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Anna Mercier,la danse à fleur de peau
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Anna Mercier,la danse à fleur de peau
Ses pas se suivent, mais ne se ressemblent pas. Portée par la musique autant que par la passion, elle enchaîne les mouvements d?un naturel déconcertant. Anna Mercier est professeur de danse, mais pas n?importe laquelle. Son dada à elle, c?est la danse du ventre. Un art ancestral originaire du Moyen-Orient et des pays arabes qui est dansé à la gloire de la femme.
Sur les voix suaves d?Ishtar et de Sting en duo avec Cheb Mami chantant respectivement Alabina et Desert Rose version remixée, les rythmes ondulent les hanches, animent le corps de grâce et de volupté comme une prière aux déesses de la beauté. Tout est expression de sensualité et de féminité. Une ode à la vie et à la fertilité qui trouverait son origine dans les rites religieux des anciennes civilisations arabes. La danse du ventre est d?une puissance telle qu?on en sort envoûté.
Envoûtée, Anna l?est aussi. Pourtant, elle a commencé la danse du ventre assez tard. Jeune, elle esquisse des pas de danse dans des disciplines diverses. Mais c?est un clic sur Internet qui l?amènera à connaître le coup de foudre. Mais pourquoi avoir choisi de se consacrer à la danse du ventre ? « À Maurice, il y a plusieurs danses. Notre culture est à l?image de notre drapeau quadricolore. Il ne manquait que la danse du ventre pour compléter le tout », dit-elle. Un manque qu?elle comble maintenant en mettant son savoir à la disposition des Mauriciennes voulant découvrir cette danse exotique.
Et pour acquérir le savoir, Anna ne lésine pas sur les moyens. Au pays des maharadjahs comme dans celui des pharaons, elle ne recherchera pas la spiritualité mais la sensualité. Elle se rend à trois reprises en Inde ainsi qu?en Égypte pour des stages de quinze jours. À Delhi, elle s?initie à un mélange de danses arabes, égyptiennes et indiennes à la Yatra School of Belly Dancing sous la houlette de Soobah Devi. Puis, à Alexandrie pour apprendre les rudiments de la danse orientale égyptienne avec le professeur Mehtooba.
À son retour, Anna participe à un spectacle et se voit approcher par un journaliste pour un article. C?est comme cela que sa vie prendra une tout autre tournure. Elle qui n?y pensait pas, voit danser devant elle les courbes d?une nouvelle carrière. Celle d?être professeur et de transmettre sa passion aux autres. Elle ouvre en avril 2006 son école de danse, Anna Academy of Belly Dancing, en plein c?ur de Port-Louis.
Chez elle, hors de question de jeter des coups d??il rapides et discrets à sa montre toutes les cinq minutes. Le temps se fige, danser c?est se donner le temps ; laissant de côté préoccupations habituelles et humeurs du jour. On se laisse prendre au jeu, porté par la musique enivrante et on se regarde bouger dans le miroir.
Et ce n?est pas Anna qui nous contredira. « J?enseigne comme je l?ai appris en Inde et en Égypte. À Maurice, j?ai remarqué que les profs de danse pensent avant tout à l?argent. Ils vous consacrent seulement une heure par semaine. J?essaie de faire un maximum de deux heures hebdomadaires par cours avec 30 minutes d?échauffement et de mouvement de base pour ensuite passer à la danse », explique-t-elle.
« Elle m?aide à garder mon équilibre »
Anna a aujourd?hui 157 élèves âgés entre 5 et 52 ans. Des étudiantes comme des femmes actives professionnelles et des danseuses d?hôtel qui trouvent le temps de s?exercer en pleine journée. « Je prends mon temps avec mes élèves.
En six mois, elles ont beaucoup progressé. Lors d?un spectacle dont j?ai fait la chorégraphie, je les ai même trouvées à mon niveau. La danse du ventre est comme un dictionnaire où l?on trouve beaucoup de mouvements par soi-même », confie Anna.
Ses pieds prennent la mesure tandis que ses bras s?élancent et que ses doigts dessinent des formes de chaque côté. « ça, c?est le mouvement souplesse », nous dit-elle. Quelques déhanchements et des secousses frénétiques plus tard, la voilà qui se trémousse et qui fait presque un grand écart. Le fameux mouvement chameau y ressemble étrangement. Bâton, voile, ceinture ornée de pièces retentissantes sur la taille, tout y est pour bien danser, y compris la vibration de la hanche aussi connue comme shimmy. Et la chimie a lieu. « La danse du ventre est très bénéfique pour les filles et c?est un bon exercice. Elle vous garde en forme et donne une jolie taille aux jeunes filles. Elle les aide aussi à garder un bon équilibre. En plus, cette danse aide à maigrir, car quand j?ai commencé je pesais 72 kg et maintenant, je suis à 55 kg », affirme-t-elle.
À toutes les mauvaises langues qui affirment que la danse du ventre est obscène, Anna rétorque : « Il faut dire cela pour l?aérobic aussi alors? Il n?y a rien de dérangeant avec la danse du ventre. Au contraire, elle est douce et fait honneur à la femme, car elle met en avant ses atouts. »
Mère de trois enfants, Anna n?a rien changé à ses habitudes. « La danse du ventre m?aide à garder mon équilibre. Je me sens rajeunie et surtout plus femme. Elle me fait prendre goût à la vie », affirme-t-elle. Sa vie professionnelle accomplie, Anna vit en femme épanouie. « J?ai des demandes pour faire des spectacles dans les hôtels et même dans des mariages et je donne des cours sept fois par semaine à Port-Louis et à Péreybère où j?habite », nous dit-elle.
Malgré son succès, Anna n?oublie pas pour autant les autres, le social l?intéresse. « J?aimerais aider les enfants en difficulté. D?ailleurs, je vais bientôt organiser un spectacle pour ramasser des fonds pour Dimitri, un garçon qui a été gravement brûlé. J?ai été touchée par son histoire et j?aimerais beaucoup l?aider pour son opération. » Une vie pour en aider une autre pour qu?opère la magie. Magie envoûtante de la danse du ventre qui ressemble à la vie. Tel le proverbe égyptien : « La vie est comme une danseuse de rue, elle ne danse qu?un instant pour chacun. »
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