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Les Malgaches aux urnes
Les Malgaches se rendent aux urnes ce matin pour élire leur président de la République. Au vu de la mobilisation durant la campagne électorale, cinq des quatorze candidats en lice se distinguent.
Ceux qui constituent le peloton de tête sont Marc Ravalomanana, le président de la République, Norbert Lala Ratsirahonna-na, ancien Premier ministre et chef de l?État par intérim, Herizo Razafimahaleo, ancien vice-Premier ministre, Roland Ratsiraka, maire de Toamasina, et Jean Lanihiriko, ancien président de l?Assemblée nationale.
La campagne, qui avait commencé presque dans l?indifférence le 12 novem-bre, a pris fin vendredi après-midi. En apothéose pour certains candidats et dans la discrétion pour d?autres. Aucune manifestation, ni même le porte-à-porte, n?est autorisé la veille et le jour des élections.
<B>Des fortunes diverses</B>
Marc Ravalomanana a réussi un joli coup en réunissant des milliers de partisans au stade municipal de Mahamasina. Disposant de ressources substantielles, il a couvert tout le territoire malgache, utilisant l?ATR 42 et les hélicoptères loués spécialement pour la campagne électorale, pour visiter 157 villes. Il est donné comme favori. Mais c?est l?éventualité d?un second tour qui est au centre des débats et les spéculations vont bon train quant à celui qui sera le challenger du président Ravalomana.
Les opposants ont terminé leur campagne avec des fortunes diverses. Norbert Lala Ratsirahonana a pu susciter une adhésion conséquente et régulière là où il est passé. Le défilé de voitures qu?il prévoyait à Antananarivo ayant été interdit, il a terminé sa campagne avec un culte presque confidentiel. Seulement quatre cents personnes y ont assisté.
Herizo Ramazafimahaleo l?autre challenger sérieux, a fait moins bien vendredi dans la banlieue de la capitale. Toutefois, il y a une semaine, le fondateur du Leader Fanilo avait donné le change au président-candidat en faisant le plein à Antsojombe, là où Marc Ravalomanana avait réuni une foule moyenne. Herizo Razafimahaleo, opérateur économique et économiste respecté, a attiré des foules importantes, surtout à Fianarantsoa d?où il est originaire.
Quant à Roland Ratsiraka, il a su démontrer qu?il peut avoir une audience au-delà de son fief de Toamasina.
Les prétendants avaient trois semaines pour convaincre et faire une démonstration de force. Toutefois, il semblerait que leurs états-majors de campagne avaient choisi de privilégier la communication. Ils ont fait passer au deuxième plan la discussion sur les préoccupations de la population.
<B>L?absence de débats contradictoires</B>
Ravalomanana était déjà en pré-campagne avec la concrétisation de certaines actions populaires, comme la construction de nouvelles routes et la distribution d?uniformes aux écoliers Il faut ajouter à cela, l?absence de débats contradictoires dans l?audiovisuel public et une réglementation contraignante de certaines autorités.
Dans ces conditions, la période de propagande aura permis au président-candidat de faire valoir son bilan et de présenter son programme axé autour du Madagascar Action Plan. Elle aura aussi démontré la faiblesse d?une opposition manquant de cohésion et de leadership.
Il faudra surtout retenir que la campagne s?est déroulée dans le calme. Mise à part la tentative de coup de force du Général Randriafidisoa qui avait occupé une caserne, il y a quinze jours, aucun acte de violence n?a été enregistré. Ce matin, les électeurs malgaches exprimeront leur choix après un samedi dépourvu de toute activité politique. Les résultats seront connus dans quinze jours à trois semaines.
<B>Plus de 14 000 observateurspour une élection</B>
Jamais Madagascar n?avait accueilli autant d?observateurs étrangers pour une élection. En 2001, le président Ratsiraka n?avait pas donné son approbation à la présence de délégations étrangères lors de la présidentielle. Cette fois, plusieurs Mauriciens font partie des 175 observateurs issus d?une dizaine d?organisations. Les ONG locales ont, quant à elles, déployé quelque 14 000 observateurs à travers le pays. L?ex-Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, qui dirige la délégation de l?Electoral Institute of Southern Africa (Eisa), a surtout remarqué « le calme impressionnant qui a prévalu durant la campagne électorale ». Il aura aussi noté « des retards dans la distribution des cartes d?électeurs, ainsi que la différence entre les moyens dont disposent les candidats ». Le Deputy Speaker, Jean-François Chaumière, ainsi que les députés Kalianee Juggoo et Mahen Jhugroo sont au nombre des personnalités politiques mauriciennes qui sont sur le sol malgache comme observateurs.
Ils font partie de la délégation du SADC Electoral Commission Forum.
<B>Jérôme BOULLE et Lova Rabary-Rakontondravony</B>
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