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En avant marche pour la vallée de Ferney
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En avant marche pour la vallée de Ferney
En route pour une randonnée au c?ur de la vallée de Ferney ! Depuis hier, le sentier prévu pour le grand public est ouvert aux visiteurs. Au programme, un moment de pure détente et de découverte loin de toute civilisation dans la plus vieille forêt exotique de l?île.
Rendez-vous à l?ancienne usine de Ferney. La visite débute par une tournée au Visitors?Center, un bâtiment tout en pierres immaculées qui contrastent avec celles jaunies du vieux moulin qui se trouve de l?autre côté de la cour.
Ce centre pour visiteurs est meublé de grands fauteuils aux coussins moelleux et les murs recouverts de panneaux aux images époustouflantes. Il propose aussi une vue panoramique de la vallée de Ferney, de ses plantes et de ses animaux endémiques. De quoi émoustiller la curiosité du visiteur et également lui donner des informations sur cette vallée aux mille merveilles dont l?histoire est étroitement liée à celle de Maurice.
Après cette petite leçon d?histoire, direction le minibus pour se rendre jusqu?à la vallée. Le paysage qui défile transporte le visiteur dans un autre monde ; la beauté de la végétation luxuriante se dévoile petit à petit. Terminus auprès du kiosque après quelques bonnes minutes de secousses alors que le véhicule progressait sur un sentier cahoteux. Et là, aux oubliettes la paresse et en avant chaussures de marche et bouteille d?eau.
Bien évidemment, les marcheurs ne sont pas laissés à eux-mêmes. Nos guides Giovanni, Christelle et Sandy sont là pour mener la marche. Nous voilà prêts à aller à la découverte de ce milieu arboré. Dès les premiers mètres, les explications de nos guides commencent déjà. « Nous nous trouvons dans la première partie du parcours. Vous voyez là la partie dégradée de la forêt. » En effet, la terre est envahie de plantes exotiques qui sont une véritable menace tant elles sont envahissantes. Nos jeunes guides n?épargnent pas les détails sur ces plantes. « Ici le ravenal, là la plante cannelle, plus loin les goyaves de chine. » Et les marcheurs de se transformer en vrais botanistes alors qu?ils scrutent les feuilles, les troncs, les fleurs pour différencier chaque espèce.
Afin de protéger les plantes endémiques, une équipe d?une dizaine de personnes formée par la Mauritian Wildlife Foundation est déjà à pied d??uvre pour enlever ces plantes exotiques envahissantes. 200 hectares de la forêt seront barricadés et consacrés uniquement aux plantes endémiques qui seront replantées après avoir été cultivées dans la pépinière. Le projet de la vallée de Ferney ne se limite donc pas à une visite des lieux, mais surtout à ?uvrer pour sa conservation et assurer sa survie.
Des arbres uniques au monde
Quelques mètres plus loin, la forêt se fait plus dense. « Nous allons maintenant entrer dans le c?ur même de la forêt », nous annoncent nos guides. Les espèces indigènes rares aux noms imagés se suivent les unes après les autres. Les explications fusent et on ne peut que prendre conscience de la richesse de cette forêt. Le tronc à rayures du Takamaka, le noir profond de l?ébénier, le tronc mou du Bois Éponge, le Bois cyclone dont les fleurs blanches n?apparaissent qu?après le passage d?un cyclone? C?est une véritable découverte. Mais de toutes ces espèces, il n?en reste qu?une poignée dans le monde.
Pris dans la contemplation des lieux, l?exclamation de Giovanni fait sursauter. « Regardez ! un Pic-Pic. » Un oiseau minuscule classé, lui aussi parmi les espèces protégées, vient se poser sur une branche. Mais sur ces mêmes arbres, des marques faites à la peinture rouge rappellent le projet de l?autoroute. Même s?il a été abandonné, les marques du tracé sont encore présentes. Et au milieu du tracé se trouvent un ébénier, un Bois Perroquet, des plantes classées sur la liste rouge des espèces protégées.
