Publicité

Les Seychelles : Merci ! Mme Flavienne Pothin

30 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Si vous êtes des privilégiés à faire partie des intimes de nos politiciens haut de gamme, pouvant se rendre fréquemment aux Seychelles, en vacances ou en “mission officielle hyper-importante”, ne manquez pas de leur demander des nouvelles de Mme Flavienne Pothin. Il se peut que ce nom ne leur dise a priori pas grand-chose, preuve, s’il s’en faut, que nos leaders politiques ne conservent guère de souvenirs précis des services, pourtant éminents, qu’on pu leur rendre, dans le passé, un subalterne ou un militant coaltar. Approfondissez votre vérification, en leur rappelant que Flavienne Pothin a droit, sinon à une statue grandeur nature, dans le panthéon seychellois, du moins à l’entière gratitude de la population gauchisante du pays des dalons, moitié démographique qu’on dit légèrement majoritaire, à en croire les résultats des dernières législatives, déclarés justes et démocratiques. S’ils persistent à dire que tout cela n’est que potins de journalistes rétrogrades et réactionnaires, ne manquez pas alors de leur faire part de la fleur informative qu’offre, à la policière, Flavienne Pothin, l’agence de presse seychelloise, téléguidée à l’époque par nul autre que France-Albert René.

Au dire de cet organisme, les douaniers seychellois n’ont vu que du feu mais pas les armes qui les crachent. Nombre de mercenaires du pays honni de l’apartheid peuvent même quitter sans encombre l’aérogare internationale de Pointe-Larue. Ils prennent place dans l’autocar devant les conduire au Reef Hotel. Les premiers installés attendent les retardataires. Pas de rassemblement militaire mais le n’y-a-pas-le-feu propre à la gent touristique. Le doute turlipine pourtant Mme Flavienne Pothin qui n’est que policière. Elle décide d’en avoir le cœur net. Elle avise un mercenaire, lui apparaissant plus suspect que les autres, et se met à fouiller ses bagages. Sous un amoncellement de friandises, destinées, avoue-t-on, aux enfants de dalon, elle aperçoit le canon d’une arme à feu. Elle brandit l’objet du délit. D’autres policiers décident alors la fouille des bagages des mercenaires encore dans l’aérogare. D’autres armes apparaissent au milieu des bonbons et des sucettes. La police seychelloise décide alors une fouille générale des bagages, y compris de ceux se trouvant déjà à bord de l’autocar.

Ordre est alors donné aux mercenaires de sortir leurs armes et de contre-attaquer. Une fusillade s’ensuit. Le contrôle de l’aérogare revient toutefois aux mercenaires qui retiennent en otages les employés aéroportuaires, douaniers et policiers compris. Ils enferment les dalons dans la tour de contrôle. Flavienne Pothin, toujours elle, parvient heureusement à prévenir, par radio, son quartier général. Un détachement de l’armée seychelloise en poste à l’aérogare, cerne alors les mercenaires qui se retrouvent pris dans leur propre piège.

La suite, on la connaît déjà. Une partie des mercenaires parviennent à s’enfuir à bord d’un avion d’Air India détourné, l’interpellation des mercenaires rescapés à Durban, la disparition des autres dans la nature seychelloise, la chasse aux mercenaires sud-afs jusqu’au lendemain matin, la vive émotion dans plusieurs capitales africaines, les tentatives ramgoolamiennes de se dédouaner en mettant en sourdine ses anciennes amitiés pour James Mancham.

Pik Botha, ministre sud-africain des Affaires étrangères, tentent la même chose à Pretoria. Il essaye de répondre aux capitales africaines qui accusent son pays d’être derrière la tentative de coup d’Etat aux Seychelles. Il confesse que le gouvernement honni de l’apartheid est souvent contacté – pouah ! – par des opposants au régime putschiste de France Albert René. Il précise même que ce n’est un secret pour personne que deux groupes d’opposants essayent de renverser le régime putschiste seychellois.

On ne s’attend certes pas à ce que Pretoria déconseille aux Seychellois, allergiques à France Albert René, de recourir à la force armée pour le renverser et lui rendre la monnaie de sa pièce. Mais diplomatiquement parlant, le ministère de Pik Botha fait savoir aux opposants seychellois que le gouvernement sud-africain ne s’ingère pas dans des affaires internes des autres pays. Ce refus d’ingérence ne va toutefois pas jusqu’à empêcher l’embarquement, à bord d’un avion, soizy entre tous, d’une troupe de mercenaires, déguisés en Papas Gâteaux mais armés jusqu’aux dents.

Avis à ceux qui veulent chasser les Agaléens de leurs îles ancestrales pour l’offrir sur un plateau à des investisseurs sud-africains. Il n’est pas dit qu’ils pourront compter sur l’intuition perspicace d’une autre Flavienne Pothin pour empêcher une autre initiative aussi sinistre.

Publicité