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Onze candidats demandent le report du scrutin

9 novembre 2006, 00:00

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Onze des quatorze candidats à l’élection présidentielle du 3 décembre se donnent la voix pour demander le report du scrutin. A moins d’une semaine de l’ouverture de la campagne électorale, et à moins d’un mois de la consultation populaire, la tension politique risque de monter d’un cran.

“Dans les conditions actuelles, il est impossible de tenir une élection libre, transparente et démocratique”, a soutenu hier, le pasteur Daniel Rajakoba, après la rencontre des candidats avec les chefs des missions diplomatiques en poste à Antananarivo. “Dans ce cas-là, il est bon de la reporter pour mieux la préparer”, souligne-t-il.

Une fois encore, l’inconstitutionnalité de la date du 3 décembre et l’organisation matérielle de la consultation populaire ont été soulevées par les candidats, pour appuyer leur demande. “Selon les experts malgaches, la date du 3 décembre est inconstitutionnelle”, fait valoir le candidat Ferdinand Razakarimanana. “Les autorités se basent sur l’investiture du 22 février, qui n’est en rien légale”, ajoute-t-il.

Le candidat Pety Rakotoniaina soulève les imperfections dans la confection de la liste électorale. “A Fianarantsoa et à Toliara, 70% des inscrits dans les listes rencontrent des problèmes. Pour ce qui est des cartes électorales, seules 40 % sont prêtes à l’heure où on parle”, certifie le maire de Fianarantsoa.

Les onze candidats tentent également de dresser un tableau noir de l’ensemble de la situation politique. “Absence de dialogue, dérives dictatoriales ou encore non respect des instances publiques et privées”, ont été, entre autres, cités par le candidat Daniel Rajakoba. Pety Rakotoniaina ajoute à la liste, “l’intimidation, ou encore les entraves faites contre les candidats ou leurs partisans”. “Au final, le scrutin est truqué d’avance et l’atmosphère entourant le scrutin est source de troubles”, ajoute-t-il.

Herizo Razafimahaleo fait partie des onze candidats en question. Il fait savoir que “les constats sont unanimes, mais c’est la démarche qui peut varier”, souligne-t-il. “Malgré cela, nous nous préparons toujours pour le 3 décembre et il n’est pas question de boycotter le scrutin”, ajoute le président d’honneur du Leader Fanilo.

Par son geste, Norbert Ratsirahonana, se démarque de la ligne adoptée par les onze autres candidats. Le président du parti Asa vita no ifampitsarana (Avi), à sa sortie prématurée de la salle de réunion, préfère axer son intervention sur la préparation matérielle du scrutin. Il occulte ainsi la question relative au report du scrutin. Sans surprise, le représentant du candidat-président Marc Ravalomanana, Haja Nirina Razafinjatovo, ne fait pas non plus partie des contestataires. Le ministre de l’Education nationale et de la recherche scientifique a été le premier à quitter la salle de réunion. Il n’a rien dit durant toute la durée de la rencontre.

Seule la position du candidat Ny Hasina Andriamanjato est inconnue. Absent de la rencontre, il n’a envoyé aucun de ses collaborateurs pour le représenter.

Iloniaina ALAIN </B> L’express de Madagascar</I>

RÉACTIONS

● José Rakotomavo (dirigeant des 3FN) : “Nous sommes satisfaits. D’autres personnes commencent à se joindre à la position que nous tenons depuis plusieurs mois, à propos de l’élection du 3 décembre. Mais ce n’est qu’une étape et il faut encore aller plus loin pour pousser le gouvernement à réagir. Désormais, les rapports de force basculent vers l’opposition et les institutions actuelles sont devenues fictives”.

● Théodore Randrezason (président du Conseil national électoral, CNE) : “Nous n’avons encore aucun commentaire sur les listes électorales. La confection de celles-ci n’est pas encore clôturée et la clôture définitive est prévue cinq jours avant la date du scrutin”.

● Alain Le Roy (ambassadeur de France) : “Madagascar est un Etat souverain. Il ne peut pas y avoir devoir d’ingérence dans un pays où il y a des institutions”.

● Benoît Girardin (Chargé d’affaires suisse) : “La rencontre était utile, parce que les 14 candidats ont été présents ou représentés. Nous leur avons dit que nous transmettrions certaines choses aux autorités concernées et nous avons distingué ce qui est hors de notre sphère de compétences. Nous ne sommes pas les porte-lettres des candidats”.

● Bouri Sanhouidi (représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement PNUD): “Beaucoup de points ont été évoqués. Les candidats ont parlé de leur préoccupation dans l’état de la préparation du scrutin. Nous avons réitéré notre engagement à aller jusqu’au bout pour assurer une élection démocratique”.

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