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Les sandalettes qui valaient Rs 8 millions

29 octobre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Toute l?imagination mise en ?uvre par les commanditaires du trafic n?aura servi à rien. Ils avaient tout prévu, sauf la gêne occasionnée par des sandalettes bourrées de drogue. C?est en effet la démarche claudicante du passeur, Rashidi Salim Bajiji, qui a mis la puce à l?oreille des policiers. Ce dernier, ainsi que son complice, ont été appréhendés en début de soirée mardi lors d?une opération de l?Anti Drug & Smuggling Unit (Adsu) de Rose-Hill.

L?équipe, menée par l?inspecteur Govinden Thondee a ainsi saisi 800 grammes d?héroïne, d?une valeur de Rs 8 millions, destinés à un contact local. Une première opération de police, visant à identifier ledit contact, n?a toutefois rien donné.

Et c?est à la suite de certaines informations que les membres de l?Adsu ont monté cette opération policière mardi après-midi. Selon les indications qu?avaient obtenues les policiers, deux marins ke-nyans devaient re-mettre une certaine quantité de drogue à un trafiquant local.

Les membres de l?Adsu décident donc de monter une opération surveillance, à proximité de la rade de Port-Louis, afin de repérer les deux suspects. D?autres officiers de police, en civil, se placent de part et d?autre du Port-Louis Waterfront. Une demi-heure s?écoule avant qu?ils ne repèrent les deux Kenyans qui se dirigent vers le front de mer. Ces derniers ressemblent en effet à la description qui leur a été faite de trafiquants présumés.

Les policiers décident de les suivre discrètement, et la démarche de l?un des individus intrigue les agents. L?homme, chaussé de sandalettes, semble éprouver des difficultés à marcher correctement. Les policiers décident donc de procéder à l?arrestation des individus.

Approchés par « Mama » à Mombassa

Amenés à l?écart des nombreux passants, les policiers vérifient dans un premier temps leur identité. Il s?agit bien de deux ressortissants kenyans, Onesmus Kinda Mvondi, un plombier d?une quarantaine d?années, et Rashidi Salim Bajiji, un soudeur de 33 ans. Tous deux sont employés comme marins à bord du paquebot Royal Star. Le navire, en provenance de Mombassa, a accosté à Port-Louis lundi avant de reprendre le large deux jours plus tard.

La fouille corporelle permet alors aux policiers de saisir 800 grammes d?héroïne sur Rashidi Bajiji. La drogue, placée dans deux sachets en plastique, était dissimulée à l?intérieur des semelles de ses sandalettes. L?interrogatoire des deux suspects a permis aux policiers d?apprendre que la drogue était destinée à un trafiquant local. Rashidi, qui ne parle pas l?anglais, aurait loué les services d?Onesmus pour pouvoir se faire comprendre lors de la transaction.

Les deux hommes, qui n?en sont pas à leur première visite dans l?île, ont expliqué aux enquêteurs avoir été approchés par une femme répondant au nom de « Mama » alors qu?ils se trouvaient à Mombassa. Celle-ci leur aurait remis la paire de sandalettes et un téléphone portable avec, en mémoi-re, le numéro d?un contact à Maurice. Les instructions étaient de remettre les sandalettes contenant la drogue à un certain Salim une fois à Maurice, en échange d?un peu moins de Rs 7 000.

Intercepter le contact local

Les deux ressortissants kenyans ont également expliqué aux enquêteurs de l?Adsu qu?ils avaient été contactés par téléphone par Salim peu après leur arrivée à Maurice. Le contact leur aurait donné plusieurs rendez-vous dans l?île pour procéder à la transaction, mais il ne se serait jamais présenté. Les policiers, à la suite de cet interrogatoire, décident de monter une opération pour tenter d?intercepter le contact local. Les suspects ont donc pris contact avec le dénommé Salim pour fixer un nouveau rendez-vous mais celui-ci n?est jamais venu.

Les deux Kenyans ont été présentés au tribunal de Port-Louis mercredi sous une accusation provisoire d?importation d?héroïne, et ont été placés en détention. La police a réclamé le gel de leurs avoirs. Une interdiction de quitter le pays pèse également sur eux.

Du côté de l?Adsu, on laisse entendre que cette filière a déjà introduit de la drogue à Maurice à plusieurs reprises dans le passé. « Ce n?est pas la première fois que des marins, transitant par Mombassa, tentent de faire entrer de la drogue à Maurice. De nombreux trafiquants utilisent des marins employés sur des navires à destination de Maurice pour faire passer leur marchandise », laisse entendre un policier proche du dossier. Les suspects pourraient être à nouveau interrogés en début de semaine en présence d?un interprète.

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