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La valeur de la roupie inquiète la BoM
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La valeur de la roupie inquiète la BoM
Les spéculateurs entretiennent et alimentent la nervosité sur le marché de change. La Banque de Maurice met en garde contre la spéculation dont la roupie mauricienne fait les frais. Celle-ci s?est beaucoup affaiblie par rapport aux principales monnaies étrangères alors que les réserves demeurent plutôt confortables.
Le gouverneur de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi, a exprimé hier ses appréhensions au sujet de la valeur de la roupie lors du dîner annuel auquel sont conviés les opérateurs. La soirée s?est déroulée à l?hôtel Sugar Beach à Flic-en-Flac. «Le taux de change de la roupie a assez subi l?effet de l?ajustement. Trop c?est trop. Les spéculateurs sont prévenus», lance Ramesh Basant Roi.
Le dîner de la Banque de Maurice est un rendez-vous annuel entre cette institution et le monde des affaires du pays. Cette année, le gouverneur a choisi de se pencher sur un sujet qui a beaucoup préoccupé les opérateurs ces derniers temps, en l?occurrence le taux de change de la roupie.
Depuis plusieurs mois déjà, le marché des devises fait face à des déficits chroniques. Pour le responsable de la politique monétaire, les fondamentaux économiques du moment n?expliquent pas entièrement les raisons de la pénurie de monnaies étrangères sur le marché. Il avance plusieurs faits qui seraient allés dans le sens d?un assouplissement de la pression sur la roupie.
Le stock officiel (le chiffre inofficiel peut être plus élevé) des devises dans le pays se chiffre à Rs 80 milliards. «Il ne devrait pas y avoir de manque de devises à moins que des personnes et entreprises soient délibérément en train de retenir leurs recettes en monnaies étrangères dans le but de réaliser des gains spéculatifs», déplore le gouverneur.
Celui-ci souligne que le taux de change de la roupie a déjà provoqué certaines corrections dans l?économie, notamment au niveau de la balance des paiements. En effet, la réduction, jugée substantielle, du déficit du compte courant est un signe positif en termes de correction de la balance extérieure. Pour le gouverneur, il est grand temps que les spéculateurs mettent un terme à leur jeu et laissent les fondamentaux économiques agir sur le marché de change. En d?autres mots, il faut que les opérateurs et investisseurs convertissent leurs devises en roupie pour que le circuit forex se desserre et que la monnaie locale reprenne de la valeur.
Mais il y a aussi le comportement des fournisseurs de devises qui est mis en cause. «Nous avons constaté que quelques gros revendeurs sur le marché de change dictent les prix. Cela va à l?encontre des règles de la compétition», affirme Ramesh Basant Roi.
«Une augmentation substantielle du taux d?intérêt pourra possiblement attirer des rentrées en devises à travers des placements à court terme par des étrangers mais ne pourra pas corriger le déficit du compte courant», explique le gouverneur.
La Banque de Maurice mettra en place un nouveau cadre de la politique monétaire. Le Repo Rate remplacera le taux Lombard, qui est actuellement le taux directeur des taux pratiqués par l?ensemble des banques.
<B>Basant Roi a-t-il fait son bilan ? </B>
Est-ce la dernière fois que Ramesh Basant Roi se fait l?hôte des opérateurs en tant que gouverneur de la Banque centrale ? La question était sur plusieurs lèvres hier soir lors de la réception. En tout cas, certains aspects de l?intervention du gouverneur laissent une impression de bilan. Ramesh Basant Roi a profité de la soirée pour évoquer les grandes réalisations à son actif depuis qu?il a pris les rênes de l?institution en 1999. «La Banque a donné à Maurice un niveau sans précédent de réserves internationales malgré les difficultés économiques. La Banque a aussi donné à Maurice son taux d?inflation le plus bas durant ces huit dernières années (?) L?industrie bancaire est beaucoup plus saine aujourd?hui qu?elle ne l?était il y a huit ans», fait ressortir le patron de la Banque de Maurice. Il a aussi fait état de la création d?un «Credit Information Bureau» (le premier en Afrique subsaharienne).
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