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Hawabibi Beekhun, une émouvante dignité

4 novembre 2006, 20:00

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Un large sourire éclaire presque en permanence son visage, et sa simplicité commande le respect. Elle ne montre aucun signe extérieur d?une femme à qui la vie n?a pas fait de cadeau. Et pourtant, Hawabibi Beekhun, de Vallée-Pitot, fait partie de ces femmes qui souffrent en silence.

Hawabibi Beekhun est certes pauvre, mais elle se montre digne. Elle a eu trois enfants de son premier mari : deux filles, déjà mariées, et un garçon de 14 ans qui vit avec son oncle. Son second mari lui a donné cinq enfants, dont le plus âgé a neuf ans. Le dernier a un peu moins de trois ans et son mari ne travaille pas.

Il touche une allocation de Rs 1 500. Cet argent sert principalement à régler les factures d?électricité et d?eau. Pour subvenir aux besoins de ses enfants, Hawabibi travaille une fois la semaine comme femme de ménage chez une famille et fait la lessive chez une autre famille. Elle vit avec un budget de Rs 100 par jour. « Je m?achète dix pains tous les matins et la moitié d?un paquet de beurre. Je donne Rs 5 à chacun de mes enfants. Avec ce qui me reste, je prends soit un peu de poisson salé ou quelques ailes de poulet. Je reçois régulièrement deux livres de riz ration de SOS Pauvreté et une de mes tantes me verse Rs 500. Mais souvent, mes enfants partent de la maison sans rien manger. Heureusement que l?école pré-primaire de SOS Pauvreté leur donne un repas. Pendant le ramadan, je me rends chez des familles aisées qui font le zakkat, une offran-de aux pauvres. »

Mais Hawabibi est une femme exemplaire. La violence conjugale dont elle est victime ne l?empêche pas de vouloir le plus grand bien pour son mari, qui est toxicomane.

« Je souhaite qu?il participe à un programme de réhabilitation. Il peut se tirer d?affaire. »

Et à un moment où le débat sur l?avortement fait rage, et où la violence contre les enfants est très présente, les cinq enfants d?Hawabibi Beekhun, loin d?être une corvée, constituent une source de fierté, de joie et de bonheur.

<B>« Ma joie, ce sont mes enfants »

Quand ces derniers ont besoin de quelque chose d?essentiel et qu?elle n?a pas d?argent, Hawabibi Beekhun n?hésite pas à frapper à la porte des gens pour leur demander de lui confier des travaux de ménage contre paiement.

Lorsqu?elle était enceinte de son dernier enfant, par manque d?argent elle a fait l?aller-retour Vallée-Pitot- hôpital Jeetoo à pied. L?enfant avait seulement huit jours, lorsqu?elle a été contrainte de reprendre son travail. « Autrement, mes autres enfants allaient mourir de faim. Je souffrais d?une anémie sévère et le médecin a recommandé mon hospitalisation. Je me suis sauvée rien que pour m?occuper de mes enfants. Le fils issu de mon premier mariage est un véritable ami. Mon autre fils veut se faire policier. Je ferai tout pour assurer leur réussite. Ma joie, ce sont mes enfants. Pour rien au monde je ne souhaite m?en séparer. Leur simplicité me permet de croire qu?il y a des raisons de vivre qui sont plus fortes que la pauvreté. Pas question de m?en séparer. »

Si Hawabibi Beekhun a pu redonner un sens à sa vie, c?est grâce à Yusuf Dauhoo, président de SOS Pauvreté, qui l?a découverte tout à fait par hasard dans le cadre d?un recensement de personnes vulnérables. Elle le lui rend bien. « Ma famille, c?est SOS Pauvreté à qui je dois tout, en particulier la maisonnette que j?occupe actuellement. »

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