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Pauline et Nono,les reines de la création
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Pauline et Nono,les reines de la création
Les talents s?enflamment, l?imagination s?ouvre à la création contemporaine. Ici et là, sous une varangue, dans un salon ou un atelier, des mains s?affairent à composer avec les couleurs du temps, à créer des objets qui fleurent l?art de vivre.
Ce concentré d?émotions, nous l?avons vécu sous une même voûte à la galerie du Moulin Cassé où une dizaine d?artisanes s?étaient réunies pour nous proposer de la petite déco faite à la main. Leurs ?uvres fraîches comme des matins se sont donné rendez-vous pour procurer à notre maison une nouvelle identité lumineuse, à l?approche des fêtes. Celles de Pauline Harel et de Nono Desjardins nous ont particulièrement fait tourner la tête.
Nono a la fibre du textile. Elle n?est pas la seule, c?est une histoire de famille, sa s?ur Marie-Claude K?nig est aussi artisane. Ensemble pour occuper le temps, elles se rencontrent les vendredis et imaginent des choses qui peuvent rendre leur univers plus ludique. Le résultat : « Mamadou ». C?est ainsi qu?elles appellent leurs féeries. Elles conçoivent des cales porte en forme de sacs avec des dessins de fleurs de plusieurs couleurs et qu?elles remplissent de sable. Elles font des tabliers sur lesquels elles estampillent des motifs. Il y a des sacs senteurs, des pots de fleurs en tissu, des sacs pour bols, renforcés d?une ouate pour garder la nourriture au chaud.
Elles ont aussi un penchant pour les boules de fête qu?elles confectionnent à partir du polystyrène et qu?elles recouvrent de tissus dorés ou colorés et qu?elles ornent de fils dorés, qu?elles rehaussent de perles, de pétales découpés et qui donnent un résultat à rivaliser avec les tenues de sultane.
Comment naît ce genre de passion ? Nono avait un atelier de couture au départ. D?abord, elle cousait les rideaux, puis comme il fallait que le pot à côté soit assorti avec ces rideaux, elle habillait le pot de tissus et ensuite, c?est toute la table qui y passait. Elle a aussi travaillé à la librairie Le Trèfles et côtoyait donc de beaux bouquins.
Profusion de tons
Mais cela ne s?arrête pas là, les deux s?urs ne sont pas du genre à faire les choses à moitié. « En août dernier, nous avons entendu dire par mon fils qui vit en Afrique du Sud, qu?il y avait une exposition Art & Craft à Johannesburg. Nous sommes allées et nous avons fait le plein d?idées. Il paraît qu?il y en aura une autre en Chine l?année prochaine, nous sommes donc en partance », explique Nono.
Leurs idées, elles les piochent aussi dans les livres de décoration. D?ailleurs, à chaque fois qu?un proche quitte le pays et leur demande ce qu?elles désirent comme cadeau, elles répondent des catalogues.
Mais Nono insiste sur un point, l?inspiration vient surtout de la nostalgie de l?enfance, une sorte de retour poétique aux sources. « On est en train de se parler et puis d?un coup on se dit ?tu te souviens de?? Et là on cherche dans notre tête et on a des idées. » Outre l?artisanat, Nono s?occupe du jardin, de ses petits-enfants et fait du bénévolat à l?école de Fatimah. On n?a pas fini d?en voir avec elle et avec sa s?ur.
Pauline Harel ne tient pas en place dans sa maison à Péreybère. Elle aime vagabonder vers des horizons aux couleurs gourmandes. Il suffit de pousser la porte de son atelier pour s?en convaincre. Le visiteur est prévenu à partir d?une affiche collée au mur « Des couleurs plein la tête. Des couleurs pour rêver. Pour partager. Pour vibrer. » Certes, ses bougies flattent vos yeux. Elle les achète blanches et ensuite à travers une technique bien précise, elle les pare de dessins de Noël, de fleurs, de poissons, de fruits, de piments rouges et d?autres motifs abstraits en y collant des serviettes en papier qu?on trouve surtout à l?étranger.
Ses plateaux en bois prennent aussi une profusion de tons. Elle utilise là encore les serviettes en papier ou sinon, elle peint les motifs, utilise un vernis craquelé sur lequel elle verse une résine qui donne au plateau un effet brillant et vitré à la fin. Les feuilles de papaye s?impriment sur le bois, ses albums sont personnalisés à travers une technique appelée srapbooking.
Bref, rien n?échappe à Pauline, elle transforme tout. « Ce qui compte pour moi, c?est de se donner du plaisir. Je m?éclate avec les bougies, je m?amuse », fait-elle ressortir en regrettant qu?il n?y ait pas assez de matières premières à Maurice pour aller plus loin dans ce genre d?artisanat. Cette femme, qui a l?âme créatrice, a travaillé pendant quatre ans à la galerie d?Hélène de Senneville et cette aventure au sein de l?art lui a ouvert les yeux sur ses talents.
Un voyage ludique et coloré
Pauline fait aussi dans le bénévolat. Elle anime des cours en « Éducation à la vie et à l?amour » dans les écoles. Elle est également membre de Link To Life, une association qui vient en aide aux patients atteints du cancer. Cela ne l?empêche pas de capter les courants de la vie et d?afficher la couleur.
Pauline, Nono et les autres exposantes à la galerie du Moulin Cassé nous ont fait faire un voyage régénérant en terre ludique et colorée. Se faire plaisir, retrouver la douceur du temps. ça compte aussi dans la vie.
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