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Bush ne sait faire ni la guerre ni la paix
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Bush ne sait faire ni la guerre ni la paix
La nuit américaine s?annonçait plaisante. Depuis le début, on savait que les démocrates allaient faire un carton. Mais le vrai bonheur commençait à l?aube, lorsque l?esprit de la guerre reculait, avec son cortège de pétroliers texans agioteurs et de fondamentalistes maniaques.
C?était beau comme le dévoilement de l?âme du monde chez Platon. Votre serviteur a-t-il tellement regardé les chaînes américaines qu?il ne sait plus ce qu?il écrit, pris dans la panique du petit matin, lorsqu?il doit rendre sa copie alors que l?événement tant annoncé pointe seulement son nez ? Pas du tout ! La lecture du journal est la prière de l?homme moderne, disait Hegel.
Regarder les chaînes d?info, la nuit, lorsqu?un grand pays change d?avis, n?est pas mal non plus. Les chaînes américaines avaient, comme chaque fois, installé des plateaux d?enfer, avec des commentateurs qui donnaient l?impression de connaître chaque représentant, sénateur ou gouverneur depuis sa naissance et jusqu?à la moindre de ses positions sur l?Irak, la fiscalité, tout ce qu?il vous plaira. Les graphiques étaient époustouflants. On assistait en direct sur CNN à la montée en puissance des démocrates à la Chambre des représentants, qu?ils remportaient, et au Sénat, qui balançait encore. Les déclarations préalables des uns et des autres sur l?Irak étaient rappelées, disséquées, analysées dans la perspective d?ensemble du grand tournant de l?opinion concernant cette guerre.
C?était fait avec le professionnalisme admirable des télés américaines, sans oublier la mauvaise foi, tout aussi sidérante, de Fox News et quelques autres. Elles avaient désinformé, jadis, sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Elles continuaient, sans broncher, à relayer la machine à décerveler installée à la Maison-Blanche et au Pentagone. Mais elles étaient bien obligées, les malheureuses, d?égrener les noms des républicains tombés pour bellicisme compulsif et des démocrates vainqueurs, le plus souvent, parce qu?ils s?étaient contentés d?ânonner la ligne officielle du parti sur l?Irak, laquelle se limite à réclamer un changement de cap, ce qui ne mange pas de pain.
Tôt dans la nuit, on avait vu la victoire d?Hillary Clinton dans l?Etat de New York. Bill Clinton, le visage illuminé, se tenait derrière elle. Puis, un siège décisif de sénateur était gagné en Pennsylvanie. Généralement, les élections parlementaires à mi-mandat présidentiel ennuient tout le monde. Pas cette fois. Car il s?agissait non seulement de politique étrangère, ce qui est rare, mais aussi de la guerre et de la paix. Les électeurs américains n?ont plus confiance en George Bush pour faire l?une ou l?autre.
<b>Dominique DHOMBRES</b>
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