Difficile à imaginer qu?au milieu de toute cette tranquillité, la densité de la flore aurait pu être remplacée par la densité du trafic. Ces arbres uniques au monde auraient laissé la place au bitume? 1,5 km et près de deux heures plus tard, c?est déjà la fin du parcours. Et la randonnée est déjà terminée. En somme, rien de dur à surmonter. Une randonnée à la portée de tous, facilitée par des marches faites de branches et de terre à certains endroits. Mais ce n?est là que le début du projet. D?autres parcours viendront s?y ajouter ; plus long et plus durs pour les amoureux de randonnée qui aiment relever les défis qu?impose la nature. Mais nul doute qu?on en revient avec des images plein la tête et que le retour au milieu du béton et de la ferraille est quelque peu brutal.
COMMENT A DEBUTE LE PROJET
Souvent, il suffit d?un geste banal ou d?une découverte complètement fortuite pour changer le cours des choses. Une équipe de la Mauritian Wildlife Foundation (MWLF) se rend dans la vallée pour une évaluation de routine des crécerelles. Le botaniste Jean-Claude Sevathien est de la partie. Par hasard, il tombe sur une plante endémique, le « Bois Perroquet ». Ce n?est qu?après près de 100 ans que cette plante rarissime, que l?on croyait déjà éteinte, a de nouveau été découverte. Nous sommes alors en février 2004. Après quelques recherches, il s?avère qu?il n?en existe que quatre au monde ; elles se trouvent toutes dans la vallée de Ferney. Et l?une de ces plantes se trouvait presque exactement sur le tracé de l?autoroute du Sud-Est. Par la suite, une lettre conjointement écrite avec le National Parks Conservation Service a été envoyée au Premier ministre et aux différents ministères concernés afin de reconsidérer le projet de l?autoroute. Un comité est alors formé et en septembre 2004, un travail de relevé de la végétation est effectué. Les découvertes révèlent une vallée riche et unique dans sa biodiversité.
La voix des ONG comme Nature Watch se fait entendre et l?opinion publique est alertée à travers la presse. Nature Watch se rend même jusque devant la Cour suprême pour se faire entendre. Le projet de l?autoroute est abandonné lorsque le nouveau régime vient au pouvoir. Un tronçon de la vallée a alors été dédié au grand public. Le projet de la vallée de Ferney, qui est avant tout un projet de conservation, est désormais géré par le groupe CIEL en collaboration avec la MWLF. Aujourd?hui, on dénombre 127 espèces de plantes dans la vallée de Ferney.
POUR Y ALLER
■ Rs 90 par adulte, Rs 45 pour les enfants et Rs 50 pour les personnes du troisième âge.
■ Des groupes de 20 personnes au maximum peuvent se rendre dans la vallée de Ferney.
■ Il faut faire une réservation en appelant sur le 433.10.50.
■ Quatre randonnées sont prévues par jour aux horaires suivants : 9 h 00, 10 h 15, 11 h 00 et 14 h 00.
À NOTER QUE :
■ 33 % des terres à Maurice sont composées de terres forestières qui sont divisées en forêts réservées pour la culture, en forêts envahies par des plantes exotiques et en forêts primaires.
■ 13 % se constituent de forêts réservées à la culture de pins et d?eucalyptus, entre autres, qui ont été plantés à but commercial.
■ 18 % des terres forestières sont des terres envahies d?arbres exotiques, c?est-à-dire de plantes qui ont été amenées par la main de l?homme.
■ 2 % seulement de ces terres forestières sont des forêts primaires, c?est-à-dire de plantes indigènes et endémiques. Les plantes indigènes sont celles qui sont arrivées par d?autres moyens que par l?homme comme des graines ramenées par les oiseaux, alors que les plantes endémiques sont celles qui n?existent que dans un lieu.
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