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Abandon des terres difficiles : pertes de Rs 261 m à prévoir
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Abandon des terres difficiles : pertes de Rs 261 m à prévoir
Série noire pour l?industrie de la canne à sucre. Avec la réduction du prix du sucre, la culture de la canne sur les terres difficiles, généralement localisées sur les pentes de montagne, ne sera plus viable. Mais il s?avère que l?abandon de ces plantations sucrières aura des incidences directes sur l?industrie dans son ensemble. C?est ce qui ressort d?un rapport, l?Agro-economic study on difficult areas under sugar cane, rendu public hier par le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI). On estime les pertes de revenus pour les planteurs à quelque Rs 129 millions.
Selon Jean Claude Autrey, directeur du MSIRI, dans le contexte de la réduction du prix du sucre et du rôle multifonctionnel de la canne à sucre, cette nouvelle situation engendrera non seulement la réduction de la production du sucre mais également celle de la bagasse pour générer de l?électricité et de la mélasse utilisée pour l?éthanol.
Par ailleurs, les premiers à souffrir de cette situation seront les ouvriers agricoles, majoritairement saisonniers. La perte de rémunération serait de l?ordre de Rs 132 millions. Ce qui amène les pertes totales pour planteurs et ouvriers saisonniers à Rs 261 millions.
L?étude a démontré que quelque 12 341 hectares peuvent être catégorisés comme difficiles pour la culture de la canne. De ce nombre, 4 642 hectares de champs devront impérativement être sous culture, soit 2 520 hectares se situant sur les pentes des montagnes de Savanne-Rivière-Noire. 1 394 hectares concernent les flancs de la chaîne de Grand-Port dans l?Est et le Sud-Est et 728 hectares sont situés sur les versants de la chaîne de Moka-Montagne-Longue dans le Nord.
Les petits planteurs sont les principaux occupants de ces terres. Ils sont au nombre de 3 443, incluant 528 métayers, et cultivent 3 436 hectares de canne. Les usiniers-planteurs et autres gros exploitants, au nombre de sept au total, sont propriétaires de 1 206 hectares, soit 26 % du total. La production annuelle en sucre pour ces pentes de montagnes tourne autour de 32 500 tonnes.
Préserver l?environnement
Le chiffre d?affaires annuel sur ces 4 642 d?hectares difficiles à cultiver est de Rs 424 millions, soit Rs 325 millions pour le secteur sucre, Rs 69 millions pour l?électricité et 30 millions pour la production de l?éthanol potentiellement.
?Pour la préservation de l?environnement et l?équilibre socio-économique de certaines régions rurales, il s?avère important de maintenir ces régions sous la culture de la canne. La disparition de celle-ci entraînera l?érosion qui affectera le lagon avec des conséquences pour la pêche artisanale et le tourisme, donc les emplois qui y sont directement liés mais aussi les emplois indirects puisqu?il est connu que pour chaque emploi direct dans le tourisme, deux autres en dépendent indirectement. L?industrie du tourisme en particulier et celle de la pêche devraient se sentir interpellées par le contenu du rapport?, dit-il.
Jean Claude Autrey souligne qu?il y a aussi d?autres pertes qui ne peuvent pas être quantifiées, par exemple celles pour les pourvoyeurs de services, notamment en transport et en intrants, qui seront affectés. La vie dans les villages et les communautés qui y sont associés subira aussi les contrecoups de cette baisse de production.
Le plan d?adaptation multi-annuel de l?industrie sucrière a prévu une somme de Rs 500 millions qui devrait être utilisée pour rendre la production sur les terres difficiles viable et durable.
Introduction de cultures pérennes
Afin de prévenir des problèmes d?ordre écologique et social à grande échelle en milieu rural, le MSIRI propose donc qu?une assistance financière soit accordée aux planteurs concernés pour le renouvellement de leurs parcelles.
Le MSIRI propose aussi que parallèlement aux efforts pour soutenir la canne, qu?un comité technique étudie l?introduction d?autres cultures pérennes sur ces versants de montagne.
?Au vu de ce plaidoyer pour le maintien de la canne dans ces zones difficiles, l?on ne peut que souhaiter que l?industrie de la canne mauricienne de demain garde toujours son rôle de protectrice d?emploi dans ses propres sphères aussi bien que dans d?autres secteurs comme le tourisme qui sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans l?économie nationale?, conclut Jean Claude Autrey.
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