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Des impératifs économiques qui gênent le public
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Des impératifs économiques qui gênent le public
C?est un dimanche comme un autre. Pierre, 32 ans, cadre dans une firme privée de la capitale, a décidé d?emmener sa petite famille, son épouse et son fils de quatre ans, à la plage de Mon Choisy. Sortie dominicale traditionnelle comme pour bon nombre de familles mauriciennes. Sauf que Pierre ne s?attendait pas à vivre une mésaventure. Mon Choisy, il connaît. Mais ce qu?il ne savait pas, c?est l?invasion des transats sur certaines parties de la plage.
Comme à son habitude, Pierre cherche le coin qui lui semble le plus agréable et il constate que des transats ont été installés tout le long de cette partie de la plage. Rapidement, on lui fait savoir qu?il ne peut pas rester là parce qu?il gêne les personnes qui ont loué ces transats à des opérateurs. Il fait comprendre à son interlocuteur que c?est une plage publique et qu?on n?a pas le droit de le déloger. La situation risque de se détériorer et Pierre, sur l?insistance de sa femme, finit par céder. «Déjà, il y a de moins en moins d?espaces publics sur nos plages à travers l?île. Maintenant si on y loue des transats, on finit par réduire davantage les loisirs de plage des Mauriciens. Il faut savoir ce qu?on veut !» clame Pierre.
Il faut savoir ce qu?on veut. C?est en effet le principal problème des autorités. Le développement accéléré avec la construction d?hôtels et la création de nouveaux morcellements créent une situation quelque peu délicate sur les plages publiques. Les pique-niqueurs sont parqués dans des espaces de plus en plus restreints. Le rétrécissement graduel des plages publiques continue à hanter l?esprit des Mauriciens qui y voient là le signe qu?on réduit les possibilités de l?un de leurs principaux loisirs.
Un arrangement humanitaire
Le problème a commencé à se poser depuis que les autorités ont pris la décision d?octroyer des permis aux opérateurs engagés dans la location de transats et des parasols de plage. Déjà, des voix se sont élevées pour contester cette décision d?autant plus qu?elle prenait effet alors qu?il n?existe aucun garde-fou pour garantir les intérêts des pique-niqueurs. Si les gouvernements avaient résisté aux demandes de permis dans ce secteur, la présente Beach Authority du ministère des Administrations régionales devait, elle, prendre à contre-pied les décisions passées. Mi-2006, la décision a ainsi été prise d?allouer des permis permettant l?installation de parasols et autres fauteuils de plage sur des plages publiques, dont Flic-en-Flac, Choisy et Péreybère, entre autres
Au moment de l?octroi de ces permis, les opérateurs devaient louer un maximum de 30 chaises longues mais la superficie de la plage à occuper n?était pas précisée. On fait également remarquer que des opérateurs se permettent de laisser dix mètres entre les fauteuils, accaparant ainsi 300 mètres de plage. Il arrive même que les transats soient placés à 20 mètres, voire plus.
Á la Beach Authority, on maintient toutefois qu?il n?y a pas eu d?octroi des permis aux opérateurs qui louent des transats et autres parasols. «Certaines personnes opéraient déjà dans ce secteur. Sur un plan strictement humanitaire, on leur a permis de continuer à opérer mais nous n?avons pas octroyé des permis. Il faut aussi savoir que ceux qui disposent d?un permis pour opérer des boat houses louent aussi des transats», explique le président du conseil d?administration de la Beach Authority, Guru Sungkoora. Il concède toutefois qu?au moment d?autoriser des opérateurs à louer des transats, la Beach Authority «avait oublié de délimiter les zones où ils peuvent opérer».
Entre-temps toute la question a été soumise au State Law Office qui devrait légiférer en ce sens. Des enforcement officers de la Beach Authority, ils sont au nombre d?une dizaine, veillent également à préserver les intérêts du grand public. Les marchands qui opèrent illégalement sont passibles de contravention.
«Il ne faut pas non plus exagérer le problème», insiste Guru Sungkoora. Il soutient que la location de transats et parasols ne se fait que sur trois plages publiques : Choisy, Flic-en-Flac et Péreybère. «Sur 92 plages à Maurice, ce n?est pas un nombre élevé», ajoute le président du conseil d?administration de la Beach Authority qui insiste sur la nécessité d?une prise de conscience générale pour la préservation et l?entretien des plages publiques.
«Les plages appartiennent aux Mauriciens avant tout. Là où on loue des transats, il y a suffisamment d?espace pour le public. à la Beach Authority, l?accent est mis sur l?intérêt du grand public. Mais il faut aussi savoir que si nous voulons accueillir deux millions de touristes, il faut aussi pouvoir leur proposer des aménités de plage. C?est un juste milieu qu?il faudra trouver», plaide Guru Sungkoora.
Dans le même ordre d?idées, il estime qu?il faut beaucoup d?attention pour éviter la dégradation des plages, due à l?irresponsabilité de certains membres du public mais aussi au phénomène de réchauffement de la planète. «Nous travaillons aussi sur un projet pour interdire l?accès des voitures aux plages. La construction d?espaces de stationnement se fait dans cette optique.»
Malgré les gages offerts, la gestion des plages publiques, qui s?étendent sur 26,6 km soit 8 % des terres de l?état, reste un problème épineux. De l?exigence du professionnalisme à laquelle doivent être soumises les autorités publiques à la responsabilité du grand public en passant par les objectifs économiques à atteindre, chacun devra accepter des compromis pour aboutir à un développement des plages publiques.
Véliplanchistes pointés du doigt
Les véliplanchistes qui pratiquent du côté sud de la péninsule du Morne sont critiqués pour les problèmes qu?ils provoquent en termes de cohabitation avec les baigneurs et les pique-niqueurs. «Les véliplanchistes et les kiters opèrent souvent au détriment de la sécurité des baigneurs.Même s?il n?y a pas de règles, il y quand même des codes qu?il faut respecter. Les Mauriciens et les étrangers qui pratiquent ces sports doivent faire preuve d?une responsabilité citoyenne», affirme un habitant du sud de l?île.
Création d?un Beach Resort Centre
Le pays sera prochainement doté d?un Beach Resort Centre à Péreybère. L?initiative revient à l?ONG Reef et l?UNDP en collaboration avec la Beach Authority. Cette dernière a mis à la disposition de l?ONG un local qui sera utilisé comme un musée consacré à la biologie marine et pour assurer l?éducation du public, notamment des jeunes et des écoliers, en matière de protection de nos plages.`
La Beach Authority
Mise en place en 2003, la Beach Authority est l?institution responsable de la gestion, de la régulation des activités économiques et de l?entretien des plages publiques. Elle veille à ce qu?il n?y ait pas de dégradation des plages et apporte les mesures correctives en ce sens. Concernant les permis qu?elle octroie, il en existe quatre types : pour les ?cooked food?, la vente des fruits, des vêtements et les «boat houses». La dernière réalisation de la Beach Authority est l?aménagement d?une nouvelle plage à Baie-du-Tombeau.
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