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Christian le Comte, le seigneur des timbres
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Christian le Comte, le seigneur des timbres
Des centaines de notes couchées dans des cahiers jour après jour. Des journées à se faufiler entre des rayons de livres dans les librairies londoniennes, à plonger parmi les bouquins. Des balades découvertes au musée du Blue Penny à Maurice. Des escales discussions dans nos bureaux de poste. Des rencontres passionnantes avec des philatélistes.
Semblable à un explorateur de la nuit des temps, doté d?un enthousiasme sans limites, Christian le Comte prélève et capture l?aventure du timbre mauricien depuis un moment déjà. Il se met sur sa route, remonte le fil de ses origines, traque ses mystères, questionne ses spécificités. Et au bout de cette odyssée, un livre, The stamps of Mauritius qui sort cette semaine en librairie. Pour être plus exact, ce grand jeune homme à la silhouette fine est, en fait, à son deuxième ouvrage sur le sujet et il n?a sûrement pas encore dit son dernier mot. Il semble marqué à jamais du cachet de cette vignette adhésive. Qui est donc ce « happeur » de timbres ?
Des personnes comme lui, il n?y en a pas beaucoup à Maurice. D?abord, il a beau s?appeler Christian le Comte, il n?est pas Mauricien encore moins Français. D?ailleurs, à part prononcer son nom, il ne parle pas le français. Il est en fait Argentin. Comment un Sud-Américain atterrit-il à Maurice ? Un itinéraire atypique. « Je vous l?accorde. On n?entend pas souvent parler de Maurice en Argentine. Mais j?ai quand même fait la connaissance de votre île quand j?étais encore un gamin à travers l?histoire du Blue Penny. » Devenu homme, il s?embrase pour l?île ou plutôt pour Kovila, une médecin mauricienne qu?il a rencontrée à Londres et qui est devenue son épouse. Ils ont décidé récemment de s?installer à Maurice et ils y sont depuis mars.
Depuis mars, donc, Christian le Comte s?affaire. Il va à la rencontre des gens, enrichit son carnet de contacts et veut mettre en place une maison d?édition pour promouvoir la culture mauricienne, « de manière attirante », précise-t-il. Publier. Le grand mot est lancé. Graphic designer et typographe, il a vécu à Buenos Aires et à Londres où il a publié plus de 25 livres. Il a aussi travaillé avec des organisations culturelles comme le Colon theatre à Buenos Aires et le musée du thé et du café à Londres.
Pour faire ses premières armes dans l?édition à Maurice, Christian le Comte publie son propre bouquin. Quoi de neuf en fait dans son The stamps of Mauritius ? Par exemple, il donne une nouvelle explication sur le fait que le Post Paid imprimé sur certains timbres a remplacé le Post Office. Il est aussi question de l?un des joyaux de la philatélie, le Blue Penny.
Il nous donne également sa version sur les erreurs qui se sont glissées dans certains timbres. Il nous rappelle la différence entre le timbre définitif et le timbre commémoratif, nous propose sans nous soûler, leur historique.
Christian est conscient qu?un livre sur les timbres peut, a priori, ne pas inspirer, mais il veut balayer les clichés que les livres de références ne sont pas pour le grand public. Il faut aussi dire que l?auteur aime s?occuper de tout, de A à Z. Publier un livre devient un art. « Ce qui me plaît, c?est de suivre le livre dans ses nombreuses étapes. Il ne s?agit pas d?aligner des pages, il y a tout un art dans la manière d?agencer les textes, les images, les encarts. Ce qui compte, c?est qu?au final le livre soit attrayant et donne envie d?être du voyage. »
Le livre est irremplaçable
N?allez surtout pas lui dire que l?avenir du livre est incertain avec le boom informatique. Le livre est irremplaçable à ses yeux. Christian le Comte est d?ailleurs sur d?autres projets. Il prépare un ouvrage sur les cheminées et les anciennes industries sucrières avec Marie-France Chelin Goblet qui a entrepris une recherche intensive sur le sujet.
Rassurez-vous, il n?y a pas que des timbres et des livres dans sa vie, il y a les arbres et les oiseaux aussi. Derrière ses allures d?intello, sa curiosité pour tout et surtout les choses du passé, notre homme, comme tombé de la planète du Petit Prince, est pourtant bien ancré dans son temps.
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