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Guillaume Gouges, une empreinte dans le sable
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Guillaume Gouges, une empreinte dans le sable
Nous en rêvons. Guillaume Gouges l?a fait. écrire. Bien sûr, il le fait tous les jours. Informer est une sacro sainte mission. Mais rien à voir. Et si on échappait au sablier sans cesse ballotté d?un quotidien ? Qu?un grain de sable coincé entre un reportage et une vérité se métamorphosait en perle. De bonne eau.
Limpide comme Les marchands de sable, le premier roman de notre collègue de l?express-dimanche, Guillaume Gouges. Paru à compte d?auteur. Il nous en a parlé en mots et demi. Et puis, le grain des pages a vite filé entre nos doigts. Trop vite. Compliment pour le style qui a visiblement (ou est-ce naturellement ?) choisi l?accessibilité. Pression aussi pour lui dire : ?à quand le deuxième ?? L?heure tourne. Fixe-toi un temps limite. Et fait sauter les lignes.
Devenir un Dieu de la page
Celles qui de toute façon n?existent pas dans nos carnets. Car c?est un journaliste qui raconte. Se raconte.
Libre cette fois de mélanger faits et opinions. Le journaliste devient dieu de la page. Se lance à l?assaut des plages. Celles dépouillées par les extracteurs de sable. Ces 1 500 familles frappées par l?interdiction d?extraire du sable corallien de nos lagons, depuis le 1er octobre 2001.
L?auteur colle à l?actualité. Ces sujets qui, plus que des lignes à rendre, ont forgé son regard sur le monde. Sa sensibilité. Ses positionnements (politiques).
La vallée de Ferney, l?épave (celle de Le coureur ?) découverte au large de Pointe-aux-feuilles ont retenu son attention. Au point de pousser Guillaume Gouges à les redire, à en faire une vraie fiction. Celle de la ?vie derrière la carte postale. Une vie des plus ordinaires?. A l?image de ses personnages. Hommes et femmes du quotidien. Rendus uniques par le malheur. à peine esquissés. Là un parfum. Là une fillette en robe rose qui s?essuie les yeux. Comme un trajet.
Les marchands de sable, c?est commencer à compter les grains de sable d?une plage. Plus on en lit les pages, plus il y a des sillons qui se creusent, des allées à explorer. Celle de la scène d?amour est des plus touchantes. Séphora et Bibi. Fusion du elle et du lui. Juste pour un soir. Mais racontée avec lenteur et précision. Racontée avec pudeur et un brin de dérision. Dire assez sans en dire trop. Guillaume, c?est beau.
EXTRAIT
Les marchands de sable
■ Le journaliste, qui écoutait attentivement les observations des autres plongeurs, consignait le tout dans son carnet de note.
Si au moins les politiciens déployaient autant d?efforts pour protéger notre patrimoine que pour foutre une autoroute de merde à travers une forêt, on aurait les moyens qu?il faut pour mener à bien notre travail, rétorqua Hans, visiblement irrité par cet état de choses. La forêt, Dave le savait, était celle de Ferney. Le gouvernement avait décidé d?aller de l?avant avec un projet d?autoroute sujet à de nombreuses controverses. La construction de cette nouvelle autoroute ? comme s?il n?y en avait pas assez ? nécessitait la destruction d?une partie de la forêt, composée de certaines espèces endémiques et d?un écosystème particulièrement fragile. Un groupe de jeunes, opposé au projet, avait mis sur pied, Nature Watch, une organisation non-gouvernementale chargée de la protection de la forêt. Son principal objectif était pour l?instant de tenter de faire pression sur le gouvernement. Elle avait pour le moment réussi à retarder le projet.
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