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Tahir Kaudeer : « Je n?ai pas tout de suite compris ce qui se passait »

29 octobre 2006, 00:00

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Il a frôlé la mort et en a conscience. Et c?est avec une volonté renouvelée que Tahir Ahmad Kaudeer, 17 ans, souhaite profiter de la seconde chance qui lui est offerte. Le pansement qui couvre son épaule gauche, et son bras en écharpe témoignent de la gravité de ses blessures. « ça ne me fait plus au-tant souffrir », lâche-t-il pourtant, dans un grand éclat de rire. Ce rescapé de la fusillade de Saint-Pierre a regagné son domicile après cinq jours passés à l?hôpital.

« Ou pa kone ki kantite mon soulaze aster ki mo zanfan inn rant lakaz », lance le père du jeune homme. Le bras en écharpe, Tahir tente, quant à lui, de se rétablir au plus vite pour, dit-il, « profiter des vacances scolaires ».

Fuite éperdue pour sauver sa vie

L?adolescent s?était fait tirer dessus le 19 octobre dernier par son oncle, Eshan Bhugeloo, âgé de 41 ans. Ce dernier, armé d?un fusil de calibre 12, a abattu ce jour-là quatre personnes : Farzley, Farook et Mohammad Bhu-geloo ainsi que Dawood Doomun ? avant de se donner la mort. De cette journée sanglante, Tahir confie garder un souvenir très précis. Il dit se souvenir des coups de feu, de l?intense brûlure qui lui a déchiré l?épaule gauche, du cadavre de son oncle, gisant dans une mare de sang, et de sa fuite éperdue pour tenter de sauver sa vie. « J?ai couru pendant un bon moment pour me cacher chez l?un de mes cousins qui habite à un peu moins d?un kilomètre. C?est lui qui m?a transporté à l?hôpital », relate-t-il, sous les regards de ses parents.

Le sourire s?efface, la voix se fait plus rauque. « J?ai eu très peur, je n?ai tout de suite compris ce qui se passait. J?ai juste couru, sans réellement comprendre ce qui se déroulait autour de moi », explique l?adolescent. Un regard à sa s?ur cadette, âgée de 7 ans, suffit à lui redonner le moral. « Zot ti bien pros avan Tahir blese me depi sa, zot nepli kapav separe », souligne un ami, présent au domicile, des Kaudeer.

Mais ce terrible épisode ne semble pas avoir eu raison de la joie de vivre du jeune homme. Il explique vouloir retrouver ses amis et s?amuser. Ses parents, encore choqués par les récents événements, s?efforcent de lui faire comprendre qu?il lui faut beaucoup de repos? en vain.

Et depuis le retour de Tahir à la maison, proches et amis se succèdent. « Ils veulent tous prendre de ses nouvelles et passent beaucoup de temps avec lui, puisqu?il ne peut pas trop sortir pour l?instant », confie la mère de l?adolescent. Celle-ci ne manque pas d?afficher sa joie de voir son fils se remettre peu à peu de ses blessures. Évoquant les relations familiales après la fusillade, le père de Tahir affirme que les rapports entre les différents proches restent encore tendus.

Le souvenir de ce drame

« Il est vrai que nous nous croisons tous les jours, mais le souvenir de ce drame est encore trop présent dans tous les esprits. Il faudra sans doute beaucoup de temps pour que nous puissions passer à autre chose », explique-t-il. Et d?ajouter que la veuve d?Eshan, Sajeda, est partie habiter chez sa mère à Stanley depuis le drame.

« Les relations entre sa belle-famille et elle, n?étaient déjà pas très bonnes. Et avec ce qui s?est passé, il est parfaitement compréhensible qu?elle ait préféré quitter la région », fait-il ressortir.

L?état de santé de Reeaz Bhugeloo, qui avait reçu une balle en pleine poitrine, à quelques centimètres du c?ur, semble par ailleurs se stabiliser. Hospitalisé à l?hôpital Jeetoo, il est sorti vendredi du service des soins intensifs mais reste tout de même sous observation médicale.

« Son état de santé s?est amélioré, mais compte tenu de la gravité de sa blessure, les médecins ont préféré le garder encore quelques jours pour s?assurer qu?il ne risque plus rien », explique son jeune frère. Et d?ajouter qu?il devrait lui aussi regagner le toit familial dans un peu plus d?une semaine.

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