions d?euros de volume d?affaires.

Enfin, au niveau du groupe PPR, notre société s?ur, on est un des plus grands acheteurs de textile de Maurice, avec

La Redoute qui est très présente ici. Je sais que tout ne va pas forcément pour le mieux du point de vue économique, mais nous agissons sur le long terme, donc on passe par des hauts et des bas et on continue à investir.

<B>Et au niveau d?IMC ? </B>

Je suis à Maurice dans le cadre de l?inauguration de la nouvelle concession d?IMC, et d?une rencontre avec notre partenaire, Hyundai. On a créé, avec un architecte professionnel, un des plus attractifs show-rooms automobiles. Je pense qu?il va être l?un, sinon le plus beau, de toute l?île. Je viens aussi en tant que président pour réaffirmer notre présence et notre investissement à long terme ici.

<B>Comment voyez-vous l?avenir économique des pays insulaires comme Maurice ?

Vous vous devez d?investir énormément sur la formation des hommes, la principale ressource du pays en dehors du soleil et de la mer. De plus, vous avez l?avantage d?être bilingues, et c?est important. Nous savons par expérience que le niveau de formation des gens à Maurice est tout à fait satisfaisant. Il faut donc continuer à investir dans la matière grise et développer des activités de services.

Maurice a des atouts, mais elle est quand même éloignée des grands marchés mondiaux et des zones dans lesquelles les compagnies veulent venir s?implanter, faire des activités de service et rentabiliser les opérations internationales. En outre, la menace de la Chine sur certains secteurs qui ont fait la richesse de votre pays est telle que cela va poser, à terme, un vrai problème de survie à certaines industries.

Maurice et d?autres pays d?Afrique ont donc tout intérêt à ouvrir complètement leur marché intérieur, de façon à donner un avantage concurrentiel à toute activité de manufacturing aux clients potentiels, avant que les Chinois ou les Indiens ne s?installent. Il ne faut pas oublier qu?il y a 850 millions de consommateurs en Afrique. Je crois que c?est un vrai sujet politique et il faut réagir relativement vite, parce que les Chinois avancent à grandes enjambées.

<B> Propos recueillis par Amrish Bucktowarsing</B>

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