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« La liberté d?expression est un droit fondamental »
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« La liberté d?expression est un droit fondamental »
Quel est le but de votre visite à Maurice ?
Je suis à Maurice pour offrir une formation en journalisme à l?ensemble de la presse mauricienne. J?assure le troisième et dernier volet d?une formation qui s?étend sur une période d?une année, organisée et financée par l?Ambassade de France en partenariat avec l?École supérieure de journalisme de Lille où je suis également intervenante. Ceux qui suivent cette formation sont de jeunes journalistes qui ont tout appris sur le tas. Donc ensemble, nous voyons comment traiter l?actualité, retravailler les rudiments de la langue française. C?est un métier très exigeant. Il ne s?agit pas que de recoupements d?information, mais également comment la mettre en scène, la travailler.
Et quel est votre point de vue sur la formation donnée aux journalistes ici ?
Il faut que les jeunes puissent recevoir une formation solide. Sur le terrain on apprend, mais il faut y aller avec des armes. On étudie beaucoup la théorie, mais il faut une alternance entre pratique et théorie. Mais la formation n?est pas tout. Il faut avoir l?esprit en ébullition en permanence. Il faut se laisser imprégner, avoir une curiosité naturelle, automatique.
Ailleurs, on note une baisse dans le nombre de journaux vendus alors qu?Internet et des magazines spécialisés rencontrent un succès grandissant. Croyez-vous que Maurice pourrait connaître la même tendance ?
Le lecteur mauricien a maintenant le choix. Il peut s?informer à travers la radio et la télé qui sont des moyens très séduisants puisqu?ils informent rapidement. Internet aussi joue un grand rôle dans le paysage médiatique mauricien. Le lecteur est zappeur, il a un vaste choix. La presse écrite doit pouvoir se démarquer.
Il faut également prendre en ligne de compte que le lecteur a changé et il faut pouvoir répondre à ses attentes. Les jeunes d?aujourd?hui ne liront pas les mêmes titres que leurs parents. Et c?est là toute la complexité de ce travail. Il faut que nous puissions faire le boulot de notre mieux tout en nous adaptant à un marché concurrentiel.
Votre avis sur la presse mauricienne.
En fait, je n?ai pas passé suffisamment de temps à Maurice pour donner un avis très averti sur le sujet. Avant tout, je peux dire que je suis ravi d?arriver dans un pays avec autant de titres. Il y a de nombreux journaux avec des identités très fortes. Le lecteur a de quoi lire. C?est même rassurant puisque cela montre qu?il y a une liberté de la presse. Et il faut que le journaliste se batte pour cette liberté de la plume.
Justement, il y a un grand débat en ce moment sur la liberté de la presse à Maurice . Le gouvernement veut instituer une « Media Commission ». Que pensez-vous d?une telle initiative ?
À aucun moment on ne peut penser à restreindre la liberté d?expression. Elle est un droit fondamental. Il est capital que les pouvoirs politique et médiatique soient des pouvoirs séparés. Il faut cette part de liberté que chacun doit laisser à l?autre. C?est au journaliste de respecter une certaine déontologie. Lorsque nous travaillons, nous nous trouvons face à des hommes et des femmes qu?il faut respecter. Il existe déjà des lois pour éviter des dérives sans avoir à en rajouter.
Pensez-vous qu?un bon moyen serait que la presse s?auto-régule avec, par exemple, un code de déontologie ?
Il est important que chaque titre suive certaines lignes éditoriales. C?est comme un contrat avec le lecteur. Les journalistes ont des droits, mais également des devoirs. Si on se donne des droits mais aucun devoir, nous ne sommes plus crédibles. Cela dépend aussi de la réalité de chaque pays. Nous avons tous été marqués par l?assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. Cela nous rappelle le droit à la liberté d?expression.
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