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Allons nous promener dans les bois

9 décembre 2006, 00:00

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Dan boi ki ena diboi. Et si vous avez du nez, ce ne sera plus qu?une expression en créole pleine de gouaille. Comme d?autres s?exercent à reconnaître l?arôme des cépages, c?est l?essence du bois qui chatouille nos sens.

Un bouchon à faire sauter et voilà les effluves chaudes et parfumées qui ne demandent qu?à se dévoiler. Comme un jeu. Imaginez des flûtes géantes en bambous dans lesquelles il ne faudrait plus souffler mais plutôt inspirer.

Remplir ses poumons d?essence. Bois de rose, cèdre, cyprès cirant notre mémoire. Faisant briller nos yeux sous l?action des devinettes. Meublant notre imaginaire d?images de mobiliers cossus, d?intérieurs confortables. D?établis où le bois poli appelle la caresse de la main. Comme cette imposante table posée au centre de la première salle du musée, dont la particularité est d?avoir été taillée d?une seule pièce.

Dan boi ki ena diboi. Pas qu?une gouailleuse expression en créole. Mais bien un état d?esprit. Celui qui baigne les hauteurs de Chamarel. à l?angle de la route en lacets menant au restaurant Varangue sur Morne. C?est là que nous avons touché du bois. Conjuré le mauvais sort. Et profité de la chance de visiter un musée nouveau-né.

Un lieu tout entier dédié au bois, aux outils et à la pensée ouvrière. Sanctuaire de la matière végétale et des objets qu?elle inspire. Le tout créé par le promoteur José Hitié. Nouvel arrivant du village touristique C?ur bois ( qui a déjà ses Chalets en Champagne et le restaurant Varangue sur Morne).

Un hommage à des savoir-faire

Au plafond des guirlandes de sciure. Toute une collection de morceaux de bois pendant au-dessus de nos têtes telles des stalactites. C?est la salle de l?initiation aux essences. Salle d?éveil, salle d?exposition aussi. Des ?uvres d?artistes confirmés et de jeunes plasticiens sont disposées partout. à l?entrée à l?extérieur : une sculpture, façon trépied signée Edwin Marie, celui qui donne des formes humaines au bois dans le périmètre du Caudan. à l?intérieur, Danièle Hitié, Nalini Treebhohun, Gérard Foy et Véronique Christine occupent l?espace.

Deuxième salle, les choses «sérieuses». La charpente selon Ton Luc, les outils de la menuiserie, la panoplie d?un tonnelier. Quand l?atelier se transporte au musée, cela donne un assortiment impressionnant de marteaux, de scies, d?objets spécialisés de toutes dimensions. Pourquoi mettre un marteau et une scie dans un musée diraient certains ? Sont-ils en voie de disparition.

Plus qu?un souci de préservation, nous y voyons surtout l?hommage à des savoir-faire. à des métiers auxquels on nie parfois leurs lettres de noblesse. Des connaissances acquises après des années de labeur. Au prix de doigts écrasés, de cals aux mains et d?un apprentissage assidu. Placer le charpentier, le menuisier dans un musée ? pour peu que le promoteur sache en faire un lieu vivant et pas un espace figé comme les figurines sous verre, au demeurant mignonnes qui agrémentent le musée ? c?est valoriser des métiers. Des «manuels» dont l?ouvrage est parfois plus connu, plus admiré que tous les efforts qu?ils ont pu faire pour le réaliser.

Témoin : le château du Réduit. Débordant hors du cadre de son musée, José Hitié a gratifié les visiteurs d?un film sur la rénovation de la State House. Au-delà des images qui le montrent côtoyant le couple présidentiel, retenons l?effort de ces ouvriers anonymes qui ont contribué à faire retrouver sa splendeur au château. Tous ses noms que l?Histoire n?a pas retenus mais dont le savoir-faire a entrepris de revigorer la charpente de l?histoire.

Dan boi ki ena diboi. Avez-vous déjà essayé de faire le compte de tous les objets que l?on peut fabriquer avec du bois. De tous les usages, de toutes les manières d?apprêter le bois. Fier de l?avoir fait sans muséologue et sans paysagiste, le promoteur de Touché du bois a fait les comptes. Instruments de musique ? miniatures et grandeur nature, écorces nécessaires à la guérison des plaies et bosses du quotidien, mobiliers, équipements sportifs (raquettes de tennis de table ou de badminton, entre autres). L?inventaire pas exhaustif est en tout cas le prétexte rêvé pour aller se promener dans les bois.

TOUR DU MUSEE : INFOS PRATIQUES

Les tarifs se veulent accessibles. Ils couvrent uniquement la visite du musée du bois, des outils et de la pensée ouvrière. Le repas au restaurant Varangue sur Morne n?est pas inclus. Rs 100 pour les enfants et les personnes du troisième âge qui viennent en groupe. Rs 250 pour les adultes.

Le tarif famille comprenant deux adultes et deux enfants est à Rs 500.

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