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Le volontariat dans la peau
DE L?ESPOIR POUR LES PAUVRES AVEC YOUSOUF DAUHOO
Le leitmotiv dans la vie de Yousouf Dauhoo est de « toujours militer pour la justice. » Et sa philosophie de vie se fonde sur « le meilleur parmi les hommes est celui qui est le plus utile aux hommes ». Chaque jour de sa vie, Yousouf ne démord pas de cette vision.
Après s?être battu durant des années en tant que syndicaliste, il décide de créer SOS Pauvreté en 1998 avec un groupe de volontaires expérimentés. C?est une nouvelle manière pour lui de travailler contre l?injustice. Leur but était celui de former des jeunes qui deviendraient, par la suite, des leaders dans le domaine du travail social. Yousouf Dauhoo a donc choisi de se tourner vers la formation en leadership puisque pour lui « plus la société se développe, plus il y a de gros problèmes. J?ai constaté qu?il faut avoir plus de leaders formés avec des valeurs universelles pour attaquer les problèmes sociaux. » Plus de 600 jeunes ont ainsi été formés à SOS Pauvreté.
Mais Yousouf ne se limite pas à la formation. Aujourd?hui, à la Maison de l?Espoir, à Vallée-Pitot, son équipe et lui s?activent à insuffler une lueur d?espoir dans la vie des gens de la localité. À sa manière, Yousouf combat l?injustice en donnant les armes de l?éducation et de la formation aux touts petits et aux adultes qui vivent dans une extrême pauvreté. Le programme de SOS Pauvreté mise sur deux dimensions qui sont l?éducation et l?aspect économique. Repas, matériels scolaires et uniformes sont offerts à l?école pré-primaire Les Abeilles, un centre prévocationnel pour les enfants qui ont échoué aux examens du CPE a été créé, et à l?École de confection les femmes reçoivent des cours en pâtisserie et en couture. Des cours en informatique sont également dispensés aux jeunes. « L?emphase est mise sur les femmes et les enfants puisqu?ils sont les plus affectés par la pauvreté. » À ce jour, ce sont plus de 100 enfants qui bénéficient des services de SOS Pauvreté.
Yousouf Dauhoo est conscient que c?est un programme qui demande de la patience et beaucoup de temps. « Je veux construire une communauté à travers les enfants. Peut-être que je ne serai même pas là pour en voir les résultats, car ils ne seront visibles que lorsque ces derniers auront grandi. »
De toute son énergie, Yousouf se bat chaque jour pour aider Vallée-Pitot, la région la plus pauvre de Port-Louis, à s?en sortir. « Le volontariat est ma manière de vivre ma spiritualité. En travaillant avec les pauvres, j?apprends énormément, cela rend plus humble. Et c?est une satisfaction personnelle de voir que l?on est capable d?aider quelqu?un. J?encourage tous les jeunes à s?investir dans le volontariat pour le bien de la communauté et le leur. »
VÉRONIQUE MARS DANS LE JARDIN D?ENFANTS
« J?apprends beaucoup de ces enfants. Mon rôle n?est pas celui de remplacer leur mère, mais beaucoup n?ont pas eu la chance de recevoir l?affection maternelle et j?arrive à leur procurer un peu de cette attention. » La récompense de Véronique Mars, c?est de voir jouer, apprendre et grandir les enfants de Batterie-Cassée au lieu de les voir errer dans les rues.
Lorsqu?elle a débuté il y a dix ans, il n?y avait que sept enfants et aujourd?hui, ce sont près de 90 enfants que Véronique accompagne. Ils se donnent rendez-vous tous les vendredis près de la grotte de la localité ou dans le petit jardin pour discuter, partager et bien-sûr s?amuser. Et ce n?est pas tout ! Véronique et sa ribambelle de petits chérubins sillonnent l?île de temps à autre pour des sorties éducatives.
Le volontariat dans la vie de Véronique ne date pas d?hier. À l?âge de 14 ans déjà, elle s?est rapprochée des toxicomanes pour les aider, les conseiller ou simplement les écouter. « J?ai beaucoup appris d?eux, ils m?ont montré comment me faire respecter. Et c?est grâce à eux que j?arrive à travailler sur le terrain aujourd?hui. » Elle avoue que donner de son temps n?est pas toujours facile. « Mais j?ai de la patience et j?aime être à l?écoute. Et surtout, il faut le faire avec amour. » Mais pour elle, le volontariat ne peut pas se faire au petit bonheur. « J?ai suivi un cours, il y a quelques années, pour apprendre comment aider les enfants. Et un autre au Zimbabwe sur les droits des enfants qui m?a beaucoup servi dans mon engagement. »
MARIE-NOELLE LAGESSE À L?ÉCOUTE DES CANCÉREUX
Une coupe à la garçonne, des yeux pétillants, le sourire facile? Marie-Noëlle Lagesse respire le dynamisme. Elle semble remplie d?une joie de vivre quasi contagieuse, et à son contact, on a également envie de parler, de rire, d?être simplement là à discuter, de se laisser emporter par la chance de respirer, d?être en vie. Lorsqu?elle se met à parler de son activité au sein de l?association Link to Life, Marie-Noëlle Lagesse est intarissable. « Depuis que je suis volontaire chez Link to Life, j?ai l?impression de vivre pour la deuxième fois. » Une vie qui est désormais ponctuée de visites à l?hôpital et de rencontres au centre de Link to Life, à Vacoas.
Sans retenue, avec une générosité du c?ur débordante, elle offre son soutien à ceux qui souffrent du cancer. « Quelquefois, je ne fais rien d?autre que de les écouter et ils me disent merci. Ils se sentent aimés. » Une oreille attentive, de l?empathie? Cela peut accomplir des merveilles dans la vie de ceux qui souffrent de cette maladie, des conséquences de la chimiothérapie ou encore du regard de ceux qui ne comprennent pas. Marie-Noëlle, ainsi que les autres membres de l?association, offrent une épaule pour pleurer, pour se confier. « Il y a des gens qui me disent qu?ils n?ont jamais partagé ce qu?ils me confient, même pas avec leurs familles. Il y a un manque de soutien psychologique pour les cancéreux à Maurice. »
Et Marie-Noëlle Lagesse en sait quelque chose. Elle a, elle-même, été atteinte du cancer du sein en 2003. Une nouvelle qui a été vécue comme un choc non seulement pour elle, mais également pour sa famille.
Ses enfants n?arrivaient pas toujours à accepter de voir l?état de leur mère se détériorer jour après jour. « Quand j?ai commencé à perdre mes cheveux à cause de la chimio, l?un de mes enfants m?a dit qu?il en avait honte. »
Une telle attitude ne l?a pas blessée, bien au contraire. « Je les ai encouragés à tout me dire, il fallait que tout sorte. »
Marie-Noëlle essaie désormais d?encourager la même attitude chez les patients qu?elle rencontre. La maladie est suffisamment lourde à porter ; ils n?ont pas à se charger du poids de la culpabilité et de la honte. « Certains ne savent pas ce qu?est réellement le cancer. Je leur fais comprendre que ce n?est pas de leur faute. Il ne faut pas qu?ils se sentent amoindris. »
Voilà un combat que Marie-Noëlle continue à mener de front, jour après jour, en compagnie des autres membres de l?association. Et ce n?est pas le seul, puisqu?elle n?est, elle-même, pas encore totalement guérie. Mais cette battante au c?ur d?or qui se donne à fond, se sent riche de l?expérience qu?elle gagne, du sourire qu?elle arrive à dessiner sur les lèvres de ceux atteints du cancer.
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