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Jean-André Viala, l?art passionnément
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Jean-André Viala, l?art passionnément
Il est des hommes que les métiers forgent et qui forgent les métiers. Jean-André Viala n?est point forgeron mais le nouveau directeur du Centre culturel français Charles Baudelaire. Spécialiste de la gestion culturelle, il est venu enrichir l?espace culturel mauricien de son expertise acquise depuis voilà bientôt vingt-cinq ans.
De France en passant par le Japon et le Laos, l?homme y a été à tour de rôle directeur d?un théâtre à Albi près de Toulouse, d?un Festival de cinéma japonais à Orléans et d?une entreprise d?organisation de spectacles et de tournées à Tokyo et d?un Centre culturel à Vientiane.
Originaire de Lyon , il a été amené à faire ce métier au hasard des rencontres. Fasciné par le cinéma et la littérature japonais, il étudie le japonais et le chinois à l?Institut des langues orientales. Cette fascination pour le Japon le conduira quelques années plus tard à Tokyo. Sollicité par des professionnels pour les aider à monter des spectacles japonais, il y restera dix ans. Toute une décennie à organiser des spectacles et des tournées européennes et japonaises en créant sa propre société.
Il apprend sur le tas à devenir peu à peu expert dans l?envers du décor. Une expérience bénéfique pour lui, car il connaissait plutôt les devants de la scène. Comédien professionnel pendant ses années d?études, il a joué, entre autres, au théâtre Georges Pompidou et dans d?autres Centres dramatiques nationaux.
Au Japon, il en profite pour s?enrichir des connaissances artistiques et humaines. « J?en suis parti transformé », affirme-t-il. « Non seulement les Japonais excellent dans le domaine artistique, créatif et culturel en innovant toujours, mais ils ont aussi un tout autre système de pensée. Cela a remis en cause les bases de mon propre système », confie-t-il. En effet le Japon est l?une des cultures les plus éloignées de l?Europe.
De leur culture, il a appris à ne pas tout prendre pour acquis, l?autocritique perpétuelle et le sens de la perfection. « C?est une grande école qui nous apprend à remettre en cause des tas d?éléments de la vie quotidienne, à critiquer même les choses les plus simples ce qui est un aiguillon intellectuel formidable et à cultiver le sens du travail bien fait. Les Japonais répètent leurs actions un millier de fois pour avoir le meilleur geste. Une philosophie collective qui caractérise le plus grand artiste jusqu?au plus petit balayeur », assure-t-il.
« C?est un travail que j?aime »
Passionné d?art, il conçoit son métier comme un plaisir constant. On serait tenté de dire « c?est tout naturel » parce que ce travail lui procure constamment du plaisir. En effet, d?infinies avenues de plaisirs s?ouvrent à lui. Plaisir visuel, plaisir de lecture, d?écoute, de partage au fil des spectacles, expositions ou autres manifestations artistiques, mais surtout au gré des rencontres.
Véritable adepte de l?art contemporain, quand il en parle, Jean-André Viala s?exprime aussi avec les mains, les yeux animés par une véritable ardeur. Côté musique, il aime les compositeurs Gavin Brayars, György Ligeti, Steeve Reich. Lui qui voue une véritable affection à son métier s?y adonne à c?ur joie. Le sourire aux lèvres, il avoue avec une sincérité évidente : « C?est un travail que j?aime. » Sociable, il compte sur la collaboration de tout un chacun.
Arrivé à Maurice en septembre, il y a d?abord pris goût en lisant nos auteurs contemporains. De Eve de ses décombres et Soupir d?Ananda Devi en passant par Le portrait Chamarel de Shenaz Patel ou encore Blue Bay Palace de Natacha Appanah-Mouriquand et Benarès de Barlen Pyamootoo. « J`ai été très impressionné par la richesse de votre littérature », affirme-t-il.
Une découverte qu?il entend bien poursuivre sur le terrain et dans les eaux. En effet, Monsieur Viala est un passionné de randonnée et de natation. « Je n?ai pas encore bien pris mes marques mais je compte bientôt me balader pour voir les paysages. J?ai récemment fait venir mon VTT. »
À 54 ans, Jean-André Viala est célibataire. « Un c?ur à prendre ? », demande-t-on. « Un vieux c?ur », répond-il en riant. Mais qu?importe l?âge, ce qui compte n?est-ce pas avant tout les sentiments. Et le directeur, on le constate en a de très bons pour Maurice et ses habitants.
Parmi ses projets futurs : coopérer plus avec les centres culturels de l?Orient comme l?Inde ou le Japon, mais aussi l?Afrique, diversifier la programmation cinématographique avec des séances de cinéma d?auteurs, des thématiques et des rétrospectives en collaborant notamment avec le MGI, travailler sur un grand festival du cinéma en partenariat avec les autorités locales.
Il pense aussi à raviver la flamme du slam, à monter un spectacle de hip-hop avec des danseurs locaux et des chorégraphes français, à faire venir des troupes de danse et de théâtre professionnelles ainsi que des figures emblématiques tel le dramaturge et finalement terminer entièrement la production du théâtre Talipot.
Peut-être trouvera-t-il son bonheur en amour ici qui sait ? Sinon il y a les livres, la musique, le théâtre, la danse ; toute une panoplie diverse d?expressions artistiques et culturelles. De quoi avoir de vrais grands coups de c?ur ! Après tout, l?art universel n?est-il pas le patrimoine de tous les c?urs ?
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