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Sir Seewoosagur Ramgoolam et les accords de 1965
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Sir Seewoosagur Ramgoolam et les accords de 1965
Le 8 novembre 1965, les Chagos furent appelés ?British Indian Ocean Territory (BIOT) par les Anglais après la promulgation du ?BIOT Order?. Cette nouvelle ?colonie? incluait 64 des 65 îles de l?archipel des Chagos. Ni l?île Cour alors louée à des particuliers, ni les îles Farquhar, Desroches et Aldabra n?en faisaient partie en 1965. Cette cession avait été décidée, préalablement, aux rencontres de haut niveau a Lancaster House.
Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) avait été le chef de la délégation. Par la suite, il devait subir beaucoup de critiques pour sa conduite de l?affaire chagossienne. Ses adversaires politiques ne lui firent aucun cadeau. Sans preuve, ils l?accusèrent d?avoir ?vendu? l?archipel.
Une analyse objective est nécessaire. SSR dirigeait une délégation qui manquait d?unité et de cohésion. Le PMSD, acteur important de la scène politique mauricienne, était contre l?indépendance à cette époque. L?île Maurice était une colonie anglaise ayant un gouverneur Sir John Shaw Rennie, qui présidait le Conseil des ministres. Le secrétaire du cabinet était Tom Vickers. Ceux-ci étaient des sujets de sa Majesté la reine d?Angleterre et lui devaient allégeance. La Grande-Bretagne possédait un arsenal légal permettant le dépécement des territoires coloniaux. C?était le Colonial Boundaries Act de 1895. Cette loi avait permis à Londres d?opérer le partition de certains territoires africains et asiatiques en voie d?indépendance. L?inégalité des forces était claire. Il est vrai que SSR devait savoir que les Anglais avaient des visées sur l?archipel. Des articles de quotidiens mauriciens tels l?Advance du 22 février 1964, l?express du 6 août 1964 et autres journaux étrangers tels le Daily Telegraph et l?Economist indiquaient l?intérêt croissant que portaient les Anglais et les Américains sur les Chagos. Cependant, il sut faire face et en tirer un certain profit pour l?île Maurice.
Un extrait de la rencontre du 23 septembre 1965, à Lancaster House, révèle que certaines concessions furent obtenues après des discussions. Ces documents indiquent que l?archipel serait détaché à certaines conditions, entre autres :
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Si toute nécessité de facilités sur les îles disparaissait, ces îles (Chagos) seraient retournées à l?île Maurice.
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Que le gouvernement anglais offrait ses bons services pour discuter avec le gouvernement américain en vue d?assurer que le gouvernement mauricien bénéficierait autant que possible :
(a) de droits de pêche dans les eaux chagossiennes ;
(b) de facilités de navigation et de météorologie ;
(c) d?utilisation de la piste d?atterrissage en cas d?urgence sans pour autant permettre le débarquement des passagers ;
(d) que le bénéfice de tous minéraux et huile découverts dans ou près de l?archipel des Chagos reviendrait au gouvernement mauricien.
Une note du Colonial Office anglais adressée au gouverneur Sir John Shaw Rennie datant, du 6 octobre 1965 indique que le gouvernement anglais présenterait les requêtes mauriciennes aux autorités américaines dont celles concernant les facilités anglo-américaines et l'éventuel retour de l'archipel, des droits de pêche et l'utilisation de la piste d'atterrissage. Le document stipule que le gouvernement anglais prenait bonne note du retour éventuel de l'archipel à l'île Maurice si le besoin de facilités sur les îles disparaissait. Cependant, les Anglais insistaient que l?archipel demeurerait sous sa souveraineté tant qu'il serait nécessaire aux Anglais et aux Américains.
Le télégramme n° 247 du 5 novembre 1965, envoyé par les autorités mauriciennes au Secrétaire des colonies Anthony Greenwood, indique que les autorités locales n'étaient pas satisfaites des assurances et des promesses données par les Anglais. La réponse du Secrétaire d?Etat aux colonies, télégramme 254, en date du 18 novembre 1965, démontre que l?assurance d'un éventuel retour des Chagos à l'île Maurice pouvait être donnée à condition qu'il soit clairement compris que la décision concernant la nécessité de garder ou de retourner l?archipel incomberait aux Britanniques seulement.
Elle spécifie qu'aucune prospection de minéraux ou d'huile aux Chagos ne serait permise.
Il en ressort ceci de ces échanges :
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La question du retour de la souveraineté de l'île Maurice sur les Chagos a été évoquée dès 1965. La promesse ou l'assurance d'un retour des îles dans l'éventualité que les îles ne seraient pas requises pour des raisons spécifiques était établie. En fait, il semble que la lettre du Premier ministre anglais, Margaret Thatcher, reconnaissant que l'île Maurice serait le seul pays à y retrouver sa souveraineté si les îles n'étaient plus nécessaires à la défense de l?Ouest en est une conséquence. SSR en avait posé les jalons dès 1965.
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Les droits de pêche ont été sauvés lors des discussions à Lancaster House et des échanges qui suivirent. Les accords de pêche anglo-mauriciens qui suivront quelques décennies plus tard étaient le fruit de ces échanges.
SSR a été critiqué âprement pour sa conduite de l?affaire Chagos. Mais il faut reconnaître les acquis sauvegardés par lui et son gouvernement. Les progrès des années 80 et 90 dans le cas chagossien sont en grande partie dus à ses actions.
Ces éléments indiquent que SSR croyait en la souveraineté mauricienne sur l'archipel.
En 1972, SSR écrivait aux Britanniques en référence à la compensation de £ 650 000 aux Chagossiens : ?Of course, this does not in any way affect the verbal agreement giving the country all sovereign rights relating to minerals, fishing, prospecting and other arrangements.?
Hervé LASSÉMILLANTE
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