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Une avocate en quête d?action?
Une jeune fille bien comme il faut et un brin timide. C?est l?impression qu?on a de Damini Dhooky. Cette cadette de deux enfants est une fille rangée de l?avis de ses parents. D?ailleurs, Saldhanun Dhooky, son père, ancien principal test chemist au Control Board de Réduit, et Savita Dhooky, sa mère, ex-sage femme en milieu hospitalier, assistent à l?entretien qui se déroule dans le salon de leur domicile à Castel.
Le droit a toujours fasciné Damini. Mais à l?adolescence, elle se croit trop timide pour être à même de faire de vibrantes plaidoiries en cour. Dès lors, ce sont l?économie et la gestion qui obtiennent ses faveurs et qu?elle étudie assidûment au collège de Lorette de Quatre-Bornes.
<B>«C?est l?avis de mon père qui l?a emporté»
Mais lorsqu?il s?agit de choisir sa filière d?études supérieures, Damini finit par écouter son père qui veut qu?elle revienne à son ancien amour, à savoir le droit. «Maman voulait que je fasse l?économie. Mon papa m?a encouragée vers le droit car il considère que je dois défendre les gens qui ont besoin d?aide. Lorsque j?ai fait une demande d?admission auprès de l?université de Maurice, (UoM) c?était soit pour être en faculté de droit, soit en faculté d?économie. J?ai obtenu une place pour une licence dans les deux facultés. J?ai alors fait un choix. Le droit a primé. Quelque part, c?est l?avis de mon père qui l?a emporté», reconnaît-elle.
Damini a décidé de combattre sa timidité mais celle-ci remonte à la surface de temps à autre. Si bien qu?il faut insister auprès d?elle pour qu?elle accepte de se laisser photographier. «La timidité est toujours là mais je dois la surmonter. Je pense qu?elle finira par s?estomper avec le temps.»
Les trois ans qu?elle passe à l?UoM lui semblent filer à la vitesse de l?éclair tant elle est passionnée par ses études. Sa capacité de mémorisation lui est d?un grand recours. D?emblée, elle se sent plus attirée vers le droit criminel que vers le Droit civil qu?elle trouve trop statique. «Le Droit civil est un peu mollo. Par contre, le Droit criminel bouge.»
Grâce à son cousin, Joy Kalleechurn, functional specialist, elle parvient à effectuer deux stages à différents moments au sein du département légal de la Mauritius Commercial Bank. Le stage qu?elle effectue chez l?avocat Kushal Lobine, la confirme dans son choix du Droit criminel. «C?est là que j?ai eu l?occasion de me rendre en cour, de connaître ce monde et de voir les avocats connus plaider.»
La prochaine étape, une fois sa licence obtenue, a été de faire une demande pour suivre le cours du Council of Legal Education et de passer les examens organisés par cette instance. Acceptée, Damini suit ses cours et est submergée par l?ampleur du programme d?études. «à l?université de Maurice, c?était étape par étape. Là, le programme est extrêmement chargé et il fallait tout mémoriser.» Damini ne se décourage pas pour autant, étudiant jusqu?à deux-trois heures du matin, en particulier pendant la période d?examens. Elle sacrifie beaucoup de choses, y compris les sorties familiales. Pour se montrer solidaires de leur fille cadette, les Dhooky préfèrent décliner les invitations pour rester à la maison.
C?est à la mi-septembre que Damini prend part aux examens. Et puis, elle n?y pense plus. Elle est loin de se douter qu?elle sortira première. Ce sont des amis qui lui annoncent la bonne nouvelle. «J?étais très surprise et contente surtout.» Et puis, le fait qu?ils soient seulement cinq à l?avoir réussi lui fait dire qu?en sus de l?application et de la persévérance, le facteur de chance compte aussi.
<B>Apprendre davantage</B>
Ambitieuse, Damini veut faire son pupillage de neuf mois chez un avocat de renom car c?est ainsi, selon elle, qu?il lui sera plus facile de se faire un nom dans la profession. Une fois cet apprentissage terminé, il lui restera un pupillage de trois mois à faire chez un avoué. Elle a plusieurs noms d?avocats et d?avoués en tête et compte bientôt les contacter à cet effet.
Elle est consciente que les avocats en pupillage sont généralement désignés pour effectuer toutes les recherches sur le terrain. C?est justement ce qu?elle veut. «C?est ce qui sera le plus intéressant car sur le terrain, j?apprendrai davantage.»
Damini ne pense pas que la profession d?avocat soit saturée car «beaucoup de jeunes optent encore pour celle-ci, mais c?est seulement le temps qui le dira.»
Questionnée sur la remise de peine, elle dit y être opposée pour l?instant mais qu?il se peut qu?elle change d?avis quand elle aura commencé à exercer. «Ces gens-là ont fait quelque chose de répréhensible et ils doivent payer pour leur faute, sauf si leur comportement est exemplaire. Je ne suis pas pour un assouplissement.»
Par contre, elle estime que la réhabilitation offerte en prison doit être efficace pour que les détenus puissent se réinsérer socialement.
Même si elle a hâte de prêter serment en tant qu?avocate et qu?elle préfère être installée avant de penser au mariage, Damini aurait voulu poursuivre ses études et obtenir une maîtrise en droit. Mais ce cours n?est pas disponible à l?université de Maurice. étudier à l?étranger l?intéresse mais elle a écarté cette option en raison des réticences de sa mère et de la santé fragile de son père. «J?essaierai de le faire par le biais des cours à distance.» On vous l?a dit : c?est une jeune fille bien comme il faut?
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