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Conversion de la dette, une des clés pour la relance

6 décembre 2006, 00:00

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Face à la menace persistance d?une crise socio-économique ? conséquence de l?érosion des préférences commerciales liée aux récentes réformes du régime sucre, imposées par l?Union européenne (UE), du démantèlement de l?Accord multifibre de 1974 et des coûts toujours trop élevés du pétrole ? Maurice se devait de réagir pour la survie de son économie.

Avec 60 % du produit national brut Maurice est déjà trop endetté. Le budget 2006-2007 imaginé par Rama Sithanen, vice-Premier ministre et ministre des Finances, va dans le sens d?une réduction sensible de ce pourcentage. Il engage certaines réformes sur le plan économique et s?inscrit dans cette volonté politique de démontrer que la République de Maurice est désormais déterminée à s?intégrer davantage dans l?économie globale.

Après sa récente tournée dans certaines capitales du Vieux continent, Rama Sithanen est convaincu que son budget et sa vision de l?avenir ont été bien reçus par ses partenaires internationaux, et notamment ceux de l?EU. ?Nous avons pu démontrer notre volonté de réformer pour sortir d?un modèle de développement basé sur une politique des préférences pour nous engager dans une économie globalement compétitive?, précise le ministre des Finances.

Certes, le grand argentier rentre de mission avec dans ses bagages plein de promesses en termes d?investissements étrangers. Cependant, au-delà de quelques projets concrets, notamment celui du groupe danois Greenoak Holdings dans le secteur de l?immobilier pour un total de 400 millions de dollars, Rama Sithanen a eu également la possibilité de parler du déficit fiscal toujours trop élevé et de la dette publique estimée à Rs 125 milliards, dont environ Rs 27 milliards de dette extérieure !

<B>Augmenter le bien-être du peuple </B>

Au Luxembourg, lors d?un entretien privé, il a été question d?une éventuelle conversion d?une partie de cette dette extérieure en la transformant en investissements. Plus précisément, Rama Sithanen a discuté de la possibilité de réduire cette dette auprès de certains créditeurs étrangers par le biais d?un mécanisme subtil ? le ?Debt Equity Swap? adapté aux réalités mauriciennes ? qui encouragerait et augmenterait l?investissement étranger à Maurice.

Selon Werner Horvath, ?managing director? de MBA Investment Management SA, société basée à Genève, en Suisse, un tel programme donnerait non seulement plus de crédibilité à Maurice au sein de la communauté financière internationale, mais il établirait surtout toutes les conditions d?un environnement favorable à la venue d?investisseurs potentiels.

?Si vous comparez les différents systèmes aptes à réduire la dette souveraine de Maurice envers les créditeurs étrangers, il en ressort que le système que nous proposons est le seul à créer des emplois, à amener et à encourager des investissements, donc à augmenter le bien-être de la population, et réduire la pauvreté résiduelle tout en assurant un progrès durable?, insiste Werner Horvath.

Par ailleurs, lors de ces discussions privées au Luxembourg, il nous est apparu que Werner Horvath et le ministre Sithanen sont tombés d?accord pour dire que l?implantation des sociétés étrangères ? avec son lot de transferts de savoir-faire, son augmentation probable de recettes, au niveau des impôts et des taxes, sans oublier à terme une augmentation des revenus en devises ? ne pouvait qu?être bénéfique à la bonne relance de l?économie mauricienne.

À ce niveau, Werner Horvath, comme Rama Sithanen, est d?accord pour dire que les possibilités de Maurice de gagner le pari du futur sont multiples : notamment dans les secteurs d?avenir, tel que celui du tertiaire (banques, services financiers comme des fiduciaires ou le ?trade finance?, transports y compris transit), mais aussi celui, plus traditionnel, de l?agriculture, avec ce nouvel accent placé sur les potentiels de l?industrie de la canne, sans oublier, d?une part, une production plus développée des produits de base, comme la pomme de terre, et puis, toutes les diversifications annoncées dans le tourisme.

Il existe certes plusieurs problèmes, notamment techniques, qui seront surmontés par le gouvernement, avec la contribution de certains organismes comme le Board of Investment et la Banque de Maurice. C?est la volonté de l?État, notamment des ministres qui le représentent, qui déterminera si un tel programme ? sans doute bénéfique ? pourra être mis en place, et ainsi réaliser le progrès souhaité.

Le pays peut et doit s?imposer comme ?tête de pont commercial et financier? dans cette partie du monde, et dès lors servir les pays africains tout en étant des partenaires décisifs des grandes nations de ce monde. À aucun moment, il ne faut perdre de vue que Maurice est en compétition avec d?autres pays émergents, souvent mieux lotis au niveau des richesses de leur sous-sol.

La stabilité de Maurice ? et le fait qu?il a toujours pu et su gérer ses finances ? fait que le pays s?inscrit désormais comme exemple à d?autres pays de la région. Dans la même foulée les autorités gouvernementales se donnent les moyens nécessaires pour convaincre les investisseurs et les bailleurs de fonds de miser sur le développement de l?île.

<B>Jacques-Désiré Courtiade</B>

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