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Harish Boodhoo persiste et signe
Harish Boodhoo n?en démord pas. Lors d?un meeting à Plaine-Verte, hier après-midi, il a réitéré son v?u de rendre justice aux victimes de la Sale by Levy. Et il a réclamé une commission d?enquête élargie à ce sujet.
C?est en fanfare et devant une foule de 500 personnes que Harish Boodhoo a conclu sa campagne nationale de sensibilisation à la Sale by Levy, hier après-midi, lors d?un meeting à Plaine-Verte. Loin de se satisfaire de sa série de meetings à travers le pays, il veut désormais que la question de Sale by Levy et de ceux qui exploitent le système soit identifiée et jugée.
« Je réclame une commission d?enquête élargie présidée par un juge, comprenant des avocats du parquet, des banquiers, des cadres de l?Income Tax et des hauts responsables de certaines institutions susceptibles d?aider dans ce combat pour mettre un terme au calvaire des gens affectés par la Sale by Levy », avance-t-il. Et comme pour réaffirmer sa détermination de rendre justice aux victimes de la Sale by Levy, il réitère son avertissement. Si les autorités publiques ne l?écoutent pas, il se lancera dans une grève de la faim illimitée.
« Secouez-vous et soyez solidaires »
Comme pour se défaire de son passé politique, Harish Boodhoo a rappelé en de nombreuses occasions qu?il n?était nullement en train d?animer un meeting politique. Mais les vieilles habitudes prises en politique ont la vie dure. Et il a donc volontiers cédé à la tentation d?égratigner divers hommes politiques pour leur manque de considération envers les victimes de la Sale by Levy. Le Premier ministre en tête. Qui, selon Boodhoo, a donné en de maintes occasions l?assurance qu?il allait se pencher sur leur sort « sans rien faire jusqu?ici. »
Mais les critiques de Boodhoo sont distribuées aussi bien au gouvernement qu?à l?opposition. Qui partage, selon Boodhoo, avec le gouvernement « le devoir d?arrêter ce massacre » s?ils ne veulent pas que la population descende dans les rues pour manifester sa colère. « Voyez comment dans des pays comme Madagascar, le Népal, l?Indonésie entre autres, la population réclame ses droits. Ne restez pas amorphes et ne laissez pas la situation empirer. Secouez-vous et soyez solidaires de ces pauvres gens », déclare un Harish Boodhoo très sévère devant l?immobilisme des Mauriciens.
Quand ce ne sont pas aux hommes politiques, c?est aux juristes que Boodhoo réserve son réquisitoire. Il n?a pas mâché ses mots à l?égard des casseurs, de leurs intermédiaires ainsi que des avoués, notaires et avocats. « Il est fort étonnant », dit-il, « que seulement trois casseurs sont légalement enregistrés », alors qu?il estime que quelque 21 exercent sans aucun enregistrement. « Comment voulez-vous », tonne-t-il, « que de pauvres personnes ne tombent pas dans les filets de ces gens qui n?ont qu?un seul but, celui de faire des affaires sur leur dos. » Il enfonce le clou, en citant le nom d?un ancien haut cadre du service public qu?il accuse d?avoir exercé le métier de casseur sans scrupule.
Comme pour bien faire entendre la voix de ceux « qui n?ont aucune oreille pour écouter leurs souffrances », Harish Boodhoo les a fait participer à son meeting. En effet, alors qu?il prenait la parole, plus d?une vingtaine de ces victimes de la Sale by Levy ont pris place sur le camion sur lequel Boodhoo haranguait la foule. Avec, à la main, des pancartes avec des slogans rappelant leur détresse après la saisie de leurs maisons ou de leurs terrains. Pour ensuite prendre brièvement la parole et raconter leurs calvaires respectifs et les nombreuses manipulations dont ils ont été l?objet jusqu?à la perte totale de leurs biens immobiliers.
Au milieu de tout ce désespoir, Boodhoo espère toujours par contre. Pour que le gouvernement explique le contenu du Borrowers?et du Credit Facilities Bill qui seront bientôt présentés à l?Assemblée nationale.
En attendant le vote de ces lois, la campagne sur la Sale by Levy continue. Une réunion est prévue demain au Centre social Marie Reine de la Paix. Elle réunira les chefs religieux et des responsables syndicaux ainsi que 400 victimes de la Sale by Levy.
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